Mélenchon superstar : il a réuni 20.000 personnes à son meeting ! | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Mélenchon superstar : il a réuni 20.000 personnes à son meeting !
©THOMAS COEX / POOL / AFP

The show must go on

Mélenchon superstar : il a réuni 20.000 personnes à son meeting !

Quel tribun pourrait rivaliser avec lui ? Qui aujourd’hui en France peut rassembler autant de monde ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

Il y avait Jean-Luc Mélenchon flanqué de la députée Mathilde Panot et de l'eurodéputé Manuel Bompard. Retenus par des engagements locaux, Adrien Quatennens et Caroline Fiat avaient envoyé des vidéos de soutien. Manquait l'ineffable François Ruffin qui était resté à Amiens. Seul et intrépide, il était debout le poing levé devant la chocolaterie Trogneux pour empêcher les beaux-parents de Macron d'y entrer.

Comme on vous l'a dit, 20.000 personnes étaient réunies pour écouter le leader minimo et les siens. Mais on ne les a pas entendu crier : "Jean-Luc président !". La sono avait-elle été sabotée par les valets de la bourgeoisie ? Pas du tout. Car le meeting était numérique ! C'est la raison pour laquelle vous n'avez pas pu y participer.

Un meeting numérique, c'est très moderne. Et ça prouve que, contrairement à ce que disent les mauvaises langues, Jean-Luc Mélenchon n'en est pas resté à Radio Moscou diffusant inlassablement les discours du camarade Staline. Il avait déjà montré son côté "in" en tenant plusieurs meetings en même temps avec son hologramme. Cette fois-ci, il a fait plus fort. La transformation de la France insoumise en start-up à l'avenir prometteur est en marche.

Mélenchon s'est félicité du nombre de vues (20.000) de son meeting virtuel. Hélas, il s'est laissé emporter par sa fougue. 20.000, c'est médiocre, très médiocre. Le youtubeur le plus nul, le plus inconnu, fait mieux. Pour le reste, et bien que farouchement moderne, le chef de la France insoumise est resté dans un registre d'un classicisme éprouvé. Pour lutter contre la pandémie, il a préconisé l'effacement de la dette et le retour de l'ISF. On ne change pas des mots qui gagnent...

Toutefois, pour séduire son auditoire qui aurait pu être lassé par ses effets par trop répétitifs, il s'est permis une innovation surprenante. Il a accusé Emmanuel Macron de "copier le programme de la France insoumise" ! Le chef de l'Etat s'était fait élire en étant ni de droite, ni de gauche. Depuis, il n'avait pas cessé de godiller : une fois à droite, une fois à gauche. De le voir ainsi passer à l'extrême gauche nous a rendu admiratifs de son extraordinaire souplesse.

Jean-Luc Mélenchon, en fustigeant le voleur élyséen, s'est abstenu d'utiliser la formule "les Français préféreront toujours l'original à la copie". Elle a en effet pour auteur Jean-Marie Le Pen. Ce dernier et sensiblement plus âgé que Jean Luc Mélenchon. Le plus gâteux des deux, ce n'est pas Le Pen.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !