Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
Le président Emmanuel Macron s'entretient avec des habitants du quartier de La Mosson lors de sa visite à Montpellier le 19 avril 2021.
©Guillaume HORCAJUELO / POOL / AFP

Une phrase terrible

Mais quelle est donc cette mystérieuse loi qui empêche les parents de certains quartiers d'appeler leurs fils Pierre ?

C’est ce qu’a lancé une habitante (voilée) de Montpellier à Macron.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

Le président de la République était en visite à Montpellier. Il s’est rendu dans un quartier qu’on appelait naguère « sensible » et qui répond dorénavant au sympathique vocable de QRR (Quartier de Reconquête Républicaine). 

Dans ce quartier, il y a environ 20.000 habitants. 58% d’entre eux sont sous le seuil de pauvreté. Les dealers y règnent en maîtres. Et s’ils n’ont pas proposé à Macron de lui vendre de shit c’est que le déploiement policier les a découragés. Dans ce QRR, il y a beaucoup à reconquérir…

Une petite foule attendait le président de la République. Une femme voilée lui a alors lancé : « il faut de la mixité ! Mon fils Pierre m’a demandé si le prénom Pierre existait » ! Voilée ce n’est certes pas la meilleure façon de s’intégrer. Mais ne la chicanons pas sur ce point... 

Dans l’école où va son fils, il y a une profusion d’Idriss, de Sofiane et de Mohamed. Cette femme voudrait – et on la comprend – qu’il y  ait aussi des Jacques, des Gérard et des Jean. Peut-être y en avait-il dans le temps. Mais ils sont partis, chassés par l’insécurité, les dealers, certains des Idriss, des Sofiane et des Mohamed aux tentations islamistes. 

Il y a de cela quelques années une de mes filles devait être scolarisée dans l’école Pierre Mendès France, un établissement du XXe arrondissement, situé en bordure du périphérique. Par précaution, je suis allé, avant de l’inscrire, faire la sortie des classes. 

Quasiment tous les élèves étaient issus de la diversité. Je n’ai pas souhaité que ma fille soit considérée comme une étrangère dans son école. Et je suis allé voir le maire de l’arrondissement qui était un ami. Il a levé les bras au ciel : « que voulez-vous que j’y fasse ? ». Puis, compréhensif, il m’a établi une dérogation pour que ma fille soit scolarisée dans un autre établissement. 

Un jour Martin Hirsch, l’actuel directeur de l’AP-HP, avait déclaré que tout irait bien en France quand un Français de souche appellerait son fils Mohamed. Moi je pense que tout ira bien en France quand une immigrée arabe appellera son fils Pierre. C’est ce qu’a fait la mère dont nous venons de parler. Mais elle est bien seule…

Ps : Pendant la visite de Macron un homme a été blessé par balles à Montpellier. Comme quoi, visite présidentielle ou pas. Les affaires continuent là-bas comme d’habitude. 

A lire aussi : Les petits Mohamed ne connaissent plus de petits Pierre : mais à qui la faute ?

A lire aussi : Le macronisme peut-il survivre à la transformation d’Emmanuel Macron en candidat normal ? 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !