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Les astronautes de la station spatiale internationale en seront-ils réduits à  la débrouille suite à l’échec de la mission qui devait les approvisionner ?
©Reuters

Et vous livrez dans le ciel ?

Les astronautes de la station spatiale internationale en seront-ils réduits à la débrouille suite à l’échec de la mission qui devait les approvisionner ?

Il y a quelques jours, la sonde spatiale russe Progress a échoué à ravitailler la station spatiale internationale. Si les six astronautes manqueront de produits semi-frais et frais, les réserves leur permettent de tenir 6 mois de plus.

Bernard Comet

Bernard Comet

Bernard Comet a été médecin des astronautes français de 1982 à 2001. Il travaille aujourd’hui à l’Institut de médecine et physiologie spatiales (Medes) à Toulouse, une filiale du Centre national d’études spatiales (CNES).

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Atlantico : La sonde spatiale russe Progress, qui devait ravitailler la Station spatiale internationale et ses six astronautes, a rencontré des difficultés et n'a pas pu arriver à son terme. Comment les astronautes s'adapteront-ils à cet imprévu, ont-ils suffisamment de nourriture ? Pour combien de temps ?

Bernard Comet : Les réserves de la Station spatiale internationale sont prévues pour prodiguer de la nourriture pour environ 6 mois. Il n'y a donc pas de danger imminent, et les astronautes ne seront pas rationnés, s'autant que le cargo devait permettre aux astronautes d'acquérir 3 mois de victuailles. Mais cet empêchement affectera malgré tout les 6 astronautes car ils seront en quelque sorte privés de produits frais et semi-frais comme les fruits, les légumes précuits, certains plats préparés conditionnés sous vides et préparés… Ainsi que les produits qu'ils auront choisis d'avoir.

Dans leurs stocks, ils pourront compter sur des conserves, des aliments lyophilisés…

Qu'en est-il des réserves d'eau et d'oxygène, que leur permettront les systèmes de recyclage à bord ?

Tout comme pour les aliments, ils pourront compter sur 6 mois de réserve d'oxygène. Les réserves nominales, pour les déperditions normales ne sont pas inclues. Mais ils ont aussi des réserves en cas d'urgences qui leur permettent de maintenir une pression minimum leur permettant d'évacuer la stiation pendant 8 heures. Tout cela est géré de manière très stricte. Si les réserves ne sont pas prêtes, on retarderait les décollages et on réduirait l'équipage pour satisfaire les 6 mois. C'est une exigence opérationnelle importante.

Cependant il faut éviter de dépasser le taux 28 % d’enrichissement en oxygène de l’atmosphère, car sinon les matériaux non métalliques deviennent particulièrement inflammables. En réalité la station reste bien en deçà des 28 %, plutôt entre 19 et 23 %. Si un dysfonctionnement devait se produire au niveau des valves, ou bien des capteurs, les multiples vérifications qui sont faites permettraient d’y faire face.

Dans le support système-vie (écosystème clos artificiel ndlr), le Co2 est piégé, hydrolysé, et devient de l'O2 et de l'eau dans la partie russe. Pour cette dernière ressource, l'efficacité des systèmes de recyclage permettent de préserver 98% de la ressource. Mais elle est ensuite utilisée plutôt pour l'hygiène. L'eau fraîche étant réservée à la consommation.

Et imaginons qu'ils ne puissent pas être ravitaillés au bout de ces 6 mois, est-ce qu'ils devraient quitter la station ? Quelles sont les procédures prévues ?

Si aucun des cargos (SpaceX, Dragon) ne parvenaient à ravitailler la station, ils la quitteraient quelques semaines avant la fin des 6 mois à bord des Soyouz arrimés à la station. Mais ce ne serait vraiment pas de chance… Le prochain convoi doit décoller le 16 juin prochain.

On peut dire que l'ATV, le cargo européen qui a rendu son tablier l'an dernier, manque certainement. Car il avait d'une part une capacités de fret beaucoup plus importante, mais surtout il était plus beaucoup plus fiable.

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