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Laurent Blanc est auditionné ce lundi...
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Scandale à la FFF

Football français : un idéal pour notre société

Laurent Blanc auditionné ce lundi, le scandale sur les quotas n'en finit plus d'agiter le monde du ballon rond. Pourtant, les réactions suite à cette affaire montre combien l'ensemble de la société pourrait s'inspirer du foot français.

Erwan Le Noan

Erwan Le Noan

Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été rapporteur de groupes de travail économiques et collabore à plusieurs think tanks. Il enseigne le droit et la macro-économie à Sciences Po (IEP Paris).

Il écrit sur www.toujourspluslibre.com

Twitter : @erwanlenoan

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Autant le dire tout de suite, le football n’est pas mon principal hobby et j’ai même du mal à comprendre que quelques phrases sorties d’un dialogue d’une instance sportive en viennent à éclipser la mort du terroriste qui a dominé l’actualité de la dernière décennie, les révolutions démocratiques en cours près de chez nous et même une guerre que la France mène outre-Méditerranée.

Pourtant, en écoutant les responsables politiques ces derniers jours, j’en suis venu à rêver que la société française soit calquée sur l’idéal véhiculé par le football.

En effet, les leaders d’opinion sont intervenus pour défendre le mérite contre les quotas : dans le football, seul le talent doit être récompensé. Pire que les ultralibéraux si décriés, ils n’hésitent pas à abandonner les plus faibles : dans le football, expliquent-ils, les binationaux qui ne choisissent pas la France le font car ils ne sont pas choisis dans notre équipe nationale. Tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à être meilleurs !

Ensuite, tous défendent désormais la France diverse, l’équipe « black, blanc, beur » de 1998. De gauche à droite, nos responsables défilent les uns après les autres pour se féliciter de la France plurielle que représente le football, pour applaudir la diversité des talents qui apporte tant à notre économie sportive.

Enfin, au fil des interviews, l’exclusion et le racisme sont condamnés. Les uns après les autres, les hommes politiques français décrivent la force de la stimulation par le sport et la vivacité de l’esprit d’équipe qui l’emportent sur les divisions ethniques, culturelles et religieuses.

Les échanges des instances du football que la presse rapporte sont malvenus et choquants, mais mon propos ne porte pas sur eux. Quelle ironie de voir ainsi le milieu du football décrit, finalement, comme le temple idyllique de la concurrence individualisée et de la diversité, alors que dans le même temps, ces valeurs sont rejetées de l’ensemble des autres domaines de la société !

Quel regret que la compétition et le travail ne soient pas plus valorisés dans les autres secteurs de la vie économique et sociale ou que la pluralité des talents et des origines ne soit pas considérée aussi positivement dans le reste de notre société ! Quel dommage que dans les autres secteurs de notre vie collective, nous n’ayons pas autant à cœur de bouleverser l’image de la France !

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