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Big Brother is watching you (mais pas bien longtemps)
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Zone franche

Big Brother is watching you (mais pas bien longtemps)

Microsoft, Yahoo, MySpace, Google, Facebook... Un Big Brother chasse l'autre et c'est tant mieux.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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A tout prendre, il y a quelque chose d’assez réconfortant dans la vente de MySpace pour une poignée de queues de cerises (ou presque : avec 35 millions de dollars, on peut encore s'en acheter quelques tonnes, de ces tiges de boucles d’oreilles végétales).

Hier star du web 2.0, le réseau social s’est retrouvé totalement ringardisé en quelques mois par Facebook, lequel fêtera bientôt l’inscription de son milliardième « ami » même s'il risque d’être MySpace-isé à son tour par Google Plus ou Diaspora ― voire par tout autre moyen de garder le contact avec le plus grand nombre possible d'inconnus...

C'est comme ça : à peine commence-t-on à s’inquiéter d'une mise en fiches de l'humanité tout entière par un géant informatique qu’un autre prend sa place dans le cœur des utilisateurs et le portefeuille boursier des investisseurs. Vous vous souvenez de la peur panique qu’on avait de Microsoft et de son Windows hégémonique ? Tss… Mes gosses, qui se servent pourtant d’un ordi comme Nadal d’une raquette, savent à peine ce qu’est un système d’exploitation et ne connaissent Bill Gates qu'en philanthrope !

Et Yahoo qui devait bouffer le monde ? Il en est où, hein, Yahoo ?

Dans la catégorie grand méchant loup orwellien, Google reste évidemment en tête du peloton : il propose gratuitement ce que Microsoft tente encore de vendre et ses mails sont tout de même plus rock’n’roll que ceux de Facebook mais on le sent déjà nerveux. Surtout depuis que Twitter a pris le pouvoir dans le  « micro-blogging » ― soit l’art de dire des trucs sans intérêt mais brièvement ― et que l’on nous serine que c’est là que tout se joue désormais…

Transposées à l’industrie automobile, ces histoires de clous qui se chassent les uns les autres à la vitesse d’un processeur AMD (vous savez bien, la boîte qui fait trembler Intel), auraient déjà conduit à l’élimination pure et simple de Renault, Toyota ou Mercedes. Ben oui : un type seul dans son garage, épaulé par deux-trois business angels, se serait certainement débrouillé pour prendre le contrôle de 80% du marché mondial en cinq ans avec une nouvelle marque pleine de doubles « o ».

C’est sûr, cette redistribution permanente des cartes a de quoi donner le tournis. Elle n’en est pas moins le meilleur des remparts contre l’installation durable d’un authentique Big Brother. Tiens, si j’avais des actions Facebook, je crois que je commencerais justement à en vendre quelques unes pour investir dans la queue de cerise : ça commence à sentir le roussi.

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