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Ma lettre au Père Noël (2/5) - Augustin Paluel-Marmont, Michel et Augustin : "Exclusif, le discours des vœux de François Hollande du 31 décembre 2013"
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Série de Noël

Ma lettre au Père Noël (2/5) - Augustin Paluel-Marmont, Michel et Augustin : "Exclusif, le discours des vœux de François Hollande du 31 décembre 2013"

Retrouvez chaque jour, durant les fêtes de fin d'année, la lettre au Père-Noël d'un dirigeant d'entreprise. Aujourd'hui, la lettre d'Augustin Paluel-Marmont, cofondateur de Michel et Augustin.

Augustin Paluel-Marmont

Augustin Paluel-Marmont

Augustin Paluel-Marmont est cofondateur et dirigeant de la marque alimentaire Michel et Augustin. En 2003, avec son ami Michel de Rovira, il fonde Michel et Augustin. Depuis, la marque est distribuée aux États-Unis, en Belgique, Suisse, Russie, Japon et à Singapour. Artémis, la holding de la famille Pinault est monté à 70 % du capital à l’été 2013.

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Cher Père Noël,

Je suis père de famille, entrepreneur et citoyen français. J’aime profondément mon pays. Je suis apolitique. Je rêve d’un cadeau pour la France. Je rêve que notre Président de la République François Hollande prononce le discours suivant lors de sa présentation des vœux aux Français le 31 décembre 2013 à 20h. Monsieur le Père Noël, déposez s’il vous plait ce cadeau au pied du sapin de tous les français. C’est très TRES important.

Merci. Je crois à la magie de Noël.

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"Mes chers compatriotes, de métropole, d’outre-mer et de l’étranger,

Depuis plusieurs années, nous traversons une crise profonde, aggravée par la situation économique internationale : dette record, taux de chômage historiquement haut, pression fiscale insupportable… La raison est simple. Personne, moi compris, n’a jamais eu le courage d’entreprendre les réformes nécessaires pour adapter notre modèle français à la nouvelle donne mondiale. Et donner à notre pays, les atouts pour retrouver durablement le chemin de la croissance et de la prospérité.

Le dernier budget à l’équilibre de l’Etat date de… 1974 ! Depuis près de 40 ans, nous dépensons plus d’argent que nous en avons !
L’année prochaine, le déficit du budget 2014 atteindra 82 Mds d'€, soit un déficit de 28%. Aujourd’hui, la dette publique est de 2 000 Mds d'€. L’année prochaine, 47 Mds iront directement au remboursement des intérêts de cette dette. Rendez-vous compte, la charge de la dette représente aujourd'hui le deuxième poste budgétaire de l'Etat, pratiquement à égalité avec l'Education nationale.

Nous sommes au bord du précipice. Nous sommes paralysés par la complexité et la lourdeur de notre administration, nous sommes embourbés dans nos acquis sociaux, incapables d’aborder sereinement et de manière constructive des sujets devenus totalement tabous : le coût du travail, le dialogue social, l'égalité devant l'impôt, le nombre de fonctionnaires, l’immigration, l’assistanat, les 35 heures, l’ISF…

Et pourtant, nous avons en France des atouts et des talents exceptionnels : une démographie dynamique, une situation géographique idéale, des infrastructures de grande qualité, une vitalité des grands groupes, des Français qui ont une grande capacité de travail, une maitrise de la complexité, l’esprit de synthèse et une créativité reconnue, un leadership majeur dans les sciences de la vie, les transports, le nucléaire, la gastronomie, la restauration, le tourisme, la culture, l’art de vivre et le luxe.

Nous avons tout pour rayonner dans le monde. Nous, élites politiques, de droite comme de gauche, avons failli. Notre énergie et nos talents ont été concentrés quasi exclusivement sur la conquête et la conservation du pouvoir. Nous avons été incapables de vous dire la vérité de peur d’être sanctionnés dans les urnes. Nous avons été incapables de  bâtir un vrai et ambitieux projet pour notre pays. Aujourd’hui, nous vous devons la vérité. Il n’est plus possible d’attendre.

Si des pays ont réussi à se réformer comme la Suède, les Pays-Bas, le Canada, nous le pouvons aussi. Il n’y a pas de fatalité. De nombreux rapports ont été écrits : Gallois, Attali, Camdessus, Cour des Comptes... Nous savons tous ce qu'il faut faire, il suffit juste de le faire. Mon mandat court jusqu’en mai 2017. Soit encore 3 ans et demi. J’ai décidé d’engager dès maintenant un profond mouvement de réformes sans précédent articulé autour de 3 axes :

- La moralisation profonde de la vie politique,
- Une réduction massive de la dépense publique et un budget à l’équilibre dès 2015,
- Et enfin un vrai plan de simplification qui permettra de réduire au strict minimum toutes les normes, libérer les énergies, et de faire confiance aux citoyens.

Jean-Marc Ayrault m’a présenté ce matin sa démission et celle de son gouvernement. Je les ai acceptées. J’ai nommé X* (cf. note en bas de page) Premier Ministre. Il présentera aux français demain matin son gouvernement d’union nationale entièrement tourné vers un seul objectif : réformer notre pays immédiatement, en profondeur et dans un souci de justice sociale. Avec le Premier X* et le nouveau gouvernement, nous vous présenterons le jeudi 16 janvier à 20h en détail l’ensemble de ces réformes.

Mes chers compatriotes, chacun d’entre nous devra faire des efforts importants pour participer au redressement du pays. Certains essaierons sans doute de nous y empêcher mais rien ne pourra me faire renoncer. Comme le déclarait John Fitzgerald Kennedy lors de son discours d’investiture en 1961 : "Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays. »

Pour mener ce programme de réformes dans le seul intérêt national et sans aucune arrière-pensée électorale, je prends solennellement ce soir, devant vous, l’engagement définitif de ne pas me représenter à la Présidence de la République en 2017. Et de quitter la vie politique et publique à l’échéance de mon mandat. Je renoncerai aussi à l’ensemble des mes avantages acquis au titre d’ancien Président de la République et des divers postes que j’ai occupés précédemment.

Je demande aux futurs candidats à l’élection présidentielle de 2017 de se rassembler et de soutenir ce mouvement de réformes que j’engage avec le Premier Ministre X* et son gouvernement, Je souhaite que les futurs candidats présentent en détail aux Français dès septembre 2016 :

- leur projet pour la France,
- leur feuille de route, ministère par ministère,
- et leur équipe.

Enfin, je les exhorte à dire la vérité, simplement et courageusement. Ce soir, un nouveau chapitre de l’histoire de France s’ouvre. Crucial, courageux, passionnant, ambitieux et plein d’espoir. Vive la République. Vive la France."

Monsieur le Président de la République, François Hollande.
Palais de l’Elysée, le 31 décembre 2013.

* Qui est X ? La réponse n’est pas facile ! Je pense très fort à Didier Migaud, Alain Juppé, Louis Gallois, Pascal Lamy, Christine Lagarde. En tout cas, ils doivent tous être dans le gouvernement d’union nationale. Je laisse François Hollande choisir.

Augustin Paluel-Marmont.
Cofondateur de Michel et Augustin.

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