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Une victime du virus Ebola.
Une victime du virus Ebola.
©Reuters

En quarantaine

Le gouvernement demande à Air France de ne plus desservir la Sierra Leone : les effroyables conditions de vie dans les zones sous quarantaine Ebola

Air France, comme de nombreuses autres compagnies, a cessé ses vols en direction de la Sierra Leone, tandis que les trois autres pays d'Afrique de l'Ouest touchés par le virus Ebola sont quasiment mis sous quarantaine internationale. Une situation difficile à vivre pour les populations locales.

Alors que le virus Ebola continue de se répandre et touche aujourd’hui plus de 2600 personnes en Sierra Leone, au Nigeria, en Guinée et au Libéria selon les chiffres de l’OMS, la plupart des compagnies aériennes ont cessé tout vol en direction de ces pays C'est notamment le cas d'Air France en direction du Sierra Leone. Plus spécifiquement, la mise en place de mesures de quarantaine par les autorités et les organismes présents sur place relève du défi et affecte considérablement les conditions de vie des habitants.

Des quartiers entiers sont interdits d’accès, bloqués par des groupes armés chargés de surveiller les allers et venues, à l’instar de Dolo Town au Libéria situé à quelques minutes de l’aéroport international. A l’intérieur, les quelques 20 000 habitants ont désertés les magasins, tout comme les églises et les marchés. Ces véritables villes fantômes ne se réveillent qu’à l’approche des aides alimentaires – principalement du riz – fournies par le gouvernement.

Malheureusement, ces mesures drastiques ne reflètent que parfaitement la difficulté de mettre en place des mesures de quarantaine.

Au Nigéria, l’épidémie est relativement contrôlée du fait du faible nombre de malades. En Guinée et au Sierra Léone, la situation semble se stabiliser mais la mise sous quarantaine est naturellement encore d’actualité. Quant au Libéria, pour des raisons politiques et à cause de conditions sanitaires fragiles, la réalité est bien plus difficile.

"Les moyens manquent terriblement, alors la taille de l’épidémie s’amplifie. Des besoins primaires tels que des latrines, des masques ou des gants font défaut" explique le Professeur Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies tropicales et infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris et régulièrement en contact avec des collègues au Libéria impliqués dans un programme visant à lutter contre le VIH.

De plus, il semblerait que le matériel permettant de diagnostiquer le virus chez les personnes potentiellement infectées fasse également défaut. Les personnes sont alors mises en attendant sous quarantaine, isolées de l’extérieur. Par conséquent, "nombreuses sont les personnes qui refusent de venir se faire diagnostiquer, ce qui n’augmente qu’encore plus le nombre de cas" explique le professeur.

Autre manque majeur : malgré les efforts de l’OMS, de MSF et des pouvoirs publics pour mieux mettre en place et structurer les quarantaines, le nombre de médecins à même d’aider les malades.

"Ils ont besoin de ressources humaines ! Il est indispensable de mettre en place des formations. Alors qu’en France, on compte un médecin pour 250 personnes, au Libéria il y en a un pour 100 000. Et l’un des seuls libériens spécialisés en médecine interne et maladies infectieuses, le Dr Abraham Borbor, est récemment mort du virus, malgré le sérum Zmapp qu’on lui avait inoculé" déclare Yazdan Yazdanpanah.  

Certains volontaires courageux seraient payés environ 5 euros par jour pour stériliser, transporter et enterrer les corps dans des cimetières situés dans des zones reculées. Par ailleurs, la population vivrait très mal cette mise sous quarantaine internationale et nationale. D’autant que "la plupart des malades ont peur de l’hôpital, étant donné qu’au moindre symptôme, ils sont isolés, loin de leur famille et de leur amis, ce qui pose des problèmes culturels. A cela s’ajoute les tensions politiques du pays et le refus des populations de se déplacer du fait du rejet des hôpitaux" rapporte-t-il.

Et cette peur des populations ne fait qu’empirer la situation. Selon lui, elle se traduit par une sous-estimation du virus, ajoutée au fait que les gens se cachent et se tournent vers des médecines traditionnelles. Les efforts à faire concernant ce virus incurable et mortel entre 50 et 70 % sont malheureusement encore nombreux.

Clémence de Ligny

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