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Ce compte à rebours enclenché par les Etats-Unis pour vaincre l'Etat islamique avant le départ de Barack Obama de la Maison Blanche
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THE DAILY BEAST

Ce compte à rebours enclenché par les Etats-Unis pour vaincre l'Etat islamique avant le départ de Barack Obama de la Maison Blanche

Encore quelques mois, et le mandat de Barack Obama s'achèvera. Ce qui signifie qu’il est sous pression pour marquer une avancée majeure contre Daech avant de quitter la Maison Blanche.

Nancy A. Youssef

Nancy A. Youssef

Nancy A. Youssef est une journaliste égypto-américaine. Elle est correspondante pour The Daily Beast.

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Nancy A Youssef. in The Daily Beast.

 A entendre les milieux du renseignement américain et de la sécurité nationale, l'Etat islamique est sur le point de perdre sa capitale en Irak. Au cours des 10 derniers jours, les deux généraux qui coordonnent l’effort de guerre américain au Moyen-Orient ont promis que la ville de Mossoul allait être libérée des mains de l'Etat islamique prochainement. Donner les détails sur les opérations militaires prévues est généralement perçu comme une idiotie, mais le commandement américain va jusqu'à laisser deviner quelles opérations auront lieu dans les prochaines semaines.

Pendant ce temps, selon un officiel américain, les politiques encouragent la coalition menée par les Américains et les forces irakiennes à prendre Mossoul avant la fin du mandat d’Obama, pour lui offrir une sortie auréolée de victoire militaire. "Ce serait une façon de sortir en beauté," a déclaré un officiel américain. La Maison Blanche "serait ravie de nous voir prendre Mossoul" avant la fin du mandat en Janvier 2017. Cela fait sens : quel général voudrait laisser une guerre en chantier à un Donald Trump, commandant en chef des armées ?

Les militaires nient que des calculs politiques dirigent leur feuille de route. Ils veulent plutôt prendre Mossoul pour profiter de la dynamique de la guerre qui est, d’après eux, de plus en plus défavorable à l'Etat islamique. Ils font référence à un l'Etat islamique affaibli qui n’a pas pu garder la ville syrienne de Jarabulus le mois dernier, ni garder la ville de Dabiq au sud-ouest, ni reprendre, malgré ses efforts répétés, mais vains, la ville d'Al Chaddadeh, à l’est de la Syrie et sur la route de l’Irak.

Lorsque l'Etat islamique a tenté de reprendre la ville, ses combattants ont échoué. Plus récemment, malgré de lourds combats, l'Etat islamique n’a pas réussi à garder le contrôle de la ville stratégique de Manbij au nord de la Syrie ni de Falloujah, dont le siège avait duré 3 mois. Depuis, les Turcs ont fermé leurs frontières dans la région de Manbij, rendant plus difficiles les mouvements de troupes du groupe terroriste en Syrie et en Irak. "Pour la première fois, je pense qu’on peut vraiment croire à Mossoul" a confié un officiel de la Défense américaine au Daily Beast. Mais ferait-il preuve d'une confiance excessive ? Certains Américains craignent que ce soit le cas.

Ils font référence au récent limogeage du ministre irakien de la Défense dans un conflit où beaucoup repose sur les forces irakiennes, qui sont les représentantes de la coalition occidentale sur le terrain. La volonté américaine de répéter continuellement que l’objectif reste Mossoul, et ce pour la fin de l’année, est une façon de garder les forces irakiennes sur le qui-vive.

Ces officiels notent également que les combats entre Kurdes qui ont lieu en Irak et en Syrie pourraient affaiblir les forces sur le terrain au moment de combattre l'Etat islamique. De plus, il y a une inquiétude sourde, provoquée par la volonté de l'Etat islamique de préserver ses effectifs pour les batailles de Mossoul et de Raqqa en Syrie. Raqqa est également considérée comme une capitale du Califat. Des rapports indiquent que les forces sur le terrain s’attendent à ce que l'Etat islamique utilise des armes chimiques lors de la bataille de Mossoul. "Il devient très difficile de prédire où l'Etat islamique va, ou ne va pas, se battre," dit Jennifer Cafarella, analyste de la Syrie à l’Institut d’études de guerre de Washington. "Donc, il est difficile de savoir s’ils perdent réellement du terrain ou s’ils préservent leurs forces." Le général Joseph Votel, commandant au Commandement central des Etats-Unis, s’est dit surpris que l'Etat islamique se soit battu pour Manbij mais pas pour Jarabulus. "Ce qui est intéressant pour moi, c’est de voir que la bataille de Manbij s’est déroulé sur 74-75 jours" a déclaré le général Votel à des journalistes au Pentagone mardi dernier. "Quand on regarde Jarabulus, on voit que lorsque la coalition a mis la pression, ils ont très vite abandonné le terrain."

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Les critiques font remarquer que les victoires militaires ne rendent pas la situation politique en Irak et en Syrie plus stables pour autant. Qui dirigera Mossoul après le retrait de l'Etat islamique ? Et comment ? "Les opérations militaires sont encore distinctes des efforts politiques" explique Mme.Cafarella. Quant aux Turcs déployés dans la région autour de Manbij, certains pensent que c’est pour en chasser les Kurdes plus que l'Etat islamique. Cette offensive-là ne causerait donc aucun dommage au groupe terroriste.

Les Turcs prennent possession de villages qui n’étaient pas sous contrôle de l'Etat islamique, mais plutôt de la coalition pro-américaine et qui avait déjà battu le groupe terroriste. Les Turcs ont déclaré que les Kurdes ne devaient pas se trouver à l’ouest de l’Euphrate. Mais pour prendre Manbij, ils ont dû le faire et avec le soutien des Américains. Il est maintenant entendu que les Kurdes doivent abandonner Manbij après avoir battu l'Etat islamique.

Les Kurdes ont joué un rôle-clé dans la prise de villes contrôlées par l'Etat islamique à l’est de la Syrie. Mais pour l’instant, rien n’indique qu'ils aient la volonté de se battre pour une ville à majorité arabe sunnite, comme Raqqa, la capitale de l'Etat islamique. Le commandant en chef des forces américaines en Irak, en charge de la guerre contre l'Etat islamique, a déclaré que la ville de Mossoul en Irak et de Raqqa en Syrie, capitale du 'Califat', tomberaient toutes deux d’ici un an. "Je ne veux pas faire de promesses, mais j’ai l’intention de faire tomber Mossoul et Raqqa sous mon mandat," a déclaré le Lieutenant Général Joseph Townsend lorsqu’il a pris ses fonctions. Son supérieur, le général Votel, qui dirige le Commandement central américain, a déclaré cette semaine qu’il pensait que les opérations pour reprendre Mossoul commenceraient d’ici à la fin de cette année. Mossoul était tombée entre les mains de l'Etat islamique le 10 juin 2014. Lors de la retraite, les soldats de l’armée irakienne avaient abandonné leurs uniformes et fui. Depuis, l'Etat islamique a contrôlé la ville, pillé ses banques et instauré ses propres lois et impôts basés sur sa vision pervertie de la loi islamique.

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