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Et si le pire ennemi 
de Marine Le Pen, c’était son père ?
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EDITORIAL

Et si le pire ennemi de Marine Le Pen, c’était son père ?

Il n'hésite pas à citer un poème de Brasillach, il prend la défense de sa fille contre Jean-Luc Mélenchon, le "voyou", Jean-Marie Le Pen ne cesse de se faire remarquer dans les médias au détriment de la présidente du FN qui tente tant bien que mal de le défendre.

Yves Derai

Yves Derai

Yves Derai est éditorialiste à Atlantico. Chaque semaine, il écarte les lourds rideaux de velours des palais de la République pour nous en révéler les secrets.

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Depuis plusieurs semaines, la présidente du Front national doit faire face à un obstacle quasi insurmontable : son père, ci-devant le menhir de la Trinité-sur-Mer. Jean-Marie le Pen semble, en effet, trouver un malin plaisir à rendre à sa fille la campagne plus difficile qu’elle ne l’est.

Et que je te déclame un poème de Brasillach dans mon grand discours de la convention présidentielle du parti, histoire de rappeler à « l’établissement politico-médiatique» que les références aux pires collaborateurs de la Seconde guerre mondiale font toujours recette au FN. On lui demande de justifier le fait de citer ainsi l’écrivain antisémite fusillé en février 1945 ? Loin de s’en excuser, il se rengorge, lançant en pâture à ses détracteurs une célèbre maxime de Mussolini : « Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneurs ». Derrière, l’artisane inlassable de la dédiabolisation du FN doit ramer pour expliquer aux journalistes que son père, président d’honneur du FN, a le droit de dire ce qu’il veut, qu’elle-même ne l’aurait pas dit, n’étant pas obnubilée par la période 39-45 mais que la candidate, c’est bien elle et pas lui.

Sauf que le vieux lion ne s’arrête pas là. Il va rugir encore. Le 23 février dernier, se présente un débat télévisé très attendu sur France 2 entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Elle, n’en voulait pas, prétextant que le leader du Front de Gauche n’avait cessé de l’insulter. De façon quasi infantile, elle passera vingt minutes à refuser la discussion avec son contradicteur, feignant de lire un journal pendant qu’il s’adresse à elle, évitant jusqu’à son regard. « J’ai vu la peur dans ses yeux » plastronnera Mélenchon le lendemain. Derechef, Jean-Marie Le Pen le traite de « voyou » qui a pris à « partie une femme » et le provoque en duel médiatique. « Je vais lui retirer son caleçon et je vais montrer qui il est : le candidat des communistes qui ont du sang sur les mains jusqu’aux coudes ». Le père ne pouvait pas mieux faire s’il voulait affaiblir sa fille, pauvre petite attendant d’être secourue par papa à la première algarade…

Désormais dans l’ombre de sa progéniture, Le Pen trépigne. Au fond, il ne supporte, ni le succès populaire de Marine, ni la manière dont elle tente de transformer le Front national en parti de gouvernement. Pour ne pas avoir su « tuer le père » – politiquement s’entend… – la candidate frontiste risque de finir cette campagne très abîmée.

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