Missiles hypersoniques sur Marioupol : la stratégie Guernica de Vladimir Poutine | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Défense
Une reproduction de la peinture de Picasso "Guernica" présentée dans la ville espagnole, le 25 avril 2021
Une reproduction de la peinture de Picasso "Guernica" présentée dans la ville espagnole, le 25 avril 2021
©ANDER GILLENEA / AFP

Guerre en Ukraine

Missiles hypersoniques sur Marioupol : la stratégie Guernica de Vladimir Poutine

Deux tirs de missiles hypersoniques ont été revendiqués par la Russie contre l’Ukraine. Les bombardements s'intensifient sur Marioupol et Kiev. Les démocraties libérales doivent prendre la mesure de ce qui est en train de se passer à la frontière Est de l’Europe et de la menace que Vladimir Poutine fait peser sur les pays membres de l'OTAN.

Jean-François Cervel

Jean-François Cervel

Jean-François Cervel est inspecteur général de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche (IGAENR) honoraire.

Voir la bio »

En ce 26 avril 1937, l’aviation nazie, au service de l’offensive du général Franco contre la République espagnole, testait une nouvelle tactique de bombardement de ville à Guernica, au Pays Basque espagnol. Trois ans plus tard, la tactique ainsi expérimentée en Espagne était utilisée pour accompagner l’offensive hitlérienne sur les Pays-Bas, la Belgique et la France.

Aujourd’hui, le dictateur russe teste ses nouvelles armes et notamment ses missiles hypersoniques, sur les villes ukrainiennes.

Dans les deux cas, il s’agit de martyriser des populations civiles, de multiplier les destructions systématiques de manière à forcer les populations terrorisées à demander la reddition.

Dans les deux cas, les dictateurs ont pu agir en toute impunité puisque les pays démocratiques ne voulaient pas intervenir.

Comme lors de la remilitarisation de la Rhénanie par Hitler en mars 1936,ni la France ni le Royaume-Uni n’étaient prêts à aller à l’affrontement avec l’Allemagne nazie à l’occasion de ces crimes de guerre commis en Espagne. Les deux pays payèrent très cher cette couardise trois ans plus tard.

Aujourd’hui, de la même manière, les pays de démocratie libérale laissent agir le dictateur russe qui peut se permettre de détruire impunément des villes entières, de tester ces nouvelles armes de destruction massive et de roder l’utilisation de l’énorme outil militaire qu’il a forgé.

On ne peut qu’assister, impuissants, à cette agression militaire conduite par un énorme pays, deuxième puissance militaire du monde – et première puissance nucléaire – contre un petit pays, sans déclaration de guerre préalable, sous des prétextes complètement fallacieux.

À Lire Aussi

Épidémie, Famine, Guerre : les trois Parques font leur grand retour avec la guerre en Ukraine

Le chantage de la terreur qu’il exerce lui permet de conduire en toute impunité une violence militaire totale sur le territoire de l’Ukraine sans que son propre territoire soit menacé d’une quelconque manière.

Il est plus que temps que les démocraties libérales d’aujourd’hui prennent la mesure de ce qui est en train de se passer à la frontière Est de l’Europe et de la menace que la dictature poutinienne fait peser sur nos pays.

Marioupol c’est le Guernica de Vladimir Poutine sur le sol européen après Alep sur le sol syrien.

Pouvons-nous espérer que les étapes qui suivirent la tragédie de Guernica et qui conduisirent à une seconde guerre mondiale, ne se renouvellent pas de la même manière après la tragédie de Marioupol ?

Jean-François CERVEL

À Lire Aussi

Ces armes occidentales qui permettent aux Ukrainiens d’exploiter les failles de l’armée russe

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !