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Jean-Luc Mélenchon dans On n'est pas couché, le 20 février 2016.
Jean-Luc Mélenchon dans On n'est pas couché, le 20 février 2016.
©Twitter

Portrait d’un tueur

Mélenchon, l’homme qui veut assassiner Hollande !

Le patron du Parti de Gauche n’a plus que deux ennemis : le président de la République et le Parti socialiste. A abattre par tous les moyens.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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"Moi, me rapprocher de Hollande ? Mais j’aurais honte !" La phrase est terrible. Samedi soir, dans "On n'est pas couché", Mélenchon avait des envies de meurtre. Parfois, le désir de tuer donne de la fougue et de la flamme à ceux qui en sont possédés. Et Mélenchon, qui est un piètre démagogue mais un excellent tribun, a cette fois cassé la baraque. Pas celle de l’audience, celle d’un François Hollande, désigné et condamné sans appel comme social-traître.

Pour ceux qui ont vu "Alamo", aucun doute. Mélenchon a entonné la mélodie que le général Santa Anna fait jouer par ses troupes avant l’assaut final : "El deguello" ("couper la gorge"). Elle annonce qu’il n’y aura ni pitié ni merci pour les défenseurs du fort. Tous promis à la mort. François Hollande n’est pas Davy Crockett : on a bien du mal à l’imaginer en John Wayne. Mais Mélenchon entend clairement lui faire subir le sort du défenseur de Fort Alamo : la mort, rien que la mort !

Avec la réforme des retraites et celle, jugée encore plus abominable, du Code du travail, Hollande est accusé d’avoir ramené la France au 19ème siècle (le secrétaire général de la CGT emploie les mêmes termes). Et dans la tirade meurtrière de Mélenchon, il y a du Zola ("Germinal") et du Victor Hugo ("Les misérables"). Des hommes et femmes qui mendient dans les rues, des sans-domicile, des enfants qui ont faim… Qui en est responsable, qui s’en accommode ? François Hollande !

C’est pour eux, pour tous ces malheureux et ces déshérités que Mélenchon est, dit-il, candidat à la présidentielle. Il va les venger. C’est pour eux qu’il a toujours refusé d’aller à la soupe, et pour rendre son propos encore plus incisif il accable d’un mépris hautain les Cosse et les Placé qui ont vendu leur âme pour un portefeuille ou un strapontin ministériel. En écoutant ses imprécations, on peut être tenté de se dire que Mélenchon est peut-être sincère. D’une certaine façon il l’est, car emporté par son verbe, il finit par croire à ce qu’il dit, y compris quand il débite des niaiseries. En tout cas, la haine qu’il porte à Hollande est, elle, d’une absolue sincérité.

Mélenchon, bête de scène, bête politique, a un projet. Pas celui d’arriver au pouvoir : on ne peut quand même pas le taxer d'imbécillité. Ce qu’il veut, avec une vraie passion, c’est détruire ce qu’il reste du Parti socialiste et transformer François Hollande en cadavre. Sur ces décombres, il entend bâtir une autre gauche. Les exemples cités par lui, de Syriza en Grèce et de Podemos en Espagne, lui permettent de nourrir cet espoir.

Il peut aussi compter éventuellement sur le renfort de quelques dizaines de parlementaires socialistes de plus en plus frondeurs, de plus en plus choqués par la “droitisation” de Hollande. Comme tout le monde, Mélenchon a assurément vu Alamo. Il connaît la fin du film, mais il ne prête aucune attention à la fin de l’histoire : le Texas, Etat du Mexique, a fini par être rattaché aux Etats-Unis. Mais c’est le cadet des soucis du patron du Parti de Gauche : il ne s’intéresse qu’au bonheur immédiat que lui donnera la mort de François Hollande.

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