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L’ensemble des bourses mondiales a clôturé le 1er semestre de l’année en mode panique.
L’ensemble des bourses mondiales a clôturé le 1er semestre de l’année en mode panique.
©JOHANNES EISELE / AFP

Atlantico Business

Les marchés financiers ouvrent le 2e semestre 2022 sur des risques de panique

Les bourses mondiales ont clôturé le 1er semestre de l’année en baisse, après plus de dix années de hausse quasi ininterrompue. La guerre en Ukraine a provoqué une inflation sur les énergies et les matières premières. Mais pas que : le système mondial aura du mal à digérer les mutations écologiques.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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L’ensemble des bourses mondiales a clôturé le 1er semestre de l’année en mode panique. Le bilan global du 1er semestre 2022 est assez désolant :

Dow-Jones: -14,2%

Nasdaq: -28,8%

Dax (all): -19,34

FTSE (GB) : -2,92%

Nikkei : -9,29%

Cac 40 : -17,2% 

La Bourse de New York a fini en baisse le premier semestre de l’année.Les indices accusent leur plus forte baisse depuis une décennie, le début de l'année a été perturbé par l'épidémie de coronavirus qui s’est réveillée, par la guerre en Ukraine et l'inflation galopante notamment aux Usa. L’indice Dow Jones a cédé 0,82%, ou 253,88 points, à 30 775,43 points. Le S&P-500, plus large, a perdu 33,45 points, soit -0,88%, à 3 785,38 points. Le Nasdaq a reculé de son côté de 149,16 points (-1,33%) à 11 028,74 points. En fait, le S&P 500 a enregistré sa plus forte baisse en pourcentage pour un premier semestre depuis 1970. Le Nasdaq a affiché sa plus forte baisse en pourcentage pour la période janvier-juin, et le Dow, sa plus forte baisse en pourcentage au premier semestre depuis 1962.Du côté européen, le bilan est moins grave mais tout aussi inquiétant.

La moyenne des reculs des plus grandes bourses de l’union européenne est de -9,38 %. Sur le Cac 40, le semestre qui vient de s'achever est entré dans l’histoire comme le troisième pire premier semestre du Cac 40 (-17,2% contre -17,43% au premier semestre 2020 et -21% à fin juin 2008). Le dernier jour, l’indice a perdu 1,8% à 5.922,86 points, d’où une baisse de presque 20% depuis son record de début janvier.

Le climat boursier dans le monde entier a été bousculé par l’agitation qui a régné dans les banques centrales. A commencer par la réserve fédérale américaine qui a confirmé la hausse des taux d’intérêt. Les hésitations de la BCE vont un peu dans le même sens. Après avoir vécu pendant des années avec des taux d’intérêt à Zéro, les milieux d’affaires font l’apprentissage d'un durcissement des politiques monétairescomme moyen rapide de juguler l’inflation qui se repend partout sur la planète.

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Actuellement, l’inflation atteint en moyenne les 9 à 10%. Les indices américains sont très chauds, les indices européens sont très stressés ce qui revient un peu au même. Pour le moment, l’activité économique est très freinée aux alentours de 2 à 3%. La thérapie par le relèvement des taux d’internet est donc extrêmement menaçante pour la croissance. Relever les taux c’est de facto refroidir les moteurs en coupant leur alimentation en crédit, mais à trop couler ces moteurs on risque l’arrêt et la récession. D’où la peur panique d’un krach boursier cet été.

La source de toutes ces difficultés se cache dans l’inflation galopante depuis quelques mois et ce qui rend la tâche des responsables de l’économie très compliquée, c’est que cette inflation est le résultat de mouvement très fort et très diffèrent. 

1…le catalyseur de l’inflationse cache dans la guerre en Ukraine qui a coupé beaucoup de canaux d’approvisionnement des pays consommateurs de carburant (gaz et pétrole) et de produits agro-alimentaire. La guerre en Ukraine a fermé les importations de blé mais aussi perturbé énormément de fabrications de produits d’origine chimiques ou entrants (input) dans l’agriculture. Les prix de l’essence, du diesel, du gaz et par conséquent des transports ont explosé, le prix des céréales également. A priori, cette inflation-là très identifiée, devrait se calmer dès que la guerre en Ukraine débouchera sur une négociation capable d’aboutir à un accord de paix. Par ailleurs, on peut penser que les marchéstrouveront les conditions d’un nouvel équilibre grâce à des approvisionnements alternatifs. Le problème c’est que la guerre en Ukraine n’est pas la seule cause de l’inflation

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2…Cette inflation a démarré pour une grande part avant la guerre, avant les sanctions et durera sans doute longtemps après. Elle est imputable à deux mutations structurelles auxquelles on n’échappera pas : d’abord les effets d’une démondialisation partielle, de l'organisation internationale des économies, ensuite les effets-prix de la mutation écologique et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le rapatriement des productions vers les centres de consommation va renchérir les conditions de prix. Qu’on le veuille ou non, le made in France va couter plus cher que le made in China.

La lutte pour l’environnement et contre le réchauffement climatique va aussi peser sur les prix de revient. L’intégration du prix du carbone, la production bio vont couter cher aux consommateurs. Une voiture électrique coute presque 50 % plus cher que la voiture à moteur thermique. Le bio franco français de proximité finit par couter 35 à 40 % plus cher qu’une production classique

Ces facteurs là (proximité et écologie) expliquentl’état d'esprit des boursiers qui estiment en plus que cette pédagogie n’a pas été faite. D’où les risques sociaux de désordre et d’incertitude.

Ces facteurs agissent sur le long terme. L’inflation est dont inscrite sur le long terme. Elle ne se règlera pas par de simples chèques d’argent public au consommateur.

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