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Libye : le point 
sur l'efficacité des frappes
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OTAN vs. Kadhafi

Libye : le point sur l'efficacité des frappes

"Il est temps pour Kadhafi de s'en aller" a déclaré le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen ce lundi. Le colonel libyen, lui, résiste toujours face aux insurgés et aux frappes de la coalition. Le général Jean-Bernard Pinatel dresse pour Atlantico un bilan des opérations.

Jean-Bernard Pinatel

Jean-Bernard Pinatel

Général (2S) et dirigeant d'entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.

Il est l'auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014. En mai 2017, il a publié le livre Histoire de l'Islam radical et de ceux qui s'en servent, (éditions Lavauzelle). 

Il anime aussi le blog : www.geopolitique-géostratégie.fr

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Conscient que l’on ne gagne pas une guerre avec de seules frappes aériennes, la stratégie de l’OTAN est révélée par le bilan des cibles visées par ses frappes.

En effet, en compilant les communiqués diffusés quotidiennement par l’organisation atlantique entre le 15 avril et le 27 mai et publiés sur son site,on constate que sur 839 tirs effectués, les dépôts de munitions ont été visés 315 fois et les postes de commandement et de contrôle 60 fois, essentiellement à Tripoli (26) et à Sirte (17).

Quant au potentiel de combat libyen : 73 chars et 71 canons ou lance-roquettes ont été détruits dont la moitié à Misratah (respectivement 29 et 28), à Zitan (13 et 13) à 60 km à l'ouest de Misratah et à Brega (10 et 13).

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Ainsi il apparaît clairement que l’OTAN a choisi de priver les forces du colonel Kadhafi de munitions et de moyen de commandement et ne s’est attaqué aux forces de combat (blindés et lance-roquettes multiples ou canons), objectifs très fugitifs, que lorsque la situation sur le terrain l’exigeait comme à Misratah et à Zitan où se trouvait le deuxième échelon des forces libyennes et à Brega pour protéger la ville de Aydabiya.

La Libye étant soumise à un blocus maritime et à un embargo militaire, dès que les insurgés, entrainés et armés, reprendront l’offensive, ils ne trouveront plus, face à eux, des forces capables de mener des combats de haute intensité, faute de munitions.

Cette stratégie a aussi l’avantage de limiter les pertes de la population civile, les dépôts de munitions se trouvant dans des endroits relativement isolés et de minimiser les risques de méprises entre amis et ennemis.

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