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Les clichés du libéralisme, épisode #7 - Le libéralisme, c’est l’absence de valeurs morales
©Daniel Tourre - Edition Tulys

Série du weekend

Les clichés du libéralisme, épisode #7 - Le libéralisme, c’est l’absence de valeurs morales

Chaque samedi, Daniel Tourre défait, avec humour, les clichés que l’on se fait sur le libéralisme. Dans ce septième épisode vous apprendrez, en dépit du discours ambiant, que le libéralisme s'est construit autour de valeurs morales fortes comme la sécurité, la propriété ou même l'égalité.

Daniel Tourre

Daniel Tourre

Daniel Tourre est notamment l'auteur de Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants (Tulys, 2012) et porte-parole du "Collectif Antigone". 

 

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Pour ses adversaires, le libéralisme serait une petite cuisine pragmatique parfois efficace pour augmenter le PIB, mais en tout cas dénuée de toute réflexion sur les valeurs morales. Cette vision est à vrai dire encouragée par les faux amis du libéralisme, des industrialistes béats, qui s’imaginent libéraux parce qu’ils suivent les cours de la Bourse ou des retours sur investissements.

Les vrais adversaires comme les faux amis du libéralisme se trompent lourdement. Le libéralisme, ce sont des valeurs morales fortes et leur déclinaison dans la sphère juridique. Ce n’est pas parce que l’on considère que l’État n’est pas un Dieu à l’origine du vrai, du bien et de beau, que tout est relatif.

L’Homme est une fin en soi et ne peut être utilisé comme un moyen, y compris par les États, y compris démocratiques. La protection de la liberté, de la sécurité, de la propriété individuelle est le socle incontournable pour respecter la nature humaine.

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L’augmentation, la diminution du PIB ou du CAC40 peuvent se faire –ou pas– en conformité avec ces valeurs. L’objectif des libéraux est donc la défense de ces valeurs morales, en aucun cas de cibles chiffrées sur des macro-statistiques vides de sens pour les individus pris un à un.

Égalité de droits

La première règle du Droit naturel, c’est l’égalité en droit, l’égalité devant la loi. Des lois posées par les États qui distingueraient différents types d’êtres humains ne seraient pas conformes au Droit naturel.

L’Apartheid, les lois antisémites ou les lois de l’Ancien Régime protégeant les privilèges de l’aristocratie sont des exemples flagrants d’une telle violation. Aujourd’hui, sous l’influence du postmodernisme et de sa branche activiste, le politiquement correct, la loi devient différente selon les catégories d’êtres humains : loi sur la parité, discrimination positive, distinctions selon les revenus, les professions...

La sécurité

Les individus sont les seuls « propriétaires » de leur vie. Un droit conforme à la nature humaine interdit donc l’agression physique. Personne n’a le droit de vous tuer ou de vous blesser même si vous êtes très pénible à supporter. Personne ne peut vous interdire de vous tuer doucement (alcool, joint, charcuterie) ou rapidement (euthanasie, scooter) même si vous êtes très sympathique. Le corollaire de ce droit est le devoir de respecter la vie et la sécurité des autres personnes.

La liberté

Une autre violation de la nature de l’Homme serait de nier son individualité. Personne ne peut disposer de votre temps et de votre travail sans votre consentement, cela s’appelle de l’esclavage. Personne ne peut limiter arbitrairement les usages potentiels que vous faites de ce temps, cela s’appelle la coercition. Respecter votre consentement, c’est respecter votre liberté.

Vous avez donc un droit à la liberté. Il ne s’agit pas de la liberté métaphysique (licence de faire ce que l’on veut sans tenir compte des lois humaines, naturelles ou divines), ni d’un droit d’être ou avoir ce que l’on rêve d’être ou avoir (liberté d’être beau et célèbre, liberté d’avoir des vacances à la plage, etc.). Il s’agit de la seule liberté qui puisse être garantie par une loi humaine sans nuire à la liberté des autres : la liberté d’agir ou de penser sans limite autre que la jouissance des mêmes libertés par les autres. Le corollaire de ce droit est en effet le devoir de respecter la liberté des autres personnes.

La propriété

Pour beaucoup de gens, la propriété est le vilain petit canard des droits naturels. Un truc un peu vulgaire et matérialiste par rapport à la liberté, acquis aux dépens des autres.

En réalité, la propriété est un magnifique cygne conspué justement parce qu’il est le socle incontournable de la liberté. Dans ce monde matériel, l’usage libre de votre temps implique que vous puissiez échanger ou  produire des biens matériels.

Si quelqu’un vous prend ces biens matériels sans votre consentement, cela signifie qu’il a disposé du temps que vous avez mis à les produire ou à les échanger. On ne peut être en sécurité si l’on ne peut disposer du fruit de son travail et de ses échanges pour assurer sa survie.

On ne peut être libre, si l’on est obligé de quémander à l’État ou à ceux qui le dirigent l’usage de ses propres ressources en échange de la soumission ou de l’obéissance. Le droit à la propriété est donc une conséquence du droit à la liberté et du droit à la sécurité. Son corollaire est le devoir de respecter la propriété des autres.

"La liberté en tant qu’homme, j’en exprime le principe pour la constitution d’une communauté dans la formule : personne ne peut me contraindre à être heureux d’une certaine manière (celle dont il conçoit le bien-être des autres hommes), mais il est permis à chacun de chercher le bonheur dans la voie qui lui semble, à lui, être la bonne, pourvu qu’il ne nuise pas à la liberté qui peut coexister avec la liberté de chacun selon une loi universelle possible (autrement dit, à ce droit d’autrui)."

Emmanuel Kant (1724-1804), dans Théorie et pratique

 

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