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Macron, 25 avril, 18h: RAS
©FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Calme plat

Macron, 25 avril, 18h: RAS

Le président de la République s'en est tiré à bon compte. Mais le compte n'y est pas!

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Hier soir Emmanuel Macron annonçait aux Français une série de mesures supposées guérir leur vague à l'âme.  À première vue, elles semblent plutôt sympathiques et peut-être même utiles.  Je laisse à d'autres le soin de les commenter, de les applaudir, ou de les critiquer.  

Le problème avec Macron est qu'il a le même défaut que celui que Raymond Aron reprochait à Valery Giscard d'Estaing: il ne sait pas que l'Histoire est tragique.  Il a la conviction que tout peut se raccommoder avec quelques analgésiques alors qu'une opération chirurgicale s'impose.  

Une comparaison historique peut permettre d'y voir plus clair.  Le 14 juillet 1789, un courtisan entra dans les appartements de Louis XVI.  "Sire, la populace a pris d'assaut la Bastille!".  "C'est une révolte?".  "Non, Sire, c'est une révolution.".  

Louis XVI était un roi plutôt débonnaire.  Macron est un président qui, comme lui, a horreur du sang.  Pour l'un comme pour l'autre, il était impensable de faire tirer sur le peuple.  Le roi baissa la tête, espérant que la tempête se calmerait.  

Il avait dû se résoudre à convoquer les États Généraux, avec leurs cahiers de doléances.  Un Grand Débat avant la lettre...  Quand les États Généraux décidèrent de se réunir en permanence, il obtempéra.  "Nous sommes ici par la volonté du peuple et n'en sortirons que par la force des baïonnettes.", lança Mirabeau aux envoyés de Louis XVI qui sommaient les parlementaires de se disperser.  Les baïonnettes restèrent au placard.

Puis le roi accepta la cocarde tricolore.  D'autres concessions suivirent.  Louis XVI imagina ainsi sauver son trône.  Macron sera peut-être obligé de faire de même pour garder son domicile élyséen.  Bien sûr il ne finira pas comme Louis XVI.  

Ce n'est ni vraisemblable ni souhaitable contrairement aux pulsions haineuses de quelques Gilets Jaunes.  Reste que Macron n'a pas compris que les Français avaient soif surtout de considération et d'empathie.  Pourtant ce sont des sentiments dont il n'est pas dépourvu.  Mais il les réserve à lui-même, à Brigitte et à son chien Némo.  

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