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Les banques centrales tentent de déterminer quelle politique monétaire leur permettra d’atteindre leurs objectifs, à savoir la stabilité des prix et la croissance économique.
Les banques centrales tentent de déterminer quelle politique monétaire leur permettra d’atteindre leurs objectifs, à savoir la stabilité des prix et la croissance économique.
©Reuters

Decod'Eco

Les banques centrales à la recherche de la formule magique

La Fed a fait vaciller les marchés en annonçant une possible réduction de ses politiques accommodantes, soulignant la difficile position dans laquelle se trouvent les banques centrales actuellement.

Eberhardt Unger

Eberhardt Unger

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de

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Ces 40 dernières années, les banques centrales tentent de déterminer quelle politique monétaire leur permettra d’atteindre leurs objectifs, à savoir la stabilité des prix et la croissance économique. En pratique comme en théorie, les opinions sur le “comment faire” ont changé plusieurs fois au cours des décennies.

1. La forte inflation des années 1970 a favorisé l’introduction du principe du contrôle de la masse monétaire. Les monétaristes, dirigés par Milton Friedman, étaient persuadés qu’une croissance régulière de la masse monétaire était le meilleur chemin vers une croissance économique raisonnable, avec une faible inflation.

Pour cela, on a adopté le principe d’une inflation cible et celui de l’indépendance de la banque centrale par rapport à la politique budgétaire. A l’annonce d’une croissance de la masse monétaire trop forte ou trop faible, les marchés obligataires réagissaient immédiatement, anticipant des mesures appropriées prises par la banque centrale via sa politique monétaire.

2. La crainte du bug de l’an 2000 a incité les banques centrales à adopter une politique monétaire expansive, position qui a été encore renforcée par les événements de septembre 2011. Les banques ont aussi utilisé, par intermittence, des taux d’intérêt directeurs extrêmement bas, oubliant le risque d’inflation.

3. Une politique qui a finalement conduit à une bulle sur les marchés de l’immobilier aux Etats-Unis, suivie, après son éclatement, d’une crainte d’une récession mondiale et d’une déflation. En conséquence, les taux d’intérêt qui avaient augmenté entretemps ont dû être ramenés à la baisse et ont été accompagnés d’assouplissement monétaire.

La masse monétaire a explosé ; les frontières entre la politique monétaire et budgétaire disparaissent et les banques centrales perdent leur indépendance (Fed, Banque du Japon, Banque d'Angleterre) ; mais cela ne pourra pas durer éternellement. Cette politique a largement profité aux marchés financiers (il suffit de regarder les rendements obligataires ces dernières années), mais très peu à l’économie réelle.

4. Aujourd’hui, les banques centrales pratiquent la politique du “wait and see” dans l’espoir de trouver in extremis une porte de sortie. Cependant, le fait d’attendre augmente, à moyen terme, les dangers d’inflation. Les marchés obligataires commencent à se méfier de cette politique. Dans le commerce mondial les tendances protectionnistes augmentent. Les marchés des devises craignent d’autres dévaluations compétitives à l’exemple du Japon.

Conclusion : la politique monétaire ultra-expansive des banques centrales séduit les investisseurs et réduit l’aversion au risque : la prochaine crise arrive sûrement !

[Pour retrouver les analyses du Dr. Unger -- et de toute l'équipe de La Quotidienne d'Agora --, cliquez ici ! ]

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