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Marine Le Pen et les cadres du Rassemblement National, dont Jordan Bardella et Louis Aliot, lors d'un congrès à Perpignan, le 3 et 4 juillet 2021.
Marine Le Pen et les cadres du Rassemblement National, dont Jordan Bardella et Louis Aliot, lors d'un congrès à Perpignan, le 3 et 4 juillet 2021.
©RAYMOND ROIG / AFP

Campagne électorale

Les candidats perçus comme une menace pour la démocratie… et les autres : mais les menaces sont-elles seulement où on les voit ?

Selon le baromètre annuel de l’image du RN réalisé par Kantar Public, Marine Le Pen reste perçue comme une menace pour la démocratie par un Français sur deux, une proportion en baisse et nettement inférieure à celle (62%) des Français qui considèrent qu’Eric Zemmour l’est.

Pascal Perrineau

Pascal Perrineau

Pascal Perrineau est professeur des Universités à Sciences Po. Il est l'auteur de Cette France de gauche qui vote FN (Paris, Le Seuil, 2017), à paraître le 1er juin. 

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Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), le Le dictionnaire des populismes (Cerf 2019) et Le dictionnaire du progressisme (Seuil 2022). 

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Atlantico : Selon le baromètre annuel de l’image du RN réalisé par Kantar Public, Marine Le Pen reste perçue comme une menace pour la démocratie par un Français sur deux, une proportion en baisse et nettement inférieure à celle (62%) des Français qui considèrent qu’Eric Zemmour l’est. Qu’est-ce qui concrètement donne cette image des deux candidats aux Français ?

Christophe Boutin : Il n’est pas interdit de penser que nous sommes toujours victimes de la manœuvre électoraliste mise en place par François Mitterrand : tout faire pour qu'existe à la droite du RPR de l'époque un parti qui obtienne un nombre important de suffrages, tandis qu’on interdit de faire alliance avec lui. Un système qui, « gelant » les voix qui se portent sur cette droite interdite, permettait de garantir à la gauche ses succès électoraux. Encore fallait-il stigmatiser pour interdire, d’où les termes employés : extrême, extrémisme, ou, bien sûr les références historiques diabolisantes (fascisme). Dans l’autre sens, on accordait à la droite qui acceptait ces diktats le bonus de pouvoir user du terme « républicain » - on parlait alors pour différencier le Front national des autres partis de droite de la « droite républicaine », ce qui impliquait que le FN n’était pas républicain.

Près de quarante ans après, le piège fonctionne toujours, même si ce n’est plus au profit d’un PS entre temps quasiment disparu de la scène politique. Le parti de droite a choisi depuis de s’appeler « Les Républicains », pensant jouer ainsi un bon tour à ses opposants, mais  prouvant en fait sa totale soumission à la doxa d’une gauche qui est finalement la seule à même d’attribuer les bons points du vrai démocrate. Il est évident pourtant qu'on ne peut pas parler en 2022 « d'extrême droite » lorsque l'on évoque les électeurs du Rassemblement national et les soutiens d’Éric Zemmour. Chez les chercheurs, le terme est d’ailleurs critiqué depuis trente ans. S’il y a eu une « extrême droite » en France, elle n'a jamais dépassé les 5 %, et n’existe plus que sous la forme résiduelle d’une poignée de provocateurs et de mythomanes. L'expression « droite radicale » n'est guère plus convaincante quand on regarde les discours de Marine Le Pen et d’Éric Zemmour, sauf à voir la radicalité dans des opinions certes plus tranchées que celles de Valérie Pécresse ou que le célèbre « et en même temps » présidentiel. Mais si la radicalité consiste à dire simplement ce que l’on voit au quotidien, le terme est bien peu opératoire.

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Rien en tout cas dans le fonctionnement du FN puis RN, ou chez cette nouvelle menace que seraient Éric Zemmour et son parti, r ne permet d’écarter le qualificatif de républicain si l’on entend par là la soumission à un certain nombre de règles de fonctionnement démocratique. Les uns et les autres veulent arriver au pouvoir par les urnes, par le vote, et à aucun moment n’envisagent de préparer un putsch – quand l’extrême gauche, par contre, ne cesse d’agiter le mythe d’un « grand soir », fort peu démocratique. Que l’on soit ensuite d’accord ou pas avec les idées de Marine Le Pen ou d’Éric Zemmour, rien dans ce qu’ils se proposent de faire une fois arrivé au pouvoir ne menace notre démocratie : un peuple souverain s’exprimant par la voie du référendum, l’État retrouvant une certaine souveraineté, l’accent mis sur la protection des populations, autant d’éléments qui semblent pouvoir être envisagés dans le cadre de notre démocratie sans porter atteinte à son fonctionnement… puisqu’il s’agit là en grande partie des fondamentaux de la Cinquième république. A priori ensuite, ni Marine Le Pen, ni Éric Zemmour, n'ont jamais jeté d'interdit sur tel ou tel homme politique, ont toujours accepté les débats proposés, n'ont jamais parlé d’instituer un « cordon sanitaire » autour de telle ou telle formation. Bref, et dans le fonctionnement institutionnel de la démocratie, et au plan de la mise en œuvre de ses principes, on voit mal quelles seraient les menaces, et moins encore celles qui ne pourraient pas être immédiatement jugulées par les institutions en place.

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Et pourtant, Marine Le Pen et Éric Zemmour sont perçus, nous dit ce sondage, comme des menaces pour la démocratie. Il paraît difficile ici de ne pas évoquer comme élément d’explication le discours dominant des médias sur ces politiques et leurs thématiques, un discours qui imprègne aussi le monde de la culture et celui de l’éducation. Un discours particulièrement critique, qui permet à ceux qui le tiennent de se distribuer bien facilement les  médailles de la lutte antifasciste. Le maccarthysme qui règne en France – et qui va de la mise à l’index à l’agression physique, en passant par l’interdiction de parole, la « dénonciation citoyenne » et la mort sociale – impose une doxa qui, à la longue, ne peut pas ne pas avoir d'effet sur ceux qui sont soumis en permanence aux mêmes antiennes. Mais est-ce là de la démocratie ?

Pascal Perrineau : En effet, bien que le mouvement soit à une amélioration de l'image de Marine Le Pen, celle-ci pâtit d'une image négative sur le plan de son attachement à la démocratie. 50% des personnes interrogées considèrent qu'elle est "une menace  pour la démocratie". L'image d'Eric Zemmour est beaucoup plus négative encore puisque 62% des citoyens interrogés le perçoivent comme étant une "menace". Les deux leaders de la droite extrême sont les seuls à être l'objet d'une telle perception d'ennemis de la démocratie. Pourquoi? Dans l'histoire, la droite extrême a souvent montré son attirance pour les régimes autoritaires et son peu d'engouement pour les subtils mécanismes de la démocratie représentative. Eric Zemmour et Marine Le Pen sont considérés comme les héritiers de ce courant jadis anti-parlementaire et dénonçant, encore récemment avec Jean-Marie Le Pen, la "Ripouxblique". Le diagnostic est encore plus sévère pour Eric Zemmour qui est perçu par 60% des Français comme "le représentant d'une extrême droite nationaliste et xénophobe". Ce qui n'est le cas que de 40% des Français en ce qui concerne Marine Le Pen. Cette réticence  vis-à-vis de la droite extrême touche les électeurs de la droite classique qui ne sont que 36% par exemple à considérer que le RN et les Républicains devraient s'allier au second tour des élections législatives. L'union des droites que poursuit Eric Zemmour n'a que très peu de bases électorales dans la mesure où les électeurs de la droite classique sont attachés au profil gestionnaire des candidats et que les patrons de Reconquête comme du Rassemblement national sont considérés comme des "amateurs".

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Dans quelle mesure les institutions françaises et l’utilisation qui en a été faite depuis quelques années fragilisent-elles la démocratie à la française ?  Les Français en ont-ils conscience ?

Christophe Boutin : Ce qui fragilise beaucoup plus la démocratie que le fascisme fantasmé par les progressistes, c'est effectivement la manière dont fonctionnent – dont dysfonctionnent - nos institutions, et ce depuis maintenant plusieurs années, car si Emanuel Macron n’est certes pas le dernier à en user ainsi, on n'a pas attendu son arrivée au pouvoir pour constater cette dérive. Quels en sont les grands traits ? Avec le passage du septennat au quinquennat et l’inversion du calendrier qui fait précéder les élections législative par l'élection présidentielle, le président de la République est quasiment certain de disposer d'une majorité entièrement à ses ordres. Dans ce cadre, le gouvernement n’est au mieux qu'une structure destinée à mettre en musique la volonté présidentielle. Depuis Nicolas Sarkozy, on a même créé une structure particulière, le conseil de défense, et l'on sait par exemple que les décisions relevant de l'actuelle crise sanitaire sont prises dans ce conseil de défense et non pas en conseil des ministres. On assiste donc, en l'absence d'un contre-pouvoir parlementaire – il n’est que de voir le mépris de la majorité LREM pour les droits de l’opposition à la Chambre -, à une totale domination, non du pouvoir exécutif, mais bien de la seule présidence.

Par ailleurs, toujours sur le plan institutionnel, les contre-pouvoirs qui pourraient être ceux du Conseil d’État, en tant que conseiller du gouvernement bien sûr, mais aussi et surtout en tant que juge administratif, celui du Conseil constitutionnel, ou celui de la Cour de cassation, sont pour le moins évanescents face aux atteintes manifestes aux libertés publiques. D’une part, on valide la quasi-permanence des « états d’urgence » pourtant là, comme leur nom l’indique, pour répondre à une menace immédiate ; d’autre part, on fait passer des pouvoirs spécifiques de ces états d’urgence à la gestion de la situation normale de nos sociétés. Ainsi, des atteintes aux libertés vues comme un mal nécessaire et très temporaire – c’est en droit administratif la théorie des « circonstances exceptionnelles » - deviennent la norme quotidienne, et ce pour tous les individus, pour ceux qui représentent un danger comme pour les autres. Cette menace que fait peser de nos jours le pouvoir sur la démocratie, sur les libertés individuelles, nous la vivons au quotidien.

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Les Français en ont-ils conscience ? Une part sans doute, mais la grande majorité d’entre eux sont tellement tétanisés par la peur qu'ils sont prêts à accepter toutes les contraintes pour espérer bénéficier de cette protection que prétend offrir l'État. En échange d’une illusoire protection contre une violence physique, que l’État laisse pourtant prospérer en refusant de s’attaquer aux seuls délinquants, connus, fichés, ils acceptent la vidéosurveillance pour tous, demain le contrôle facial, bref le contrôle général de l’espace public – et bientôt privé. En échange de la protection contre les virus, ils acceptent de perdre leur liberté d’aller et venir sans passe sanitaire ou vaccinal. En échange d’une protection contre le changement climatique, ils acceptent de ne plus pouvoir circuler en véhicules individuels ou profiter d’un feu de cheminée.

Pascal Perrineau : La crise de la démocratie représentative qui nourrit à la fois l'abstention et les populismes de droite et de gauche, dépasse le seul problème des institutions. Les candidats populistes comme Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour ou Marine Le Pen se nourrissent du rejet de la représentation politique en faisant miroiter les mirages de démocratie directe et de confiance dans un leader censé avoir toutes les vertus d'un "peuple" fantasmé et aucun des défauts des "élites" honnies. Certes, la pratique très verticale du pouvoir présidentiel mise en place depuis cinq ans a accentué la critique de la représentation politique. L'indifférence au contre-pouvoir parlementaire et aux contrepoids des pouvoirs locaux a renforcé  la perception d'un pouvoir lointain, technocratique et peu sensible aux préoccupations des "gens d'en bas". Face à cela, la soi-disant "immédiateté populiste" d'un leader charismatique disant tout haut ce que le peuple pense tout bas peut apparaître comme une "solution".

L’état actuel des corps intermédiaires en France (syndicats, partis, etc) est-il lui aussi une source d’affaiblissement de la démocratie par l’intérieur ?

Christophe Boutin : Il y a belle lurette que les corps intermédiaires n’ont plus grande réalité en France. Les syndicats ne représentent quasiment plus qu'eux-mêmes, il suffit de regarder le résultat des élections syndicales et leur taux d'abstention pour le comprendre. Comme il y a toujours ce mythe de la nécessaire discussion avec les syndicats, l'État maintient cette fiction d'un contre-pouvoir en les plaçant sous perfusion. Les partis politiques, eux aussi, ne sont plus des corps intermédiaires, mais des bureaux de placement pour oligarques de sous-préfectures. Quant aux collectivités territoriales, bouleversées, regroupées en structures toujours plus éloignées de la réalité démocratique, d’une intercommunalité opaque à ces grandes régions qui n'ont plus aucune réalité identitaire, qu’en dire ?

Le problème est que les trois types d’institutions, maintenant à la solde du pouvoir central qui les finance, étaient censés faire remonter du bas vers le haut les inquiétudes des Français, et qu’il y a maintenant un blocage qui fragilise la démocratie. Ces inquiétudes, on en connaît quelques unes, et notamment les trois principales, les « trois I » portant sur l’immigration, l’insécurité et l’identité, des thématiques qui ne reviennent sur le devant de la scène qu'à cause de la pression exercée par le Rassemblement national ou Éric Zemmour. À la défection des corps intermédiaires, se substitue donc, la nature ayant horreur du vide, d’autres moyens d’alerte avec ces discours qui osent briser un certain nombre de tabous – tant du moins qu’on les laisse s’exprimer.

Pascal Perrineau : Une démocratie forte est une démocratie où entre le pouvoir et les citoyens il y a un espace public fortement structuré au travers des partis, des syndicats et des associations qui permettent de hiérarchiser les demandes, de les ordonner et de les faire remonter vers le système. Historiquement cet espace de corps intermédiaires a toujours été faible en France mais depuis une à deux décennies il s'est encore affaibli. Il laisse alors la place à un espace vide, liquide dans lequel des individus sans repères forts s'adressent ou tentent de s'adresser à un pouvoir qui peut s'avérer impuissant. Toutes les conditions pour la colère et le ressentiment sont alors réunies. C'est un peu l'état de la société française à quelques mois de l'élection présidentielle.

Suite à l’élection d’Emmanuel Macron on a assisté à la fragmentation de l’opposition et le président a, à plusieurs reprises, clivé le pays. A-t-il nui à l’unité du pays ? Y-a-t-il encore en France un « avenir désirable » commun et majoritaire ? Quelle menace cela peut-il représenter ?

Christophe Boutin : Emmanuel Macron est très loin d'avoir été le premier Président à penser la France et les Français, non comme une entité globale, unie, mais comme un ensemble de publics qu'il fallait séduire tour à tour. A-t-il nui au pays par des discours clivants ? Non, il a simplement, comme tous les autres présidents, laissé le pays se fragmenter en cultures opposées en refusant d'imposer aux groupes toujours plus différents qui cohabitaient sur le territoire l’exigence d’une identité commune - et l’on se souviendra ici de l'échec total de Nicolas Sarkozy, malgré ses rodomontades.

Un déconstructionnisme toujours plus puissant, qu’on laisse agir, ne cesse de fragiliser l’ensemble en faisant apparaître en permanence de nouvelles minorités, et rend toujours plus visibles encore des différences qui sont systématiquement mises en avant dans les revendications. Cette fragmentation toujours plus grande de la société française en identités en guerre les unes contre les autres est sans doute une des plus grandes menaces que nous puissions connaître.

Un « avenir désirable commun majoritaire » ? Le mythe progressiste, celui dans lequel Emmanuel Macron pense et agit, vise d'abord à détacher l'individu de toutes ses appartenances – famille, région, travail, culture… - pour projeter dans l’avenir un homme déraciné que l’on puisse reprogrammer. Loin en effet de se pencher sur l’homme réel et d'imaginer la cité idéale en fonction de lui, le progressiste rêve une cité idéale et tente ensuite d’adapter l'homme à son rêve - ce qui, pour ce dernier, vire au cauchemar. Potentiellement totalitaire, l’objectif du progressisme est de créer un homme nouveau – le transhumanisme en étant une forme. Il n'est pas certain que ce soit à cet « avenir désirable » que rêvent les Français.

Il faudrait donc redéfinir un projet commun, mais cela suppose de pouvoir débattre, et débattre de tout. Comment y parvenir quand certaines idées sont condamnées et qu'un homme politique qui se contente d’énoncer une évidence est aussitôt condamné par la justice ? Nous évoquions les menaces pour la démocratie. En est-il de plus grande que l’interdiction d’un débat qui est au cœur de l’expérience démocratique, et sans la liberté duquel, comme John Stuart Mill, Benjamin Constant ou Alexis de Tocqueville, entre autres, l’ont parfaitement démontré, elle ne saurait se réaliser ?

Pascal Perrineau : Le Président n'a pas réussi à tenir la promesse de réconciliation qui était celle du candidat. Il a eu une stratégie disruptive qui a consisté à tenter de faire voler en éclats le vieil espace politique français organisé autour du clivage entre la gauche et la droite et d'un personnel politique enraciné dans les territoires. Il a tenté d'imposer un nouveau clivage entre "progressistes" et "nationalistes" et s'est attaqué à des élus locaux considérés comme représentatifs du "vieux monde". Le problème est qu'il n'a pas réussi à faire exister un "nouveau monde" se substituant au biséculaire clivage gauche-droite et aux élus traditionnels. Les dernières élections locales ont montré la résilience de la droite classique et de la gauche de gouvernement. LREM n'a pas réussi à conquérir des positions dans les territoires, le parti est resté un petit mouvement de fidèles du Président, une autre manière de faire de la politique se fait toujours attendre... Le pays est dans un entre-deux où les projets de droite et de gauche pour l'avenir sont faibles, où le macronisme est devenu un simple pragmatisme et où le domaine du rêve est confisqué par des prophètes du déclin et de l'apocalypse. Or la scène présidentielle attend un homme ou une femme capable de définir un nouveau contrat social pour le pays. Pour que la démocratie soit possible il faut une société. La question est donc, si nous voulons que l'aventure démocratique continue: peut-on définir au-delà de nos vies personnelles, une société qui nous protège et à laquelle nous soyons fiers d'appartenir?

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