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Le Barca, modèle de club
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Ligue des champions

Le Barca, modèle de club

La victoire du FC Barcelone dans la Ligue des Champions est un modèle du genre. Le club en est un aussi.

Philippe David

Philippe David

Philippe David est cadre dirigeant, travaillant à l'international.

Il a écrit trois livres politiques : "Il va falloir tout reconstruire", ouvrage qui expliquait le pourquoi du 21 avril,  "Journal intime d'une année de rupture", sorti en 2009 aux éditions de l'Ixcéa, qui retrace les deux premières années de présidence Sarkozy et  "De la rupture aux impostures", Editions du Banc d'Arguin (9 avril 2012). 

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« Tot el camp es un clam », tout le stade est un cri…Ainsi commence l’hymne du FC Barcelone. Avec la mondialisation de football, notamment celle de la Ligue des Champions,  et le niveau de jeu montré par cette équipe ce n’est plus un stade mais le monde entier qui est un cri. Le Barça est en effet devenu en 5 ans le Graal du football mondial tant en termes de collectif, que d’individualités, que d’état d’esprit (le brassard de capitaine offert à Abidal, opéré il y a quelques semaines d’une tumeur au foie, pour brandir la coupe alors qu’il ne l’avait pas au coup d’envoi est emblématique de ceci).

Durant la finale de hier soir, les commentateurs ont répété à l’envi que « cette équipe était en termes de jeu collectif la plus grande équipe de tous les temps, voir la plus grande équipe de tous les temps tout court ». La question mérite en effet d’être posée au vu de la qualité de jeu démontrée face à des mancuniens qui, bien qu’ayant survolé le championnat d’Angleterre, ont été cantonnés au rôle de faire valoir et qui n’ont pu se mettre en valeur qu’une fois en marquant un but entaché d’une position de hors jeu de Giggs. On dit d’habitude que pour faire un grand match il faut être deux, le Barça renverse cette théorie vieille comme le sport en démontrant qu’on peut faire un grand match en étant la seule équipe sur le terrain, chose suffisamment remarquable pour mériter d’être signalée.

Alors, plus grande équipe de tous les temps ? En terme de clubs, seules trois équipes peuvent soutenir la comparaison : Le Real Madrid 1956-1960, l’Ajax Amsterdam 1971-1973 et le Milan AC 1989-1994 ( le 5-0 réalisé par cette équipe en demi finale contre le Real Madrid en 1989 est, si ma mémoire est bonne, le dernier match avant celui de hier soir à avoir prouvé le fameux théorème qu’en des cas rarissimes un match peut-être grandiose avec une seule équipe sur le terrain). Ces trois équipes ont en effet des caractéristiques communes : avoir dominé outrageusement pendant une période de 3 à 5 ans le football européen ; avoir eu une qualité de jeu exceptionnelle ; avoir en son sein au moins trois joueurs hors normes plus un joueur d’exception qui fait la différence dans les grands évènements (Di Stefano dans le premier cas, Cruyff dans le second, Van Basten dans le troisième, Messi pour le Barça d’aujourd’hui).

Il est incontestable que le Barça répond à ces trois critères et peut légitimement postuler au titre aussi hypothétique qu’honorifique de « plus grande équipe de tous les temps » mais avec une chose en plus que n’avaient ni le Real, ni l’Ajax, ni le Milan AC : il est le premier club à dominer ainsi après l’arrêt Bosman.

Quelle est la différence me direz vous ? Avant cet arrêt, tous les clubs jouaient avec 8 ou 9 nationaux et 2 ou 3 joueurs étrangers tandis que depuis cet arrêt il n y a plus de limites, un club anglais pouvant jouer sans un seul anglais et un club italien sans un seul italien (Chelsea et l’Inter Milan l’ont fait maintes fois). Ainsi, il n’y a plus aucune règle, pas même celle de l’argent, les clubs du top 3 européen (Espagne, Angleterre, Italie) cumulant des déficits abyssaux contrairement aux clubs français ou allemands qui sont supervisés par une autorité (la DNCG en France). Pourtant, le Barça arrive à s’imposer avec 7 espagnols sur le terrain au coup d’envoi alors que son adversaire n’avait aligné que 3 anglais et que son prédécesseur, l’Inter Milan, avait gagné la dernière Ligue des Champions en alignant aucun italien jusqu’à la…92ème minute de la finale. Raison de plus pour tirer notre chapeau au Barça qui, parmi ses joueurs, en a formé 7 (tous les espagnols sauf David Villa et Lionel Messi). Cette équipe a donc bien quelque chose en plus.

« Mes que un club », plus qu’un club, telle est la devise du Barça. C’est aujourd’hui aussi plus qu’une équipe.

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