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Mitterrand, Thatcher :
les vieilles lunes sont de retour
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Mitterrand, Thatcher : les vieilles lunes sont de retour

Ici, Mitterrand fait son comeback. Là-bas, le thatchérisme est à la mode. Pour les idées nouvelles, il faudra patienter encore un peu.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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A Tales of Two Cities » n’est pas le Dickens le plus connu. Il gagnerait pourtant à l’être, ce roman mettant en parallèle le Paris de la Terreur et le Londres industrieux et paisible de William Pitt (le jeune).

Oh, pas par regret d’avoir raccourci un monarque, bien entendu (ça, de toute manière, les Anglais l’avaient déjà fait avant nous), mais plutôt comme un excellent moyen d’explorer les différences fondamentales entre deux nations par ailleurs si comparables.

Une nouvelle preuve de ce qui les distingue vient d’ailleurs d’être établie de façon éclatante, la France commémorant le bon vieux du temps du mitterrandismeau moment même où les voisins du dessus se vautrent avec délice dans le thatchérisme radical

Hé oui : this side of the Channel, trois générations communient dans la nostalgie d’une époque où tout était simple. Il y avait les méchants, avec leurs chapeaux haut-de-forme et leurs gros cigares. Il y avait les gentils, avec leurs bleus de travail et leurs clés à molette. Il y avait le franc, la 2 CV, le petit noir à vingt centimes pris sur le zinc et des Chinois misérables que l’on plaignait. En cas de difficulté économique, on prenait l’argent des méchants pour le donner aux gentils et tout rentrait dans l’ordre.

Mais de l’autre côté du détroit, c’est une autre paire de manches et les Rosbifs renouvellent dans les urnes leur confiance à David Cameron, un loustic sans cœur dont même la Dame de fer trouverait qu’il est un peu gonflé, avec ses 95 milliards de restrictions budgétaires et ses licences universitaires à 30 000 euros !

C'était mieux avant ? Tu parles...

Bon, d’accord, place de la Bastille, on invoque les mânes du père François mais c’est tout de même Nicolas Sarkozy qui est aux manettes. Ce n’est pas comme si l'un des éléphants versant des larmes de crocodile (bel exploit zoologique) au souvenir du programme commun était effectivement en train de mettre en œuvre le reliquat des 110 propositions sous l’œil effaré des aristos ayant échappé à la purge précédente…

N’empêche, et alors que les Britanniques encaissent stoïquement ― la lèvre supérieure rigide ― le traitement de cheval qui les verra vraisemblablement mourir guéris, la liste des prétendants au rôle de chef des Français souhaitant remonter le temps s’allonge. Et pas seulement celle des prétendants de gauche, précisons-le…

Lequel, du pays des gentils ou de celui des méchants, se débrouillera pour rester dans la course avec ses vieilles recettes, maintenant qu’un riche à qui l’on pique son haut-de-forme se tire aux Bahamas et que les Chinois sont riches comme Crésus ? Difficile à dire. Normalement, les gentils devraient l’emporter, ce serait plus moral. Mais la morale, de nos jours, hein…

Pour autant, il se pourrait bien que ce ne soit ni l'un ni l'autre. Après tout, Dickens, ce n’est pas que « A Tales of Two Cities », c’est aussi « Oliver Twist » et ses gamins faméliques. Hum, mais nous, on a le Zola de « Germinal » et le Victor Hugo des « Misérables», ce qui n’est pas non plus super-encourageant.

Bah, « Que sera sera », comme dirait Cervantès.

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