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Quand la météo s'invite 
dans les prévisions financières 
des entreprises françaises
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Madame Soleil

Quand la météo s'invite dans les prévisions financières des entreprises françaises

Alors que ce mois de mai est plus frais que les normales saisonnières, 2/3 des produits de grande consommation sont de manière générale affectés par les conditions météorologiques. Dans un climat en mutation, l'anticipation des variations climatiques peut donc avoir un impact concret sur les résultats des entreprises.

Harilaos Loukos

Harilaos Loukos

Harilaos Loukos est président et directeur scientifique de Climpact SA, leader européen de la business intelligence climatique.

Il est également expert auprès de la commission européenne sur la thématique « Changement Climatique » pour l’évaluation des programmes scientifiques de recherche.

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De nombreux secteurs d’activité sont météo-sensibles ; jusqu’à 70% selon le département américain du commerce, soit approximativement 61 000 milliards de dollars. Or, les entreprises commencent à peine à comprendre et intégrer cette variable stratégique, sous-estimant l’impact de la météo sur leur activité. Sous la pression des financiers, tels la SEC, l'autorité de régulation des marchés boursiers américains, les entreprises sont désormais encouragées à communiquer à propos de l’impact du climat sur leur activité.

Une entreprise ou un marché est météo-sensible lorsque la météo influence son activité. De fait, toutes les activités ou produits saisonniers sont météo-sensibles, comme le tourisme, le textile, ou les produits de grande consommation alimentaires tels que les  glaces ou des soupes. Les entreprises concernées ont depuis longtemps compris que la météo pouvait pénaliser ou à contrario améliorer leur chiffre d’affaires. Toutefois, sans outil analytique leur permettant de mesurer et d’anticiper précisément l’impact de la météo, elles ne disposent que d’une approche purement théorique de la saisonnalité et ne peuvent que constater en temps réel, ou lorsqu’il est déjà trop tard, les conséquences sur leur activité. Une étude a démontré que sur 305 catégories de produits de grande consommation, alimentaires et non alimentaires, plus de 60% sont impactés par la météo. La Business Intelligence Climatique offre un indéniable avantage concurrentiel à l’entreprise, pour chacun de ses départements, de la supply chain au marketing, leur permettant de traduire les aléas climatiques en opportunité de business.

Dans un climat en mutation, où il existe moins de 1 chance sur 5 de voir se reproduire une météo similaire d’une saison à l’autre, se baser uniquement sur les ventes de l’année passée pour anticiper celles à venir relève de l’approximation grossière, en ce qui concerne les secteurs météo-sensibles. Des outils de Business Intelligence Climatique aident les entreprises à anticiper l’impact des variations météorologiques sur leur activité, au degré et à la semaine près. Dès lors qu’elles disposent d’une visibilité complète de la façon dont réagit leur portefeuille de produits ou services face aux variations météorologiques, jusqu’à des niveaux d’analyse très fins, avec des indicateurs par référence de produits et par point de vente, les entreprises sont capables de mettre en place une stratégie efficace afin de produire le bon produit, au bon moment et  à la bonne quantité face à la demande générée par la météo.

 Alors que la Business Intelligence Climatique s’installe progressivement en Europe, les acteurs de la finance commencent à prendre la mesure des enjeux et à intégrer la météo et le climat dans leurs analyses. Tels CA Cheuvreux, un des leaders dans le courtage sur actions qui, entre autres, aide les investisseurs à comprendre et évaluer les enjeux liés au changement climatique sur la valeur des entreprises. L’angle climatique devient donc nécessaire pour évaluer la performance des sociétés que ce soit à court, moyen ou long terme et certains grands groupes commencent à intégrer le facteur météo dans leur rapport financier annuel ; ainsi en France, EDF fut le premier il y a peine un an à avoir communiqué l’impact de la météo sur son chiffre d’affaires. D’autres ont suivi et la démarche devrait se généraliser au cours des années à venir avec l’appui des autorités financières afin de favoriser une meilleure lecture de la performance des entreprises.

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