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Marine Le Pen est bien partie pour devenir présidente des Républicains
©© EMMANUEL DUNAND / AFP

La famille Le Pen saison 3

Marine Le Pen est bien partie pour devenir présidente des Républicains

On ne donne pas cher de la peau de Christian Jacob.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Comme l’Eglise au moment de Vatican II, le Rassemblement National fait son aggiornamento culturel, idéologique et spirituel. Chez les curés c’était adieu à la messe en latin, finies les soutanes et suppression de la prière ancestrale sur les « Juifs perfides ». 

Il n’est pas sûr que de cette mutation révolutionnaire le catholicisme soit sorti gagnant. Dans les années 1960, avant Vatican II, les églises étaient pleines. Aujourd’hui elles sont vides même si l’aggiornamento n’est pas le seul responsable de cette désaffection des croyants. 

Comme Jean XXIII, Marine Le Pen a enclenché un processus visant à transformer son mouvement. Chez les curés, c’était plutôt pacifique. Chez elle, c’est plus brutal avec toutes les apparences d’une purge. Gilbert Collard et Nicolas Bay sont exclus de la Commission d’investiture chargée de trouver des candidats pour les régionales. D’autres responsables du mouvement lepéniste, de moindre notoriété, sont également sanctionnés. 

Tous ont en commun d’être très, très à droite et pour certains d’entre eux proches des identitaires. Ainsi commence la saison 3 du mouvement  lepéniste. La première avait comme réalisateur Jean Marie Le Pen. La seconde s’est déroulée sous la houlette de sa fille qui a tout fait pour tuer le père. La troisième, très prometteuse, est mise en scène par Marine Le Pen elle-même. 

Cette saison est placée sous le signe d’un recentrage radical. Ainsi nait un  nouveau Rassemblement National qui a beaucoup à voir avec le Canada Dry (ça ressemble à l’alcool mais ça n’est pas de l’alcool…). Ce n’est pas encore le MoDem. Mais ce n’est pas loin des Républicains. 

Ces derniers furent dans le passé, en particulier sous la gouverne de Laurent Wauquiez, accusés de se « lepéniser ». Maintenant c’est Marine Le Pen qui se « républicanise ». Aura-t-elle un plus bel avenir que l’église post-conciliaire ? 

La saison 3 sera-t-elle meilleure que les deux qui ont précédé ? N’étant pas critique cinématographique, je ne me hasarderais pas à formuler un jugement. Mais Marine Le Pen devra se souvenir d’une phrase de son père : « les Français préfèreront toujours l’original à la copie ». 

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