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Jérôme Cahuzac, l'arbre qui cache la forêt
Jérôme Cahuzac, l'arbre qui cache la forêt
©REUTERS/Philippe Wojazer

Chuuut !

Les 6 mensonges des élites françaises bien plus graves que tous ceux sur les comptes à l'étranger de Cahuzac et cie

Tous les regards sont aujourd'hui braqués sur les mensonges de Jérôme Cahuzac. Pourtant, les élites françaises mentent sur des questions potentiellement beaucoup plus explosives...

Mathieu Mucherie Eric Verhaeghe et Sophie Pedder

Mathieu Mucherie Eric Verhaeghe et Sophie Pedder

Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
Diplômé de l'ENA (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un DEA d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

Mathieu Mucherie est économiste de marché sur Paris, et s'exprime ici à titre personnel.

Sophie Pedder est Chef du bureau de The Economist à Paris depuis 2003.
Elle est l'auteur de Le déni français aux éditions JC Lattès.

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1) Non, le financement des retraites n’est plus assuré

  • Durant la campagne présidentielle, François Hollande avait promis de rétablir l'âge de la retraite à 60 ans. Non seulement, cette promesse ne pourra pas être tenue, mais après 1993, 2003, 2008 et 2010, une nouvelle réforme systémique, qui ne se contente pas de mesures purement techniques, s'impose.


Eric VerhaegheVous commencez par le sujet le plus sensible, celui des retraites. Si j'en juge aux réactions de colère que suscite la désindexation des retraites complémentaires, c'est la question difficile par excellence. Pourtant, elle est assez simple à comprendre: l'espérance de vie a augmenté, depuis 1945, d'environ 20 ans. Quand un Français prenait sa retraite à 65 ans en 1950, il pouvait raisonnablement espérer en profiter moins de dix ans. Aujourd'hui, les Français partent à la retraite 5 ans plus tôt, et vivent 20 ans de plus. Mécaniquement, les sommes qui étaient versées pendant six ou sept ans il y a cinquante ans sont aujourd'hui versées quatre fois plus longtemps. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ce système ne peut pas être indéfiniment préservé sans des dommages lourds pour le niveau de vie des actifs. Ceux-ci cotisent moins longtemps et sont appelés à bénéficier d'une retraite de plus en plus longuement. La ponction exercée sur la richesse produite par les actifs pour financer ce système est donc de plus en plus lourde, jusqu'à devenir insupportable. 

La faillite du système à laquelle nous assistons était éminemment prévisible et a d'ailleurs été largement anticipée. La réforme Fillon de 2003 avait posé un principe salutaire: toute année de retraite devait être précédée de près de deux ans de cotisations. Cette règle simple, qui n'est plus suivie, devait permettre de relever automatiquement l'âge de départ à la retraite. 

Tout ceci montre qu'en réalité les politiques ont plutôt fait le job en disant les risques et en cherchant à les prévenir. Il faut maintenant avoir le courage de dire que l'effort doit se poursuivre.

Mathieu Mucherie : Quel que soit le régime de retraite, répartition ou capitalisation, tout dépend de la croissance future. Compte-tenu de l’effondrement de notre croissance potentielle suite aux errements monétaires de ces dernières années, et compte tenu de l’absence de tout provisionnement sérieux au cours de la période précédente, toutes les promesses mitterrandiennes (des retraites généreuses, dès 60 ans, avec des cotisations encore à peu près supportables pour les actifs, et avec des régimes spéciaux encore plus généreux) ne pourront pas être tenues.

Tant qu’on ne traitera pas la question de la croissance (donc de la politique monétaire) et tant qu’on n’avancera pas vers un système plus juste, plus incitatif et plus transparent (du type retraites par points), le nœud coulant continuera à se resserrer sur les actifs et sur les plus jeunes.   

Sophie Pedder : Je ne pense pas qu'il faille parler de mensonges mais plutôt de déni politique même s'il est vrai qu'une absence de discours de vérité sur ces sujets se manifeste depuis longtemps. Le système français des retraites ne pourra pas échapper aux règles que se sont imposées l'ensemble des pays européens pour sauver leurs propres systèmes. Certains Etats ont même repoussé l'âge de départ à la retraite à 69 ou 70 ans !

La France est presque le seul pays à ne pas avoir encore aborder ce sujet de façon profonde. Il s'agit pourtant du seul choix possible pour rétablir les comptes à l'équilibre : les Français devront travailler plus longtemps. C'est une vérité que plus personne ne peut nier. Pourtant, les hommes politiques continuent de préférer "faire rêver" les Français lors des élections pour ensuite les décevoir - car ces rêves ne se basent pas sur des réalités concrètes - plutôt que de remettre en cause leurs chances de remporter ces échéances électorales.

Qu'on se le dise : nous n'échapperont pas à cette réforme. D'ailleurs, la France a un très grand avantage par rapport aux autres pays européens puisqu'elle dispose d'un grand nombre de jeunes, le taux de natalité étant parmi les plus élevés d'Europe, ce qui signifie qu'elle n'aura pas à connaitre le véritable "choc sur les retraites" comme l'a vécu l'Allemagne par exemple. Le système peut donc perdurer à condition que les Français travaillent plus longtemps.

2) Non, la sécurité sociale n'est pas un acquis immuable

  • Selon les rapports de l'assurance maladie, les dépenses de santé financées par la Sécurité sociale pourraient accroître de 50% d'ici 2015 du fait du développement des affections longue durée, du coût des nouvelles technologies médicales et du vieillissement de la population. 


Eric Verhaeghe : Il me semble que le principal danger qui pèse sur la sécurité sociale tient aux effets pervers des choix qui sont faits pour assurer son financement. Ces choix sont déresponsabilisants, et donnent le sentiment aux assurés que l'argent de la sécurité sociale tombe du ciel. 

Je prends un exemple: les indemnités journalières. Selon le principe habituel: "le tarif ne doit pas dépendre du risque", un patron qui gère son entreprise de façon rugueuse et produit beaucoup d'arrêts maladies paie le même tarif qu'un patron qui ménage ses salariés et cherche à éviter l'absentéisme. Cette logique déresponsabilise donc les acteurs et incite aux logiques de passager clandestin. Si j'ai un surcroît d'activité dans mon entreprise, j'ai intérêt à mettre mes salariés sous pression, au lieu de recruter un CDD, car la sécurité sociale paiera le prix de l'absentéisme qui s'en suivra, sans majorer mon tarif. 

Cette aberration explique que la sécurité sociale paie aujourd'hui 13 milliards d'euros d'indemnités journalières là où, il y a 5 ans, elle ne payait que 8 milliards. Autrement dit, si nous revenions à l'absentéisme d'il y a 5 ans, personne ne parlerait du déficit de l'assurance-maladie (qui est inférieur à 5 milliards). Or, pour diminuer l'absentéisme dans les entreprises, il y a une méthode très simple: faire payer plus cher ceux qui réalisent les risques, pour les inciter à diminuer la sinistralité.

Mathieu Mucherie : Même remarque que sur les retraites à propos de la croissance. Sur un plan plus politique, plus personnel et à long terme, je dirais que la sécurité sociale « à la française » est un danger en elle-même dans la mesure où elle conduit à une nounoucratie, à une matriarchie et à une voyoucratie. Les incitations économiques ne font pas partie du système, c’est un vaste tiers-payant, un zoo de l’absurde. Mais tant que la BCE continuera à créer des chômeurs pour se faire plaisir et montrer ainsi toute la portée de son indépendance, il sera hélas nécessaire de poursuivre dans ce régime soviétique pour amortir le choc.   

Sophie Pedder : Si l'on regarde la dépense sociale au sens le plus large possible par rapport au PIB, la France est  championne en Europe. Cette situation n'est tout simplement pas soutenable, il n'est pas possible d'être aussi dépensier en matière sociale et être au dessus la moyenne en termes de croissance économique.

Il faut désormais poser la question clairement : quels champs de protections et de prestations la France peut-elle raisonnablement aborder dans une logique pragmatique et soutenable ? Le gouvernement a d'ailleurs commencé à aborder cette question en touchant aux prestations familiales pour les ménages les plus aisés (le rapport de Bertrand Fragonard propose en effet de moduler les montants des allocations familiales perçues en fonction des niveaux de revenus, ndlr). En ce sens, il pose une bonne question puisque d'autres pays comme la Grande-Bretagne ont littéralement supprimé ces prestations pour les ménages les plus aisés. Certes, ce n'est pas la solution idéale, mais cela montre bien à quel point les autres pays ont réformé leurs système de protection sociale pour les sauver.

Il faut redéfinir les champs de prestations accordés par la sécurité sociale française. Pour cela, le gouvernement peut s'y prendre de plusieurs façons comme en instaurant des prestations progressives en selon les revenus. C'est une piste parmi d'autres.

3) Non, les comptes publics ne sont pas sincères

  • François Hollande espère un déficit de 3,7% en 2013. C'est sans compter les dépenses et les engagements hors bilan de l’État français.

Eric Verhaeghe : Cacher la poussière du déficit sous le tapis est un exercice obligé chez tous les ministres du Budget qui se succèdent à Bercy depuis 10 ans. Toutes les techniques ont été utilisées. La plus amusante est celle qui consiste, dans les services de l'Etat, à ne plus player les factures téléphoniques à partir du mois de septembre pour les reporter à l'année suivante. Mais d'autres techniques plus sophistiquées sont en effet couramment utilisées, comme le recours au hors bilan. 

Il serait assez divertissant de dresser un palmarès des ministères les moins sincères. C'est au demeurant un exercice à peu près impossible, car l'Etat est un animal tentaculaire que personne ne peut plus contrôler. Quand François Hollande annonce que la rigueur budgétaire dans les services de l'Etat atteint ses limites, il ne décrit pas une réalité financière, mais un problème de gouvernance: plus personne ne parvient à diriger cette machine hyper-trophiée. Il faudra un jour égrener les mensonges que la réforme de l'Etat recouvre. Par exemple, il existe une mode absurde: celle de la mutualisation des achats, qui est censée produire des économies d'échelle par le regroupement des commandes dans des proportions vertigineuses.

Mathieu Mucherie : Comment nos chères finances publiques pourraient-elles ressembler à ce marécage insondable décrit par de vils économistes pro-libéraux et pro-américains alors que les responsables (DSK hier, Cahuzac aujourd’hui) ont l’air si honnêtes, et alors que les gens de Bercy sont de notoriété publique les plus compétents au monde ?

Pour notre « défense », le hors-bilan des finances publiques allemandes (où rien n’a été provisionné, ni le vieillissement, ni la sortie du nucléaire et les banques régionales) est probablement encore pire. Mais eux au moins contrôlent la monnaie, ce qui vaut largement plusieurs porte-avions King Size.

4) Non, la crise de l’euro n’est pas finie

  • Le président français a affirmait lundi 10 décembre 2012 : "la crise de la zone euro est "derrière nous". A condition que nos créanciers continuent à acheter notre dette...

Eric Verhaeghe : Soyons clairs: l'euro est une monnaie en crise structurelle permanente. Pour une raison simple: les distorsions entre les pays de la zone euro ne sont pas mises sous contrôle par une politique budgétaire harmonisée. Tout le monde sait cela depuis les années 60 et l'invention de la théorie de la zone monétaire optimale. Selon cette théorie, une monnaie unique ne peut fonctionner que si elle s'accompagne d'une politique économique concertée sur l'ensemble de la zone de monnaie unique.

Quand on a créé l'euro, cette théorie était parfaitement connue et, pour le coup, les politiques ont fait semblant de ne pas savoir. Ils ont créé la monnaie unique en jurant que sa réussite n'exigeait pas une diminution de la souveraineté nationale en matière budgétaire. C'était un mensonge pur. Certains ont fait le pari que l'euro produirait de la croissance et que la question de l'harmonisation budgétaire ne se poserait pas immédiatement. 

Mathieu Mucherie : La crise en zone euro ne peut que continuer tant que la terreur monétaire (des taux 300 points de base trop hauts pour nous et 600 points de base trop hauts pour les Espagnols) continuera, c'est-à-dire tant que la BCE indépendante n’aura pas été destituée d’une façon ou d’une autre.

En attendant, la dette privée et publique ne peut se réduire, compte tenu des pressions déflationnistes, le refrain est bien connu depuis Irving Fisher au moins. Au mieux ce sera la japonisation au Nord (mais la France fera-t-elle partie du Nord ?) et l’Argentinisation au Sud (mais sans le soja OGM et les matières premières pour amortir). Tous aux chaloupes, et bonne chance.

Sophie Pedder : François Hollande avait un problème : il semblait voir la crise en zone euro comme une petite crise de nature conjoncturelle à laquelle succéderait rapidement et facilement la croissance économique et les bénéfices qui y sont inhérents. En réalité, nous sommes parti pour des années et des années de croissance molle en Europe comme ce fut le cas pour le Japon. Nous ne sommes pas dans une situation conjoncturelle mais structurelle. La croissance semble faire son retour au niveau mondial, les pays émergents étant devenus les moteurs de celle-ci. Seule l'Europe est encore en récession et les politiques, surtout en France, n'ont pas encore trouvé de nouveaux moteurs de croissance internes pour l'avenir de notre pays.

Nous ne pouvons pas parler d'une crise bientôt finie puisque nous connaissons actuellement une véritable mutation structurelle de notre économie. La France doit miser sur le high-tech, l'innovation et le savoir. Nous ne pouvons plus attirer les investisseurs avec nos usines automobiles. Il nous faut le Google français de demain et plus globalement les entrepreneurs des secteurs d'avenir. Nous ne pouvons plus être dans le déni.

5) Non, les banques ne sont pas si solides

  • François Hollande avait déclaré lors de son discours du Bourget en janvier 2012 : "Mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance". Sa réforme bancaire a minima suffira-t-elle à nous préserver d'une nouvelle crise financière ?


Eric Verhaeghe : Mais qui, à part les banquiers, a soutenu que les banques étaient solides? Tout le monde sait que les banques continuent à afficher dans leurs bilans des actifs surévalués. Certains ont prié Sainte Rita, madonne des actuaires, en espérant pouvoir le cacher le plus longtemps possible, mais le miracle ne s'est pas produit. C'est le cas du Crédit Agricole qui a englouti des milliards et des milliards dans des placements absurdes en Grèce, financés par les scandaleux profits de l'assurance emprunteur. De ce point de vue, le gâchis est énorme. 

Toutes les banques sont contaminées par ces produits toxiques. Là, pour le coup, il faut instruire le procès des medias, qui ont savamment caché la réalité aux Français, et qui continuent à la cacher avec des méthodes peu recommandables. 

Mathieu Mucherie : Les banques commerciales sont, dans une situation de crise monétaire, hyper-dépendantes de la politique de la banque centrale, je veux dire par là encore plus dépendantes que d’habitude.

On peut donc dire que les valeurs bancaires de la zone euro sont assez logiquement massacrées par les marchés depuis 2007, plus que leur consœurs américaines. Rien à voir avec la régulation ou la supervision, et tout à voir avec l’absence de Quantitative Easing (assouplissement monétaire, ndlr) et en conséquence avec la fragilité des PIGS et en conséquence avec l’obligation de perfuser les banques des PIGS par des programmes de liquidités trompeurs ; pour résumer : la BCE matraque les banques par sa politique hyper restrictive, et dans le même temps elle perfuse les maillons les plus faibles qu’elle transforme en banques zombies à la japonaise pour éviter une cascade de faillites qui lui serait reproché, d’où un syndrome de Stockholm chez les acteurs bancaires, et au total comment voulez-vous que les acteurs économiques et financiers s’y retrouvent ?

6) Non, les politiques n'ont pas autant de marges de manœuvre qu'ils veulent le laisser croire

  • François Hollande prétendait relancer la croissance en Europe. Mais qui détient réellement le pouvoir au sein de l'Union européenne ?


Eric Verhaeghe : D'abord, je dirais volontiers que les politiques ont le pouvoir qu'ils se donnent. Bien entendu, s'ils décident sans connaître les réalités, sans étudier les dossiers, l'affaire est entendue: leur impact sur la réalité est nul, ou conflictuel. En revanche, s'ils font le job, il n'y a aucune raison que le pouvoir leur échappe.

Et puis, je ne suis pas sûr que les politiques doivent continuer à décider de tout comme ils le voudraient. Que le pouvoir de l'Etat soit limité me va très bien. Il y a des choses plus importantes dans la vie que de vivre sous la protection du papa-Etat, symbole de toutes les autorités. Par exemple, la liberté individuelle est quand même une donnée très importante de l'existence. Elle me paraît peu compatible avec l'obsession de l'Etat qui dévore le pays. C'est quand même très bien de vivre une vie quotidienne où tout n'est pas régenté, normé, encadré, par des fonctionnaires. 

Mathieu Mucherie : François Hollande a moins d’impact que Benoit Coeuré (membre français du directoire de la BCE, ndlr) sur le plan économique et financier, du moins tant qu’il restera dans le moule du magistère germano-allemand sur la monnaie (servitude volontaire qui avait condamnée Sarkozy à la défaite, c’est pourquoi il y réfléchira peut-être et que tout n’est pas perdu). La Commission est démonétisée depuis le viol permanent du Pacte de stabilité et l’Eurogroupe est encore plus insignifiant depuis que la BCE ne se cache même plus pour diriger la troïka, pour accentuer son impérialisme institutionnel (OPA inamicale sur la politique de changes, OPA sur la supervision bancaire, chantage aux réformes structurelles) et pour se renforcer dans l’opacité.

Quant au Parlement européen, c’est toujours une blague : les auditions de Mario Draghi ne ressemblent en rien à celles de Ben Bernanke devant le Sénat. C’est peu dire qu’il y a un sérieux problème démocratique en zone euro, une concentration de pouvoirs rarement atteinte dans l’Histoire au profit de gens non élus et pas même compétents qui peuvent en toute impunité adresser un ultimatum sur leur site internet à l’encontre d’un Etat membre (la semaine dernière…) en menaçant de l’Armageddon monétaire. En comparaison, la pression des marchés financiers est une aimable plaisanterie.

Sophie Pedder : Il n'y a pas de "forces externes" qui dictent réellement à la France ce qu'elle doit faire. Disons plutôt que l'économie de l'hexagone est surveillée. Mais cela était déjà vrai par le passé : la devise - le franc en l’occurrence - était le thermomètre de la confiance que les marchés accordaient au pays. Même s'il n'y avait pas de façon aussi présente la Commission européenne, l'Allemagne ou les autres acteurs de poids en Europe, la situation était tout aussi, si ce n'est plus, compliquée qu'à l'heure actuelle car cette instabilité monétaire pouvait jouer sur la compétitivité et l'économie dans son ensemble. L'euro a apporté une grande stabilité. C'est une erreur de croire que les marges étaient réellement plus facile auparavant.

C'est désormais la jeunesse qui seule peut faire bouger les lignes et tout ceux qui ont des idées neuves. Les hommes politiques doivent mettre en place les conditions de leur réussite plutôt que de les étouffer avec des taux d'imposition intenables et des contraintes trop fortes en terme de régulation.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio et Olivier Harmant

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