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Les 3 digues internes au parti qui permettent à François Fillon de se maintenir
©Capture d'écran

Garde impériale

Les 3 digues internes au parti qui permettent à François Fillon de se maintenir

Le soutien de Nicolas Sarkozy, les scrupules d'Alain Juppé et une poignée de solides compagnons de route : c'est tout ce qui permet aujourd'hui à la machine de campagne LR de continuer à tourner.

Bruno Jeudy

Bruno Jeudy

Bruno Jeudy est rédacteur en chef Politique et Économie chez Paris Match. Spécialiste de la droite, il est notamment le co-auteur du livre Le Coup monté, avec Carole Barjon.

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Atlantico : Aujourd'hui plus que jamais, le soutien de l'ancien président Nicolas Sarkozy semble compter pour François Fillon. Quel est son rôle dans son maintien en temps que candidat ?

Bruno Jeudy : Nicolas Sarkozy est aujourd'hui le principal soutien de François Fillon. C'est paradoxal, compte tenu de leur relation, qui était notoirement mauvaise et qui reste encore tendue aujourd'hui. Mais Nicolas Sarkozy continue à soutenir François Fillon ; mieux : il le remonte lorsque ce dernier donne des signes d'affaiblissement. Il l'a même coaché, particulièrement sur ses questionnements judiciaires. 

Dans la même dynamique, il a encouragé ses amis à assister à la conférence de François Fillon mercredi et leur demande de le soutenir, de l'accompagner dans ses déplacements. Jeudi soir, c'étaient Luc Chatel et Eric Ciotti qui étaient aux côtés de François Fillon à Nîmes. 

Nicolas Sarkozy, en privé, estime qu'au fond c'est affaire perdue pour la droite avec François Fillon ou un plan B. Sa position est donc aujourd'hui de soutenir le candidat des primaires même si parallèlement les sarkozystes, dont beaucoup commencent à s'interroger sur ce choix ont décidé de se rencontrer pour un petit déjeuner mardi matin prochain.

Sa position (s'il s'est d'abord réjoui des malheurs de son rival) avait d'abord été de pousser la candidature de François Baroin comme éventuel plan B pour barrer la route à Alain Juppé dont il ne veut pas comme candidat des Républicains. Ce qui, la chose pouvant paraître incroyable, fait désormais de Nicolas Sarkozy le soutien le plus indéfectible de son ancien ministre dans la crise que connaît la droite aujourd'hui.

Même si la demande devient explicite, les récents parrainages l'attestent, Alain Juppé ne semble pas enclin à prendre la relève de François Fillon et reste silencieux même s'il n'exclut plus totalement d'être un recours. En quoi cette réticence du maire de Bordeaux s'avère être positif pour le candidat de la droite ?

Alain Juppé ne fera rien pour pousser François Fillon à se retirer. Il avait dans un premier temps par trois fois répété qu'il ne serait pas un plan B. Il a évolué : désormais il se tient près. Il ne le fera que si François se retire de lui-même. Et ce même si ces dernières heures beaucoup de ses amis ont lâché le candidat, à commencer par le trésorier de la campagne Gilles Boyer et plusieurs autres juppéistes importants de l'organigramme tel Benoist Apparu. 

Alain Juppé considère que le remplacement ne pourrait pas réussir pour lui si son remplacement était perçu comme un putsch par la droite et donc qu'il ne bénéficiait pas du soutien de l'ensemble de sa famille politique. Il considère aujourd'hui que dans l'état d'urgence dans lequel se retrouve la droite, il n'a pas la possibilité ni l'intérêt à participer à la chute de François Fillon.

Sénateurs, présidents de région, une poignée d'élu maintiennent leur position auprès du candidat LR. Qu'est ce qui peut expliquer soutien et en quoi représente-t-il l'ultime pilier de la campagne de François Fillon ?

Je pense qu'il y a en effet Bruno Retailleau, président des Pays de la Loire et soutien indéfectible dans cette équipe, ainsi que pour l'instant les soutiens sarkosystes, mais qui sait combien de temps encore il le suivront. 

On a vu de nombreuses défections ses derniers temps, particulièrement parmi des maires de villes importantes (Reims, Rennes, Mulhouse, Angers). Et une des défections les plus notables est celle du président du Sénat Gérard Larcher qui a pourtant porté la campagne de François Fillon dès le début. Les rangs fillonistes s'éclaircissent, mais il y en a qui tiennent encore. La question est de savoir si ces soutiens seront suffisants dans les jours à venir, et des appuis importants seront clairement nécessaires.

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