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Monsieur le Président, connaissez-vous le sens du mot "forfaiture" ?
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Petite leçon de droit

Y en a marre de l'affaire Benalla ! L'affaire Macron, c'est autrement plus intéressant…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Benalla par ci. Benalla par là. Benalla partout… Benalla pour tous ? Non seulement pour le chef de l'Etat !

La France entière sait que vous avez fait de lui un lieutenant-colonel de réserve de la gendarmerie. Impossible non plus d'ignorer que vous avez usé de votre influence pour lui obtenir un port d'armes. Ajoutons-y un appartement dans une résidence élyséenne et des émoluments très avantageux.
Nous ne vous en faisons pas grief. Tel est votre bon plaisir. Et ce qui vous fait plaisir nous est précieux car quand on occupe de si hautes fonctions que les vôtres, il est bon, pour notre tranquillité, que la sérénité règne dans votre cœur. Les rois de France avaient leurs bouffons, leurs favorites, leurs favoris. Vous, vous avez votre voyou.
Le 1er mai dernier, votre voyou s'est rendu coupable d'un délit caractérisé. Vous l'avez su. Vous l'avez gentiment grondé : quelques sous en moins et une mise à pieds de 15 jours. Savez vous que la loi vous faisait obligation de le signaler au parquet, car tel est le devoir de tout dépositaire de la puissance publique ?
Vous ne l'avez pas fait. Ce qui est, incontestablement, un délit. Et l'article 135 du Code pénal est cruel dans sa limpidité, évoquant le "crime commis par un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions". Ce crime a un nom : forfaiture !
Dans l'Histoire des Ducs de Bourgogne, on peut lire ceci :
"Ce seigneur, un des plus puissants de France, avait assemblé des gens de guerre, avait muni ses forteresses, et ravageait tout le pays comme un chef de compagnie. Le Parlement avait prononcé la forfaiture. Grâce de la vie lui fut donnée, mais il perdit toutes ses seigneuries."
Voyez-vous, Monsieur le Président, vous aurez la vie et resterez chef de l'Etat. Mais vous allez sans doute perdre la plus précieuse de vos seigneuries. Sans votre voyou, votre vie ne sera plus que tristesse et désolation.

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