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Mais à quels seins (ou fesses) nous vouer ?
©FIAC

Vive l'amour

Mais à quels seins (ou fesses) nous vouer ?

Il y en a de gauche... il y en a de droite... Mais c'est surtout le clitoris qui a la côte.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y a cul et cul. Il y a des culs montrables, et d'autres qui ne le sont pas. Il y a sexe et sexe. Des sexes parfaitement charmants, des sexes qu'ils convient d'interdire. Pareil pour les seins. Ceux qu'on applaudit et ceux qu'on ne saurait voir. 

En cette délicate matière, Madame Bidard, maire adjointe PCF de Paris, est experte. Elle avait été très choquée par la publicité, assez suggestive, d'Aubade, affichée sur les Galeries Lafayette. Mais elle s'est réjouie qu'une chroniqueuse ait montré ses seins à la télévision. Les fesses d'Aubade sont sans doute de droite. Quant aux seins exhibés, tout donne à penser qu'ils doivent être de gauche.

Ce curieux strabisme divergent - un coup je vois, un coup je vois pas -, a conquis l'université de Poitiers. Sur le campus de cette institution vouée à l'intelligence, il y a depuis quarante ans un phallus géant. Il a été érigé par une association étudiante nommée (et bien nommée) "Les bitards". En voilà qui ne s'avancent pas masqués...

Une histoire de potache. Et les blagues de potache volent souvent assez bas, plutôt en dessous de la ceinture. Pour autant, le phallus est là et bien là. Droit comme un chêne. Solide comme un roc. Il a résisté au vent et à la neige. Il n'a pas été érodé par la pluie. Car il est en béton. Et le béton, c'est du dur.

Blasées, les étudiantes passent devant sans un regard pour ce monument à la gloire de la virilité. Pauvre phallus ! Des associations féministes se sont apparemment émues de sa solitude. Et elles ont décidé d'ériger sur le campus un clitoris géant. Elles voulaient le placer amicalement près du phallus. Mais les autorités universitaires ont refusé, craignant sans doute de coupables débordements.

Les associations féministes expliquent leur initiative par leur volonté de rétablir l'égalité hommes-femmes (on ne connaît pas l'avis de Marlène Schiappa sur ce monument poitevin). Un pénis, un clitoris ! C'est ça l'égalité ! En même temps, elles affirment que leur gigantesque clitoris est un symbole de la lutte contre l'excision.

On ignore de quelle matière est fait ce monument qui leur est cher. Acier, pierre, bronze, béton ? Il est sûr en tout cas qu'il résistera à toute tentative d'excision. Il est sûr aussi que les féministes de Poitiers sont connes comme des glands.

Car si elles voulaient vraiment combattre l'excision, elles auraient dû construire leur clitoris géant dans un pays d'Afrique noire ou du monde arabe. L'excision est, n'en doutons pas, une mutilation horrible et détestable. Mais l'excision de la connerie serait une activité de salubrité publique.

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