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Claude Guéant ne parviennent pas à faire reculer les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen.
Claude Guéant ne parviennent pas à faire reculer les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen.
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EDITORIAL

Et si les petits candidats gênaient plus Le Pen que Sarkozy ?

Après Nicolas Dupont-Aignan, Hervé Morin et Dominique de Villepin – pas encore tout à fait déclaré –, voici donc que Mme Christine Boutin est candidate à l’élection présidentielle.

Yves Derai

Yves Derai

Yves Derai est éditorialiste à Atlantico. Chaque semaine, il écarte les lourds rideaux de velours des palais de la République pour nous en révéler les secrets.

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Christine Boutin, présidente fondatrice du Parti Chrétien Démocrate, a annoncé mercredi sa candidature à l’élection présidentielle. Immédiatement, des voix se sont élevées pour dénoncer une candidature de trop, inutile, voire dangereuse pour la droite. Car selon ces augures, la candidature de Mme Boutin ferait courir à la France un risque de 21 avril à l’envers, en clair, celui d’une élimination de Nicolas Sarkozy dés le premier tour.

Cette analyse me semble fallacieuse. Si l’on se fie, en effet, aux enquêtes d’opinion qui se succèdent depuis quelques semaines, on constate que les arguments sur l’insécurité ou l’immigration développés par le gouvernement et notamment le ministre de l’Intérieur Claude Guéant ne parviennent pas à faire reculer les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen. Peut-être gagnerait-on, à l’Elysée, à changer une formule qui a certes gagné en 2007 mais qui ne convainc plus aujourd’hui. Partant de là, d’autres personnalités portant d’autres messages –les valeurs chrétiennes pour Christine Boutin, le souverainisme et la sortie de l’Euro pour Nicolas Dupont-Aignan, le patriotisme économique et la résistance à l’influence américaine chers à Dominique de Villepin-  peuvent prétendre réussir là où Nicolas Sarkozy paraît pour l’instant échouer. Au bout du compte, la participation de ces « petits » candidats de droite pourrait bien éroder le score de Marine et le Pen au premier tour et, de facto, augmenter les chances du président sortant de figurer au second en 2012.

Un face-à-face PS/extrême droite le 6 mai 2012 constituerait un désastre démocratique plus grave encore que le 21 avril 2002. Car on peut pronostiquer sans grand risque de se tromper que dans cette configuration, Marine Le Pen obtiendrait un score bien plus élevé que celui de son père dix ans plus tôt. Le FN ripoliné par Marine Le Pen qui envisage d’ailleurs de changer le nom de son parti après la présidentielle deviendrait alors la grande formation de la droite française à laquelle se rallierait probablement une partie de l’UMP dont les thèmes et les propositions s’inspirent déjà de la vulgate lepéniste.

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