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Macron et le colonialisme : tempête dans un verre d'eau (trouble)
©Reuters

Le temps béni des colonies

Macron et le colonialisme : tempête dans un verre d'eau (trouble)

Alors comme ça, on avait discrètement réhabilité le colonialisme et on ne m'en avait rien dit ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Le « politiquement correct », dont on critique à juste titre les excès, n'est pas crétin que dans un sens. Et si l'on a parfaitement le droit d'ironiser sur cette police de la pensée qui balance des contraventions dès qu'un propos un peu leste irrite telle ou telle micro-catégorie hyper-sensible de la population, on est tout aussi fondé à lever les yeux au ciel en écoutant les réactions aux déclarations de Macron en Algérie.

Ainsi, le candidat d'En Marche aurait commis « une faute politique et historique » en rappelant que débarquer dans un pays qui n'est pas le sien pour en exploiter les ressources et les populations, voire massacrer ces dernières à l'occasion, n'a rien d'admirable... Et sa manière, peut-être un peu hyperbolique, OK, de décrire la colonisation prouverait que le bonhomme « méprise » et même « déteste » la France...

Quelle bêtise...

Jusqu'à nouvelle évolution du regard que l'histoire, la morale, la démocratie et la philosophie portent sur la colonisation, il s'agit essentiellement d'une belle saloperie que même la liste des infrastructures ferroviaires et autres bâtiments publics abandonnés par les anciens maîtres ne saurait atténuer.

Bien sûr, il faut se méfier d'une relecture anachronique des événements du passé qui ne conduirait qu'à une espèce de repentance mièvre et vide de sens. Mais s'il se trouve encore, en 2017, des gens pour considérer que, d'une certaine manière, tout bien considéré, l'appropriation violente d'un territoire est légitime, on est curieux de connaître leur réévalution de l'occupation de la France par les Allemands (ils ont conceptualisé le Grand Paris avec soixante-dix ans d'avance, après tout).

On peut toujours reprocher aux Algériens de n'avoir pas fait grand chose de leur indépendance, transformant un pays riche de pétrole et de perspectives en une oligarchie soviéto-islamique assez peu enthousiasmante, mais faire son malheur toute seule et sans assistance de l'extérieur est précisément la prérogative d'une nation souveraine. Le temps des colonies, ce n'était pas le bon vieux temps.

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