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Le tract de trop ? LR au bord de la crise de nerfs
©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Pour que la France reste la France

Le tract de trop ? LR au bord de la crise de nerfs

Conçu sans la consultation des adhérents, le tract et son slogan « Pour que la France reste la France» divise profondément le parti. Les élus et les cadres LR ont découvert ce kit de communication à utiliser pour les actions prévues dans les fédérations locales, les 9 et 10 juin . Une crise de trop ?

David Desgouilles

David Desgouilles

David Desgouilles est chroniqueur pour Causeur.fr, au Figaro Vox et auteur de l'ouvrage Le Bruit de la douche aux éditions Michalon (2015).

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Atlantico : Le slogan «Pour que la France reste la France», déchaîne les critiques, au sein même du parti, pour sa connotation proche du FN. Il se trouve par ailleurs que le député Julien Aubert a révélé, photo à l’appui sur sa page Facebook, que cette formule avait déjà été utilisée par La Belle Alliance de Christophe Cambadélis et Benoit Hamon…Ce tract est-il un épisode de trop dans la crise interne des LR ?

David Desgouilles : Il renvoie à la problématique de Laurent Wauquiez lui-même, dont l’image fluctuante, opportuniste et insincère commence à nuire véritablement au parti. Comment se fait-il qu’un homme politique qui commence sa carrière avec le centriste Jacques Barrot et a été Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, se rapproche autant des idées du FN ? La frange libérale de LR est forcément en porte à faux avec un président qui privilégie la France périphérique et rurale et surfe sur les sujets tels que le « 80k/h » et l’immigration.

L’immigration est devenue un thème récurrent du discours de Laurent Wauquiez, dont le contenu emprunte de plus au plus les thèses du FN. Quelle est sa stratégie ? A-t-il délibérément choisi de privilégier un certain électorat au détriment des autres catégories ?

Laurent Wauquiez a adapté son discours à la catégorie majoritaire de son électorat, constitué à 40%0 de personnes âgées. Or on sait bien que cette catégorie est plus réceptive aux questions d’immigration et de sécurité qu’aux questions économiques ou européennes.  Dans la perspective des élections de 2019, il fait le pari que l’électorat libéral est d’ores et déjà acquis au vote Macron et  préfère donc jouer cette carte. Laurent Wauquiez n’a effectivement pas de programme économique, et par ailleurs des élus comme Guillaume Pelletier et Julien Aubert restent sur une ligne historique Pasqua / Séguin sur ces questions. Valérie Pécresse et Virginie Calmels incarnent au contraire un vrai courant libéral, mais malgré leur détermination, quelle influence ont-elles réellement au sein de la direction du parti ? Dans le contexte actuel de défiance à l’égard de l’Union européenne et de montée des partis populistes, Laurent Wauquiez peut penser - et il n'est pas le seul dans son parti- que son discours sera payant. L’immigration et la régulation de l’économie libérale sont clairement des thèmes  considérés comme fédérateurs, et sur lesquels il entend faire campagne.

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