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Vinyle à part – pour des chiffres qui sont bien entendu négligeables -, la tendance est à la disparition des supports physiques.
Vinyle à part – pour des chiffres qui sont bien entendu négligeables -, la tendance est à la disparition des supports physiques.
©Reuters

Le début de la fin

Le streaming aux Etats-Unis dépasse pour la première fois les ventes physiques de musique : et la France va bientôt suivre

La musique en streaming est officiellement une activité plus importante que les ventes physiques de musique aux États-Unis, selon de nouvelles données publiées le 23 septembre par la Recording Industry Association of America. Si les tendances actuelles se poursuivent, le streaming dépassera l'année prochaine les ventes de téléchargement numérique et deviendra la plus importante source de revenus pour l'industrie de la musique.

Pascal Comas

Pascal Comas

Pascal Comas est trader pour son propre compte. Passionné de musique, il collabora avec de grandes maisons de disques à la sortie des albums d'IAM, Massive Attack... Auteur d'un pamphlet intitulé Pensées à Rebrousse-Poil, il fut également co-directeur d'une grosse start-up suédoise.

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Atlantico : Le streaming dépasse les ventes physiques de musique pour la première fois aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous ce chiffre ?

Pascal Comas : Le support physique est bien entendu un support en déclin. Il est immanquablement en voie de disparition. La seule exception concerne le vinyle qui subsistera de toute façon. La seule question concernant le vinyle est de savoir s'il subsistera de manière anecdotique ou si le retour qu'il est en train d'opérer prendra encore plus d'importance. Mais autrement, vinyle à part – pour des chiffres qui sont bien entendu négligeables -, la tendance est à la disparition des supports physiques.

Le fait que le streaming prenne de plus en plus d'importance par rapport aux modes de distribution intermédiaires qui jusqu'à présent prédominaient, c'est que le streaming a l'avantage considérable pour les auditeurs d'avoir un coût bien inférieur au téléchargement. Pour le consommateur, moyennant des forfaits mensuels qui sont véritablement dérisoires par rapport à l'étendue des catalogues auxquels ils ont accès, c'est bien entendu très intéressant. Il a la bonne conscience de ne pas voler la musique pour un prix qui est tout à fait modique.

Qu'en est-il du streaming en France ?

Le streaming y dépassera aussi les ventes physiques très rapidement. Et ce sera d'ailleurs le cas partout. Le streaming est de toute façon le modèle qui va s'imposer car il arrange tout le monde : il arrange l'industrie et il arrange les consommateurs. Les seuls acteurs que le streaming n'arrange pas, ce sont les premiers concernés : les créateurs, qui sont ridiculement rémunérés sur le streaming. C'est un sujet qui est aujourd'hui relativement peu contesté.

Les revenus que les majors du disque ont sur le streaming commencent à devenir conséquents : elles ont conclu – en toute opacité d'ailleurs – un accord avec Deezer en prenant des parts dans le business. Aujourd'hui elles vont encaisser des plus-values, mais les artistes ne vont pas en voir la couleur. Alors que c'est quand même grâce au catalogue créé par ces artistes que les maisons de disques ont pu conclure ce deal. Il serait normal que les artistes récupèrent une part de ces revenus et il n'en sera rien.

Sans parler de cet épisode français particulier, comment s'organisent les revenus du streaming en général ?

Il y a une opacité considérable. Les rapports qui sont émis par les sociétés de streaming sont très peu précis sur le nombre de fois où les morceaux de tel artiste sont joués. La rémunération qui est faite aux artistes pour le streaming, en plus d'être ridicule en termes de pourcentage et en termes de chiffre brut, est de surcroît basée sur des rapports qui sont complètement opaques. Il n'y a aucune transparence. Donc il y a toutes les raisons pour les artistes de ne pas être satisfaits.

A terme, pensez-vous qu'on puisse arriver à une situation plus juste pour les artistes ?

La situation pour l'instant fait que les artistes manquent d'unité sur le sujet pour faire entendre leurs voix. En Angleterre, ils ont trouvé dans la personne morale de PRS – l'équivalent de la SACEM sur le sol britannique – un représentant pour se faire entendre. Mais on ne peut pas dire que ce soit le cas dans beaucoup d'endroits pour l'instant.

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