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“Nous sommes cette droite majoritaire qu’on n’entend pas”
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Décibels

“Nous sommes cette droite majoritaire qu’on n’entend pas”

A l'UMP, il n'y a pas que la droite populaire. C'est ce que veulent montrer les Humanistes de l'UMP, dont le groupe sera lancé mercredi, sous l'impulsion d'une centaine de députés désireux de replacer l'Homme au centre du débat...

Marc  Laffineur

Marc Laffineur

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants depuis juin 2011

Secrétaire national de l’UMP depuis 2008.

Il a été également député de la 7ème circonscription du Maine-et-Loire jusqu'en juillet 2011.

 

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Atlantico : Vous lancez mercredi un nouveau groupe « humaniste » au sein de l’UMP. Pour quelles raisons ?

Marc Laffineur : Je crois qu’un grand parti politique comme l’UMP doit fonctionner sur deux jambes, et on est quelques-uns, très nombreux même  au sein de l’UMP, à considérer que l’on entend beaucoup la droite populaire. Tant mieux, mais il faut aussi élargir le spectre, il y a tout un côté humaniste qui nous semble vraiment important, qui fait que nous devons formuler des propositions, nous organiser et nous faire mieux entendre.

De plus, nous sommes dans une période économique très difficile, où nos concitoyens sont angoissés. Il est plaisant de pouvoir répondre qu’on ne doit pas oublier que l’économie est au service de l’Homme. On a quelquefois l’impression que cela est oublié. La crise est très forte, tous nos concitoyens se disent « je n’y suis pour rien, je suis écrasé là-dedans, par la finance… ». Je crois qu'il nous faut rappeler cela.

Combien d'élus ont-ils rejoint ce courant humaniste ?

Nous serons plus de 100 parlementaires au sein du groupe UMP, et notre rôle sera de faire des propositions pour l'élection présidentielle. Libre au Président de la République de les suivre s’il le désire. Il faut que l’UMP fonctionne sur ses deux jambes, et la partie humaniste est très importante. Nous ferons donc des propositions pour l’aider.

Notre souci, c’est d’abord de faire réélire notre Président de la République, cela me parait indispensable pour l’avenir de notre pays, et pour ce faire je souhaite justement mettre en avant les valeurs qui nous semblent essentielles : la tolérance, le respect, la justice, l’honnêteté, le travail, l’équité…

Parce que ces valeurs ne sont pas déjà défendues à l’UMP ?

Si elles le sont, bien-sûr. Ce que nous voulons, nous, c’est mettre en avant ces valeurs, et surtout rappeler que l’économie, le pouvoir politique, la transformation de la société, sont d’abord pour l’homme. Et par l’homme.

Le terme "humaniste" n'est-il pas un peu trop générique, fourre-tout ? Peu de gens se disent "non-humanistes"...

Ce terme rappelle bien que dans une période économique comme celle que nous vivons, on a l’impression que l’homme est écrasé. Il faut donc rappeler ce souci constant que l’on doit avoir : être au service de l’homme.

Vous parlez de remettre l’UMP sur ses deux jambes. Cela fait-il de la droite populaire une jambe de bois ?

Je ne suis pas en train de critiquer les uns et les autres. Je défends justement le respect des uns et des autres. Je respecte tout à fait les propositions de la droite populaire, dans lesquelles je me retrouve parfois. Mais certaines propositions sont beaucoup plus humaines, plus respectables. Nous allons nous réunir la semaine prochaine, nous allons travailler en équipe, et mettre au point ces propositions, et nous pensons pouvoir, au début du mois de novembre, les mettre en place.

Il est donc un encore peu tôt pour parler de propositions précises ?

Oui, car nous sommes encore dans la phase constitutive de ce groupe humaniste.

Certains ministres vont-ils vous accompagner ?

Certainement. Nous sommes ouverts à ce que le maximum de personnes puisse venir avec nous. On verra mercredi prochain ceux qui viendront avec nous.

Votre mouvement est-il la conséquence du retrait de Jean-Louis Borloo ?

Non, pas du tout. On en avait parlé dans la presse avant. Nous avons pensé à cela au moment des discours de Grenoble. J’avais à l'époque soutenu le discours du Président de la République, en revanche je n’avais pas apprécié les interprétations faites par les uns et les autres. Nous avons décidé de ce lancement pendant l’été, en nous disant « il faut qu’on puisse parler un peu plus de cela ».

Il y a une semaine, Thierry Mariani nous expliquait qu’il y avait un problème à droite, qu’il n’y avait pas de droite s’affirmant comme telle, et que c’est pour cela qu’ils avaient créé la droite populaire. Le mouvement humaniste n'est-il pas assez présent à l'UMP ?

Je me situe dans une droite modérée. Tous les grands pays, l’Allemagne avec la CDU-CSU et ses courants intérieurs, divisés mais rassemblés autour de valeurs communes, l’Espagne avec le Popular qui est aussi un parti à sensibilités différentes, ont un parti politique fait de divergences et de points communs.

Trouvez-vous qu’on « entend » trop la droite de la droite ?

Oui, il ne faut pas avoir peur de le dire, on a l’impression qu’on entend qu’un seul son de cloche. C’est pourquoi l’on veut élargir les propositions, élargir le champ, et montrer que l’UMP s’occupe de tout le monde.

Vous faites partie de la majorité silencieuse, alors que la droite populaire est une minorité un peu bruyante ?

Tout à fait. Nous n’étions pas assez organisés, et c’est justement cela que nous voulons changer, afin de nous faire entendre et de montrer qu’à l’UMP il y a toute une partie modérée, susceptible de mesures sociales.

Nous sommes, en quelque sorte, le porte-voix de la majorité silencieuse.

Le nom du mouvement est-il définitif ?

Non. Mais appelez-nous les humanistes, parce que c’est ce que nous sommes. Nous sommes légitimistes : nous sommes pour la réélection du Président de la République, mais on est aussi pour le Premier ministre. Nous ne bâtissons pas une nouvelle chapelle, mais encourageons simplement quelque chose d’unioniste et de dynamique.

Sur les ministres susceptibles de vous rejoindre, avez-vous déjà des accords de principe ? 

Tous ceux qui voudront nous rejoindre devront signer la charte que l’on va mettre en place. On ne veut surtout pas revivre les désarrois qu'ont connu les anciennes familles politiques. C’est une véritable philosophie.

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