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Molenbeek-sur-Seine et l’hilarant Patrick Cohen
©Reuters

Ignorance

Molenbeek-sur-Seine et l’hilarant Patrick Cohen

Cette semaine, le Figaro Magazine titre sur Molenbeek-sur-Seine, ou la montée de la radicalisation islamiste aux portes de Paris. L’impayable chien de garde de la bien-pensance officielle, Patrick Cohen, présentateur de France Inter et exorciste breveté de toutes les formes de dissidence, recevait ce matin Didier Daeninckx, l’écrivain de gauche qui vit à Saint-Denis…

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Patrick Cohen découvre nos Molenbeek

En substance, Patrick Cohen demande à son invité (qui dénonce pourtant le fascisme à tour de bras et de livres) s’il confirme qu’à Saint-Denis, il y a bien une montée du radicalisme musulman. Pas de chance, ni une ni deux, Daeninckx confirme avec force détails. Par exemple, les groupes de jeunes qui, subrepticement, empêchent les femmes non voilées de passer devant eux en leur faisant un discret mais efficace barrage sur le trottoir. Eh oui, Monsieur Cohen ! À quelques enjambées de la basilique où nos rois sont inhumés, dans ce poumon français qu’est Saint-Denis, l’espace public est livré, est coupablement abandonné à une escouade de petits nazis en djellabahs.

Et soudain, les journalistes du service public, qui adorent nous dire comment il faut penser, ce qu’il faut penser, quand le penser et où le penser, découvrent ce qu’est notre monde – celui qu’ils ne fréquentent jamais. Et soudain, l’objet poétique, romantique qu’ils se figurent et qu’ils racontent dans leurs émissions, cet étrange objet qu’est la communauté des hommes ne vivant pas dans le triangle d’ivoire inscrit entre les trois points géographiques cardinaux de la bourgeoisie parisienne : la maison de la Radio, la Grande Epicerie du Bon marché et le marché de la rue Mouffetard où l’on croise tant de « libéraux » en loden mélangés aux bobos en dockers, soudain, ce qu’on appelle vulgairement la société française, se fissure et se brise en mille morceaux, et prend un tout autre visage.

Patrick Cohen fait partie de ceux, insupportables, qui glosent sur les « quartiers » en imaginant qu’il s’y livre quotidiennement une lutte des classes où de gentils prolétaires musulmans sont chaque jour fouettés par de méchants blancs chrétiens âgés de plus de 50 ans et patrons exploiteurs. Si, une seule fois même pas par semaine, mais par mois, il se donnait la peine de pratiquer une excursion ethnographique dans la France dont il parle avec tant d’aplomb et d’intolérance, il s’apercevrait vite que la réalité du pays n’a rien de commun avec les platitudes hors sol qu’il enfile à son sujet.

Il verrait ces prolétaires épuisés par des bandes de racailles qui occupent les halls d’immeuble nuit et jour pour y faire régner une espèce de surveillance politico-religieuse quotidienne. Il entendrait ces petits espions d’Allah lui affirmer que nous sommes contrôlés par des Juifs, que les Français sont des pédophiles incapables, et que la France a été construite par les musulmans. Il sentirait le regard de ces petits voyous scanner son sac de provision pour deviner s’il a acheté ou non de l’alcool. Pour peu qu’il porte un appareil photo autour du cou, il serait montré du doigt par des hommes en djellabahs lui interdisant de photographier les rues ou les paysages. Il entendrait les conversations où des gamins de dix-huit ans n’ont aucune peine à dire: le droit de vote ne sert à rien, Allah doit décider de tout. Et de mois en mois il verrait les foulards en tous genres fleurir et proliférer comme si l’avenir de la femme passait par l’abandon de ses droits.

Et si Patrick Cohen invitait des élus communautaristes ?

Fort de ce petit voyage dans la vraie France où le Grand Remplacement n’est pas une spéculation théorique mais une intuition corroborée par la simple expérience, Patrick Cohen pourrait utilement inviter à son antenne les députés de chacune des circonscriptions concernées pour les interroger sur leur réaction vis-à-vis de cette grande mutation. Il pourrait par exemple interroger Jean-Christophe Cambadélis, premier socialiste français et député immuable d’une circonscription où ce basculement religieux a libre cours.

Patrick Cohen ferait oeuvre de service public en posant des questions simples à son invité: lui qui est l’élu des Buttes-Chaumont, quartier où les frères Kouachi se sont radicalisés il y a dix ans, qu’a-t-il fait en dix-huit mois pour rétablir la laïcité? quelle est son action concrète pour redonner la rue aux profanes et la soustraire à l’influence des Frères Musulmans qui l’occupe aujourd’hui, en lieu et place de la police? comment réagit-il lorsqu’il apprend que des dossiers de logements sociaux dans sa circonscription pour des familles radicalisées sont adressés aux bailleurs sociaux en dehors des « commissions d’attribution » prétendument transparentes? Pourquoi le porc n’est-il plus spontanément servi dans les cantines de sa circonscription? Pourquoi refuse-t-il de condamnerles colloques indigénistes où les Blancs sont interdits?

Au lieu d’inviter en permanence sa bande de copains qui nous serinent à longueur de journées les mêmes salades resucées, Patrick Cohen servirait l’intérêt général en dévoilant aux Français le fossé colossal et coupable que ces élus ont creusé entre la posture relativiste qui leur sert de discours électoral et la réalité communautariste qui leur garantit leur réélection. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: Cambadélis est une sorte de figure symbolique – celle du pacte avec le diable islamiste, noué par élus républicains sur le dos de la République.

Il est encore temps d’agir contre les Molenbeek français

Patrick Cohen en viendrait assez logiquement à se poser la question telle qu’elle se pose dans les quartiers : que faire ? Et comme nous, il conclurait à trois réponses cumulatives.

Première réponse : le législateur doit faire son oeuvre et prendre des positions claires. La laïcité, c’est interdire le voile et les djellabahs dans nos rues, sauf en dehors des jours consacrés. Interdire le voile comme le kippah. Interdire tous les signes religieux ostentatoires lorsqu’ils sont portés par des profanes.

Deuxième réponse : ne pas mollir dans l’effort et sanctionner sans états d’âme toutes et tous les contrevenants. Au lieu de consommer de colossales forces de police dans des événements sportifs débiles, il faut réallouer celles-ci aux quartiers sensibles et y imposer effectivement le respect des règles laïques.

Troisième réponse : chaque Français, chaque citoyen républicain doit devenir un missionnaire local de la parole républicaine en refusant, dans chaque cage d’escalier, dans chaque entrée d’immeuble, à chaque terrasse de café, toutes les déviances, même les plus infimes, que les islamistes tentent de nous imposer. Et le gouvernement de la République doit les aider à gagner cette bataille quotidienne.

C’est à ce prix, qui ne suppose pas de moyens nouveaux, mais simplement une détermination de tous les instants, que la République française restera laïque.

Cet article a été initialement publié sur le blog d'Eric Verhaeghe

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