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Gérard Filoche, membre du bureau du Parti socialiste, a tenu des propos que le Premier ministre a qualifié d'insoutenables suite à la mort de Christophe de Margerie.
Gérard Filoche, membre du bureau du Parti socialiste, a tenu des propos que le Premier ministre a qualifié d'insoutenables suite à la mort de Christophe de Margerie.
©capture LCI

Féodal toi même

Message à Gérard Filoche et à cette gauche qui transpire la haine

Gérard Filoche a déclaré suite à la mort de Christophe de Margerie "Les grands féodaux sont touchés", déclenchant une avalanche de réactions sur Twitter. Pourtant, l'ancien leader de la LCR qui dénonce un système fondé sur l'héritage a su, en temps voulu, placer sa famille.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Il est une terreur intellectuelle qui, faute de ne plus nous faire rire, nous agace voire angoisse : c’est celle des post-trotskystes qui n’hésitent pas à utiliser les armes de la manipulation intellectuelle et morale pour se vautrer dans les orgasmes d’un système qu’ils prétendent éructer. Et Gérard Filoche vient de nous en donner l’une des plus belles illustrations.

Apprenant la mort du patron de Total, Christophe de Margerie, Gérard Filoche semble en effet se repaître de la disparition d’un "grand féodal" pour reprendre ses mots. Avec les accents d’un "J’irai cracher sur sa tombe", il nous emmène dans son espèce de conspirationnisme moderne où l’histoire se résumerait à une emprise des "suceurs de sang" (toujours selon lui) sur les victimes du capitalisme.

Qu’elle est simple à comprendre, cette histoire, qui explique la société par un conflit éternel entre les méchants riches, parés de particules et d’impôts sur la fortune, contre les gentils pauvres plumés malgré eux. Ce "storytelling" intemporel, digne héritier de Robin des Bois, a permis à Gérard Filoche d’attirer à lui pendant des années des salves d’applaudissements dans les innombrables réunions du Parti socialiste.

L’histoire dans sa version post-trotskyste version Filoche est évidemment tout sauf une histoire. Elle n’a rien à voir avec une étude des faits. Elle est une chimère complaisante qui permet de briller à bon compte dans les cénacles tout acquis à la cause, et qui simplifie à outrance des choses compliquées. Elle occulte le souvenir de ces temps où c’était la noblesse qui faisait la Révolution quand nombre de bourgeois préféraient l’ordre, où les ouvriers s’organisaient en corporations pour éviter l’arrivée de nouveaux entrants, où les paysans priaient et allaient à la messe au lieu de se révolter contre leur seigneur.

De tous ces détails historiques, un Filoche n’a que faire : l’enjeu n’est pas d’éclairer le citoyen, mais de l’embrigader dans un système qui profite à ceux qui le dénoncent.

Et ici, il est désolant de se le dire, mais qui se comporte en féodal ? Qui place sa famille tout en dénonçant un système fondé sur l’héritage ?

Gérard Filoche aime à rappeler des temps lointains où il était enfant ouvrier. Mais depuis, le bonhomme s’est engraissé et ses leçons sociales sont de moins en moins digestes.

En 2008, par exemple, on découvre que sa fille Léa, membre du bureau national du mouvement des jeunes socialites, devient conseillère municipale dans le 19è arrondissement. Elle n’a pas 30 ans. Les familiers du Parti socialiste savent qu’à Paris ce genre de réussite n’est pas dû au hasard. En 2014, elle est 6è de liste sur 42, et  se retrouve au Conseil de Paris. Pour le maire du 19è arrondissement, elle suit notamment les questions d’emploi… Quand on a un père inspecteur du travail et membre du bureau national du Parti socialiste, ce genre de circonstances est troublant. Surtout que Léa Filoche est proche d’un "Monde D’avance", mouvement dont son père est l’un des fondateurs.

En 2013, c’est une fille cachée de Gérard Filoche que l’on découvre à la télévision. Gérard Filoche a en effet fécondé l’une de ses amies lesbiennes, et la fille qui est née de cet étrange attelage apparaît dans un documentaire consacré aux enfants de couples homosexuels. Pourquoi elle et pas d’autres ? Peut-être Gérard Filoche a-t-il un accès facilité aux médias et sous couvert de lutter contre les discriminations en profite-t-il pour placer l’une de ses filles ?

Toutes ces occurrences étranges où la progéniture de Gérard Filoche bénéficie très tôt d’une publicité nationale sont évidemment le pur fait du hasard. Seuls des mauvais esprits pourraient penser que, derrière les critiques de Filoche contre l’aristocratie, se cache un papa qui pistonne ses enfants et profite de sa position d’insider pour les faire progresser plus vite que les autres.

Comme on dit toujours au Parti Socialiste, fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais. Mais peut-être est-ce aussi la première raison de la désaffection populaire vis-à-vis du Parti socialiste : les travailleurs aliénés que la gauche socialiste prétend libérer ne sont plus dupes de ces effets de manche où des hiérarques captent à leur profit, avec force larmes de crocodile à l’eoil, les grands idéaux d’une République moribonde.

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