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"Miss Peregrine et les enfants particuliers" : interview avec Tim Burton
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THE DAILY BEAST

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" : interview avec Tim Burton

A l'occasion du Fantastic Fest, le réalisateur baroque mondialement plébiscité s’est confié sur l’état d’avancement de "Beetlejuice 2" et a présenté son nouveau film, "Miss Peregrine et les enfants particuliers", qui sort le 5 octobre en France. Il en a profité pour prendre la défense de son acteur fétiche, Johnny Depp, accusé de violences conjugales par son ex, Amber Heard.

Jen Yamato

Jen Yamato

Jen Yamato est journaliste au Daily Beast. Elle couvre les sujets de la rubrique "divertissement".

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The Daily Beast - Jen Yamato

Après trois décennies passées à donner vie à des mondes fantastiques, le mythique réalisateur gothique Tim Burton estime que l’étrangeté du monde réel dépasse souvent la fiction ; c’est en tout cas ce qu’il a déclaré au Daily Beast à Austin lors du festival Fantastic Fest.

"A chaque nouvelle histoire que je lis dans la presse à propos de quelqu’un que je connais, j’ai toujours l’impression qu'il s'agit d'un monde parallèle bizarre", a lancé Tim Burton, quelques instants après avoir mis le pied dans la ville du Fantastic Fest pour la première de "Miss Peregrine et les enfants particuliers", attirant dans son sillage d’inquiétants nuages orageux. "Il y a eu des choses écrites à mon sujet face auxquelles je me suis dit "Je vis dans Bizarro World'."

Une référence à peine déguisée aux mésaventures de son acteur fétiche et collaborateur de longue date, Johnny Depp, qui se retrouve sous le feu des critiques médiatiques, depuis qu'il est publiquement accusé de violences conjugales par son ex-compagne Amber Heard.

"Je prends toujours cela avec des pincettes et tout finit toujours par s’arranger", affirme Tim Burton, sur la question de savoir si Johnny Depp est, ou non, injustement maltraité par les médias : "Mais je l’aime. J’aime tout le monde".

Le réalisateur oscarisé était tout sourire lors de la première mondiale de "Miss Peregrine et les enfants particuliers", projetée devant une salle comble au festival annuel du genre à Austin. Pour l'occasion, le directeur du festival Robert Rodriguez avait annoncé l'arrivée du maître de l'Etrange en proclamant la journée de dimanche "Journée spéciale pour qu’Austin reste une ville particulière", évènement officiel créé sur mesure avec la bénédiction du maire.

Ce film 3D d’aventure fantastique pour les enfants est, à de nombreux égards, un retour aux sources, après le dernier long métrage de Tim Burton : le biopic "Big Eyes" avec Amy Adams, qui explorait le milieu de l’art. Adapté du best-seller éponyme de Ransom Rigg par Jane Goldman (la scénariste de "X-Men : Le Commencement" et de "Kingsman : Services secrets"), ce nouveau film suit les aventures d’un adolescent socialement inadapté (interprété par Asa Butterfield) qui est introduit dans une maison peuplée d’enfants fantasques aux étranges "particularités" et protégés par un ange gardien (Eva Green) qui les défend contre de monstrueux ennemis qui convoitent leurs pouvoirs.

Samuel L. Jackson est captivant et décoiffant dans le rôle du sinistre méchant de Miss Peregrine : ce scientifique, lui aussi "particulier", fait forte impression, en menaçant tout au long du film le casting de jeunes acteurs avec ses cheveux immaculés, ses yeux d’un blanc inhumain, et ses canines pointues.

"C’est quelqu’un avec qui j’ai toujours voulu travailler", a confié Tim Burton au public après la projection. "C’est un de ces acteurs... En le voyant arriver dans cet accoutrement, avec les yeux blancs et la totale, j’ai pensé 'Ok, c’est le nouveau costume d’Halloween. Je veux être déguisé comme ça pour Halloween !'".

Si Tim Burton avait hâte de travailler avec Samuel L. Jackson, il admet qu’il est généralement moi enthousiaste à l'idée de travailler avec des enfants, malgré le fait qu’il ne cesse de faire des films pour eux et avec eux : "Je n’aime vraiment pas beaucoup les enfants", a-t-il plaisanté.

"J’ai deux enfants et je les aime… parfois", explique Tim Burton. "Mais honnêtement, ce qui est étrange, c’est que beaucoup des enfants de ce film n’avaient jamais fait de cinéma auparavant ; certains avaient déjà fait des films, et d’autres pas. Parfois, vous rencontrez des enfants et c’est comme s’ils avaient déjà eu une vie antérieure, comme si leur âme arpentait cette terre depuis des décennies. Genre, 'Oh mon dieu, quel âge as-tu vraiment ? As-tu 9 ans ou 90 ans ?'"

"On entend parler d’enfants cauchemardesques – et j’ai travaillé avec certains d’entre eux", a-t-il ajouté. "Ils me font flipper".

Tim Burton a donné des nouvelles de "Beetlejuice 2", ce projet de longue haleine qui constituerait la suite tant attendue du grand classique de 1988, le monstrueux et fantomatique "Beetlejuice". "J’adorerais le faire", a-t-il insisté. "Mais c’est un projet spécial. J’adore Michael [Keaton], j’adore Winona [Ryder] et j’adore les personnages. Mais j’ai déjà irrité suffisamment des personnes. Je veux juste le faire bien, si c’est possible".

"Il m’est arrivé de préparer longuement des films qui, au bout du compte, n’ont jamais vu le jour ; et c’est assez traumatisant", s'est-il justifié : "Je veux simplement mener les choses de la façon la plus fluide possible. Donc, c’est un projet que je veux mener à bien mais je veux le faire d’une façon qui ne déçoive pas tout le monde, qui ne détruise pas la première mouture, ou quoi que ce soit".

Tim Burton a accueilli avec bienveillance les tentatives de réinterprétation de ses classiques de la part d’autres artistes. Prenez par exemple le remake porno sorti en 1991 de son premier film avec Johnny Depp : "Edward aux mains d'argent". "J’ai regardé les deux volets d’'Edward aux mains de pénis'", a-t-il confié, en hommage à ces adaptations X très inspirées, dans lesquelles un Edward inadapté relève le défi anatomique posé par ses mains en forme de pénis, et tente se débrouiller avec la vie, l’amour, et les spaghettis.

"Car il a y un Edward aux mains de pénis 1 ET 2", a-t-il précisé. (En réalité, il y en a même trois). Si vous suivez bien, cela signifie qu’il y a déjà plus de volets d’"Edward aux mains de pénis" dans les annales du cinéma que d’"Edward aux mains d'argent". Tim Burton en sourit : "C’est ça qui me donne l’impression d’avoir réussi".

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