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Il fait trop chaud pour travailler ? Ce n'est pas une blague et ça pourrait coûter (très) cher à l'économie mondiale
©Reuters

Trop chaud pour travailler

Il fait trop chaud pour travailler ? Ce n'est pas une blague et ça pourrait coûter (très) cher à l'économie mondiale

Des températures trop élevées ont tendance à nous rendre moins productifs au travail. De ce fait, l'économie devrait passer à côté de 2000 milliards de dollars - soit mille huit-cents milliards d'euros - d'ici 2030.

Vous en êtes à votre troisième thé glacé de la journée et le ventilateur tourne à sa puissance maximale, mais rien n'y fait. Il fait trop chaud pour travailler, et ce n'est pas une question de motivation. Vous sentez bien qu'étouffé par cette chaleur épaisse, vous n'êtes pas aussi productif que vous l'êtes habituellement. Et encore, penser aux ouvriers du bâtiment et aux fermiers qui poursuivent leur dur labeur sous le cagnard vous réconforte un peu : il y a de pires conditions que la vôtre.

La pénibilité du travail en temps de forte chaleur n'est pas un caprice de salarié, mais un fait. Ces températures affectent bel et bien notre productivité, à tel point que selon Tord Kjellstrom, chercheur au Health and Environment International Trust basé en Nouvelle-Zélande, le manque à gagner mondial pourrait s'élever à 1,8 billion d'euros, soit mille huit-cents milliards d'euros, d'ici 2030. À titre de comparaison, le Produit intérieur brut des États-Unis est évalué à 18,7 milliards de dollars, soit 17 milliards d'euros. L'étude, alarmante, a été relayée par l'Onu le 19 juillet 2016 et publiée sur le site Asia Pacific Journal of Public Health.

Productivité en berne

La chaleur affecte négativement la productivité des travailleurs. Les pays en développement seraient les plus touchés, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, rapporte le site Quartz. C'est en observant les données disponibles de quarante-trois pays qu'un modèle a pu être établi pour estimer ces pertes économiques. En tête de ce malheureux classement, on retrouve le Ghana, le Nigeria, l'Indonésie, la Thaïlande et les Philippines, qui devraient perdre entre 6,5 et 5,9 % de Pib d'ici une quinzaine d'années. L'Inde et la Chine, quant à eux, devraient laisser filer respectivement 3,2 et 0,8 % de leur Pib, soit au total 450 milliards de dollars (410 milliards d'euros).

"À cause du stress dû à la chaleur, nous ne pouvons pas garder la même intensité de travail. Nous allons assister à une réduction de la productivité et à plus de temps de repos dans les industries intensives. Les pays riches, eux, ont les ressources financières nécessaires pour s'adapter au changement climatique", confie Tord Kjellstrom au site Bloomberg.

Changement climatique

Dans certaines régions, les fortes chaleurs obligent déjà à des aménagements de plannings. En Asie du Sud, 20 % d'heures de travail annuelles auraient déjà été perdues dans les secteurs professionnels les plus exposés aux températures élevées, indique Le Figaro. D'ici 2050, ce ratio pourrait encore doubler.

Comme le rappelle BFM, cette étude ne pointe pas que les conséquences de la chaleur sur la productivité mais du changement climatique dans sa globalité sur l'économie. Cyclones, inondations, glissements de terrains : autant de facteurs à prendre en compte pour estimer les pertes que subiront les pays les plus exposés. Ainsi, les pays qui souffriront le plus économiquement du changement climatique seront Tuvalu, les Maldives et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui perdront respectivement 24, 16 et 12% de leur Pib. 

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