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Les clichés du libéralisme, épisode #8 - Le libéralisme s’oppose aux droits de l’Homme
©Daniel Tourre - Edition Tulys

Série du weeekend

Les clichés du libéralisme, épisode #8 - Le libéralisme s’oppose aux droits de l’Homme

Chaque samedi, Daniel Tourre défait, avec humour, les clichés que l’on se fait sur le libéralisme. Dans ce huitième épisode, vous découvrirez que libéralisme et Droits de l'Homme ne s'opposent pas forcément.

Daniel Tourre

Daniel Tourre

Daniel Tourre est notamment l'auteur de Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants (Tulys, 2012) et porte-parole du "Collectif Antigone". 

 

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La  Révolution Française de 1789 est largement portée par des principes libéraux développés dans les décennies précédentes. La Déclaration des droits de l’homme de 1789 est la charte très libérale de ce mouvement. Malgré quelques grumeaux rousseauistes, la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 fait partie des grands documents libéraux.

S’appuyant sur le Droit naturel moderne, les premiers révolutionnaires, l’Abbé Sieyès en particulier, ont rédigé cette déclaration l’esprit tourné vers les libéraux du siècle des Lumières, de John Locke aux révolutionnaires américains, eux-mêmes héritiers de l’École de Salamanque et du Droit naturel classique.

C’est une Déclaration. L’assemblée ne décrète pas, elle n’institue pas, elle se contente de déclarer, de reconnaître quelque chose qui existait de toute manière avant elle.


On retrouve dans cette Déclaration de 1789 les idées phares du libéralisme d’hier et d’aujourd’hui : la protection des droits naturels de l’homme et la limitation sévère du périmètre et des moyens de l’État. La Déclaration des droits de l’Homme de 1789, sobre et presque toujours juste, sera malheureusement altérée en 1948 sous la pression communiste par l’ajout de toute une série de droits créances (droit au travail, au logement) détachés de la tradition du Droit naturel.


Déclarer des droits naturels de l’Homme préexistants


Pour Locke, les droits naturels de l’Homme sont ceux dont l’homme dispose avant l’apparition de l’État. L’État n’est pas à l’origine de ces droits, il ne peut donc pas les abroger. Il est simplement chargé de les protéger. Lorsque l’État est incapable de protéger les droits naturels, voire -ce qui est fréquent- les viole sciemment, alors chaque individu peut prendre acte de la rupture unilatérale du contrat passé avec l’État, et entreprendre de défendre lui-même ses droits naturels contre les autres ou l’État.

Droits naturels vs. « Droits créances »


Les «droits créances» (droit au logement, droit au travail, droit à la culture), malgré leur air de famille avec les droits naturels, ne sont pas du même monde. Les droits naturels s’inscrivent dans une société d’adultes utilisant leurs facultés pour chercher le bonheur en échangeant avec les autres. Avec les droits créances, l’Homme devient un demi-dieu pour qui les frustrations ne sont pas acceptables. 


Pour répondre à ces «droits créances», l’Etat-Nounou va créer des batteries d’obligations afin d’assurer un avantage à certains au détriment des autres. L’État passe d’un périmètre bien défini et limité à un Etat-Nounou au périmètre flou et potentiellement sans limite afin qui fait semblant d’abolir la frustration et la souffrance. Dans le même temps, l’Etat-nounou transforme les individus en moyens au service des autres sans se soucier de leur consentement.


La vie en société n’est plus une toile de relations (sentimentales, culturelles, économiques) entre personnes égales, qui respectent l’individualité, la parole, la liberté et la propriété des autres. Elle devient peu à peu une collection approximative de liens bureaucratiques entre un Etat-Nounou qui commande, cogne ou soigne, et des individus sans liens les uns avec les autres, en compétition pour les faveurs du personnel politique.Les droits créances ne sont pas des compléments des droits naturels, ils en sont l’ennemi mortel.


«Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel celui du père envers ses enfants, c’est-à-dire un gouvernement paternel, où par conséquent les sujets, tels des enfants mineurs incapables de décider de ce qui leur est vraiment utile ou nuisible, sont obligés de se comporter de manière uniquement passive, afin d’attendre uniquement du jugement du chef de l’État la façon dont ils doivent être heureux, et uniquement de sa bonté qu’il le veuille également, - un tel gouvernement, dis-je, est le plus grand despotisme que l’on puisse concevoir. »

Emmanuel Kant Théorie et Pratique

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