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Macron est passé à droite ! Il ne nous reste donc plus qu'à passer à gauche…
©REGIS DUVIGNAU / POOL / AFP

Caméléon

Macron est passé à droite ! Il ne nous reste donc plus qu'à passer à gauche…

Grand est le savoir-faire du Président de la République. Mais pas sûr que ça marche !

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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En 2017, lors de la campagne électorale, il fit dans le "ni… ni…" et dans le "en même temps". Ni de gauche ni de droite. En même temps de gauche et de droite. En conséquence de quoi il fut élu. L'heure n'est plus à ce genre de minauderies. Car un vent mauvais souffle sur la France. Il fait ployer Nathalie Loiseau dont la liste est à la peine.

Vu la panique, un ministre a sonné le tocsin : "il nous faut chercher les voix avec les dents". Macron a les dents longues et pointues. Il les a sorties. Et où chercher des voix sinon à droite ? Edouard Philippe a été jugé légitime – il ne vient pas de la gauche – pour amorcer cette entreprise de séduction. Il a choisi, à bon escient, le Figaro, pour rappeler qu'il était de droite. Une "droite moderne", a-t-il pris le soin de préciser, mais une droite quand même.

Puis c'est Jean-Pierre Raffarin qui a suivi dans un discours genre père noble. Avec des spasmes amoureux, il a indiqué qu'il était toujours de droite, se référant à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Une façon limpide de faire comprendre que Macron était leur héritier. Ce qui n'a pas empêché Nathalie Loiseau, qui n'est pas à une contradiction près, de dire que la droite actuelle se rapprochait beaucoup de l'extrême-droite.

Il n'est pas sûr pour autant que cela suffise. Macron doit encore faire un effort pour convaincre les électeurs dont il convoite les votes que les listes de droite sont en fait de gauche. Dans le cas de Marine Le Pen, ce sera un peu difficile puisque Florian Philippot l'a quittée. Mais le talent caméléonesque de Macron trouvera forcément quelque chose. Pour lui, François-Xavier Bellamy, ce sera chose aisée : il a lu les philosophes grecs, il est cultivé, on le présentera donc comme un intellectuel de gauche.

Ensuite, lors de l'assaut final, on passera au stade supérieur consistant à faire peur au bourgeois. Les porte-paroles du macronisme dénonceront le péril rouge et dessinerons la vision apocalyptique de hordes de miséreux se ruant à l'assaut de Neuilly, Auteuil, Passy. On vous le dit, le macronisme est en pleine renaissance droitière. Et ça donne furieusement envie d'être de gauche…

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