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Le Pen, Juppé, Macron, Mélenchon et Cie... : ceux qui se sentent pousser des ailes aujourd'hui seront-ils les vainqueurs de mai 2017 ?
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Présidentielle J-365

Le Pen, Juppé, Macron, Mélenchon et Cie... : ceux qui se sentent pousser des ailes aujourd'hui seront-ils les vainqueurs de mai 2017 ?

Pour le moment c'est au sein de son propre camp, voire de sa propre famille que François Hollande doit s'imposer s'il ne veut pas être débordé par ceux qui veulent incarner le renouveau à gauche. Le renouveau, voilà qui rimerait bien avec Arnaud. Le bouillonnant ex-ministre du Redressement productif et de l'Economie est apparu assagi ce dimanche sur France 2.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Il y avait un petit coté provoc dans la déclaration de François Hollande au pied de l'Arc de Triomphe, lorsqu'il a lancé "je serai là le 8 mai prochain" ! Ce n'est pas seulement  pour rappeler qu'au lendemain du deuxième tour de la présidentielle le président sortant sera encore en exercice,-et présidera donc les cérémonies de commémoration du 8 mai, qu'il a lâché cette petite phrase. Avec cette affirmation, François Hollande a lancé un défi à tous les prétendants qui rêvent de le battre, de le supplanter, et l'empêcher de combattre en 2017 au prétexte qu'il n'aurait aucune chance d'être réélu. Nicolas Sarkozy qui se tenait à quelques mètres de là, était-il le premier visé ? Pas sûr ! L'ancien président, et futur candidat  à la primaire n'est pas aujourd'hui le concurrent que François Hollande redoute. Pour le moment c'est au sein de son propre camp, voire de sa propre famille que François Hollande doit s'imposer s'il ne veut pas être débordé par ceux qui veulent incarner le renouveau à gauche. Le renouveau, voilà qui rimerait bien avec Arnaud. Le bouillonnant ex-ministre du Redressement productif et de l'Economie est apparu assagi ce dimanche sur France 2. Avec la gravité qui sied à ce genre de situation Arnaud Montebourg a eu cette parole historique : "S'il y a des responsabilités à prendre dans une période où le pays s'interroge – où est-ce que nous allons ? Qu'est-ce qu'on fait ? –, je les prendrai", soulignant que "c'est une décision difficile à prendre, elle demande réflexion et travail, je n'en suis pas là". Et Arnaud Montebourg réfléchit beaucoup en ce moment à cette décision cruciale. Lui qui a pesé 17% lors de la primaire du PS, et qui pourrait revendiquer sa part du " ça va mieux " clamé par François Hollande, tente de faire fructifier son capital de sympathie afin d'être en mesure de  renvoyer le locataire de l'Elysée à sa chère Corrèze à l'occasion de nouvelles primaires à gauche. Mais si ces primaires ne devaient pas avoir  lieu, Arnaud Montebourg irait-il  défier François Hollande dans les urnes  cette fois ? Sacrée "responsabilité"  pour un homme qui explique que le renouveau ne passe pas par les appareils politiques",  qui dénonce "un système aujourd'hui bloqué, tombé dans le formol, en tout cas au plan national "et estime qu' "il va falloir certainement apporter un vent radical de transformation du monde politique", tout cela en  revendiquant sa fidélité au PS !

Pour Emmanuel Macron la question ne se pose pas en ces termes. Il n'est pas membre du Parti Socialiste. Forcément, puisqu'il se revendique "ni de droite ni de gauche" et que c'est la philosophie qui inspire le  mouvement "En Marche" qu'il vient de lancer  au nez et à la barbe du Chef de l'Etat qui a dû lui rappeler ce qu'il "lui doit". Message reçu et à moitié entendu. Car Emmanuel Macron est populaire, à gauche comme à droite. En présidant les Fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans, il a célébré celle qui "fend le système, elle brusque l'injustice qui devrait l'enfermer ...Elle était un rêve fou, elle s'impose comme une évidence". Se comparait-il à elle ? "Il n'y a pas de malaise avec François Hollande", affirme le Ministre de l'Economie, placé sous les feux croisés de la Droite et plus encore de la Gauche.  Si demain, le Ministre de l'Economie, inspiré par la témérité de Jeanne d'Arc, venait à défier François Hollande devant les électeurs, qu'adviendrait-il de sa popularité ? Le système a certes besoin d'être" fendu", et il est à bout de souffle .Que proposerait Emmanuel Macron pour le régénérer ? Avec quelles troupes irait-il à la conquête des 50 et quelque pour cent des voix nécessaires pour être élu ? "Pas de malaise avec François Hollande" signifie ne pas dépasser la ligne jaune. Aujourd'hui cela s'apparente à de la haute voltige pour le Ministre de l'Economie, cerné par les gardes rapprochées du Chef de l'Etat et de Manuel Valls qui a lui aussi préempté le créneau de la modernité. Quant à François Hollande, il est  soucieux de  préserver la Gauche. Pas celle  du Parti Socialiste ou des Ecologistes , mais celle de Jean-Luc Mélenchon qui crie aujourd'hui à la trahison de celui qu'elle a élu en 2012.Mélenchon dit défendre les victimes de la mondialisation quand Macron demande qu'on s'y adapte puisqu'elle est là et s'impose à nous .Qui aura les cartes en main pour s'imposer dans les urnes ? La question est également posée à droite confrontée à une campagne interne singulière. La primaire aura lieu  fin novembre  et depuis plus d'un an Alain Juppé est en tête des sondages  d'opinion. Le Maire de Bordeaux qui laboure le terrain, s'attendait à une campagne plus mouvementée, faites de chutes et de rebonds dans l'opinion. Il n'en est rien et lui même semble perplexe face à cette situation.   A-t-il  pour autant déjà gagné la primaire, voire la présidentielle ? Confronté à Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire, François Fillon, Jean-François Copé, Nathalie Kosiusko-Morizet lors des débats précédant la primaire de la Droite et du Centre, comment le Maire de Bordeaux  émergera-t-il? En  vainqueur? Terrassé par l'un de ses adversaires ? Nicolas Sarkozy qui cartonne en libraire avec son livre " La France pour la Vie", stagne dans les sondages .La cote de  François Fillon rebondit légèrement; il reste talonné par Bruno Le Maire ...Et puis, le  vainqueur de la primaire de la Droite  sera -t-il face à Marine Le Pen, dont tous les sondages (- et les résultats électoraux  lors des scrutins récents), pronostiquent la qualification au deuxième tour des présidentielles (-configuration qui verrait la gauche éliminée comme en 2002 )?

En dépit de ces pronostics, il est des "irréductibles" qui refusent totalement d'accréditer cette hypothèse. Ceux là supputent que les électeurs ne voudront pas de Marine Le Pen comme présidente de la République  parce qu'elle n'incarnerait pas l'image de chef de la majorité, mais surtout  parce que dans leur esprit elle ne représenterait pas convenablement la France à l'étranger , et  dans les négociations internationales . Prennent-ils leurs désirs pour des réalités ? En tous cas à  ce raisonnement théorique viennent s'ajouter des manoeuvres tout à fait pratiques à la droite et à la gauche du Front National. Sur sa droite , de petits partis comme celui fondé par Carl Lang, l'ancien secrétaire général du FN, contestent les orientations du FN qui vise une "France apaisée", et sont bien décidés à contrer cette stratégie en brandissant la théorie du " Grand Remplacement". A sa Gauche si l'on peut dire, le souverainiste  Philippe de Villiers récuse le discours du Front National , pourfend l'islamisation de la France et n'a pas de mots assez durs pour qualifier les leaders de la droite française, qu'il qualifie de "naufrageurs en cravate, responsables du désastre où nous sommes". Après le succès de  son livre "Le moment est venu de dire ce que j'ai vu", l'ancien  élu vendéen peut espérer capter une partie de l'électorat FN et L.R.. Et l'on pourrait bien se retrouver dans une configuration classique droite- gauche  avec deux finalistes faiblement qualifiés au soir du premier tour de la présidentielle, et un suspense entier pour le second. Mais d'ici là, la route est longue.

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