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Attention danger : 
ils veulent nous faire grossir !
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Malbouffe

Attention danger : ils veulent nous faire grossir !

La malbouffe dénoncée par les deux documentaires "Supersize Me" et "Food Inc" n'en finit plus de faire des ravages dans la société. Premières victimes, les jeunes. Les marques l'ont bien compris et n'hésitent pas à les abreuver de pubs.

Valérie Orsoni

Valérie Orsoni

Valérie Orsoni est experte dans les méthodes de motivation et de coaching. 

Fondatrice du #1 de la perte de poids online LeBootCamp.com, elle est le coach attitré de nombreuses stars et de titres de presse français et américains. Elle a publié La méthode Orsoni aux éditions Reader Digest, Le Sarrasin, tous les secrets de la graine miracle et Un corps de rêve pour les nulsFIRST EDITIONS (1 mars 2012).




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L’estomac d’un adulte peut contenir environ 900 millilitres. En 2010, pas du tout traumatisée par les deux documentaires choquants « Supersize Me » et « Food Inc. », qui montraient comment la « malbouffe industrielle » peut nous rendre malade, gros et coûte plus cher, la chaîne de magasins 7-11 sortait une boisson intitulée le Double Big Gulp (ou la Double Grosse Gorgée), à la taille impressionnante de 1800 millilitres, soit deux fois la taille de l’estomac humain !

Un tel soda apporte 800 calories que l’on appelle « vides », du pur sucre blanc, l’équivalent de 50 cuillères à café de sucre ! Cela représente un tiers de la ration calorique quotidienne recommandée pour un homme ayant une activité moyenne. Les médecins tirent donc la sonnette d’alarme, car de tels apports en sucre, réguliers et massifs, sont la porte ouverte au diabète. Et si vous pensez que remplacer le soda sucré par son équivalent édulcoré va changer la donne, vous n’êtes pas au bout de vos surprises, puisque de nombreuses études ont mis en avant de possibles risques liés à la consommation d’édulcorants de synthèse. Au-delà de ces potentiels dangers (encore contestés par les fabricants de ces édulcorants, influents sur le plan politique), des études indépendantes ont démontré que les sodas light entrainent de toutes façons une prise de poids, à cause du message « sucré » qu’ils envoient à notre cerveau, ce qui incite à prendre des portions plus grandes et augmente le stockage de graisses (Purdue University study -- Behavioral Neuroscience, Vol. 122, No. 1, February 2008).

Physiologiquement, cette boisson à la taille gigantesque provoque une distension de l’estomac à deux fois sa taille « normale ». Par ailleurs, votre estomac ne peut éliminer les liquides qu’au rythme de 200 à 400 millilitres par heure, selon les recherches de Shils (Enteral feeding, in Modern Nutrition in Health and Disease, 8th ed, ME Shils et al (eds), Philadelphia, Lea & Febiger, 1994, pp 1417-1429). De plus, ce taux est valable seulement si votre estomac est complètement vide au moment de la prise de cette boisson énorme. Si c’est le cas, alors il vous faudra au minimum 4h45 pour éliminer ces presque 2 litres de liquide sucré !

Double discours

Le problème, c’est que pendant que Michelle Obama aux USA et le ministère de la Santé en France se battent pour réduire l’obésité en éduquant les enfants à opter pour une meilleure alimentation, en choisissant des portions plus saines, en mangeant plus de fruits et de légumes et moins d’aliments de type « industriel », nous recevons des messages contradictoires de nos marques préférées qui nous aveuglent et nous font modifier nos comportements à coup de pubs non-stop. Autre exemple récent : après avoir développé la notion du quatrième repas, les marques nous parlent désormais d’un 6ème repas, comme par exemple Mac Donald’s dont l'affiche américaine affirme : « 11h00, midi est loin » « 17h00, l'heure du goûter » et le bouquet « 22h00, faim de soirée » !

De son côté, et bien qu’en France les 3 repas par jour soient encore très ancrés, l'agroalimentaire français n'est pas en reste : c'est à qui nous vantera son biscuit de 10h ou le produit lacté de 16h avec des céréales raffinées, sans compter toutes les friandises proposées à notre gourmandise pour nous accompagner devant la télé…

Même la marque "chouchou" des stars en mal de café et de latte bien crémeux se met à nous faire faire n’importe quoi. En effet, Starbucks vient juste de sortir son fameux Trenta, 972 millilitres de liquide prêt à distendre exagérément votre estomac. 

Pourquoi ces "progrès" ou plutôt cette régression face au bon sens ? L’argent, les dollars, les euros que représentent ces nouvelles habitudes alimentaires. Plus on grignote, plus l’industrie alimentaire est contente et se frotte les mains. Et la combinaison sucre + gras appelant à davantage de consommation, une fois tombé dans le piège, il est très difficile d’en sortir (mais jamais impossible, grâce à des programmes style de vie sain comme LeBootCamp). Les industriels et grandes marques jouent également sur notre culture du « toujours plus pour toujours moins » et attirent en conséquence le consommateur avec de plus grandes portions qui coûtent moins cher. On oblitère donc la qualité qui ne rentre pas vraiment dans l’équation.

Jeunesse en danger

L’impact sur les ados est terrible, puisqu’une des vidéos les plus vues par cette tranche d’âge en ce moment montre un jeune garçon « cuisinant » un plat de 45 000 (oui quarante-cinq mille) calories ! Il s’agit d’un plat en verre allant au four dans lequel sont disposés des frites, du fromage, de la crème fraîche, du chili con carne, du jambon, du bacon, du fromage frit et de l’alcool pour arroser le tout ! La télévision s’y met aussi avec une émission qui marche tellement bien aux Etats-Unis que les droits viennent d’être négociés avec une chaine française : « Homme contre Nourriture ». Cette émission met en avant un homme à la recherche des plats les plus riches et les plus caloriques dans chaque ville traversée.

Au cas où les ados ne tomberaient pas dans ces pièges marketing, Pizza Hut continue de nous encercler en lançant sa pizza dont la croûte est fourrée au fromage (238 calories de plus par part et 30 % de plus de graisses saturées). Les autres chaines ne sont pas en reste avec des Triple Burgers ou encore des sandwichs aux frites, créant ainsi une génération d’enfants et d’ados dont le plaisir est déterminé par la quantité de graisse + sucre du plat, le tout relevé par le prix payé, loin du goût des bonnes choses simples…

Alors existe-t-il une solution pour sauver la planète de cette épidémie de malbouffe ? Pas de panacée mais des solutions simples et des initiatives locales qui, à coup de petits pas contribuent à des lendemains « meilleurs » :

  • Payer les villageois qui mangent leurs 5 fruits et légumes par jour ou les payer pour perdre du poids de manière durable (Italie).
  • Interdire la vente de malbouffe dans les écoles élémentaires (Californie).
  • Encourager les petits jardins potagers dans les écoles maternelles (Etats-Unis, Grèce).
  • Interdire les jouets dans les menus fastfood pour les enfants (Californie).
  • Interdire les fastfoods près des écoles pour encourager les étudiants à essayer les menus sains proposés dans les cantines (Angleterre).
  • Proposer des choix de cantines bio et végétariens (Californie et  New York).
  • Développer de véritables cuisines scolaires préparant sur place, et avec le plus de produits locaux possible, des repas équilibrés et parfois bio pour les élèves (en France). Idem pour les cantines d'entreprise.
  • Cours de diététique en classe du primaire dans les écoles (en cours de mise en place en France).
  • Conférences des grands noms de la cuisine française dans les écoles pour parler du bien manger (France).
  • Utiliser les défenseurs des consommateurs pour  faire pression sur les chaînes de restauration rapide (Mac Donalds a arrêté son menu "Supersize "après le documentaire Supersize Me).

Unissons-nous et changeons la manière dont nous mangeons. C’est possible.

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