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Le bon racisme
©NICOLAS TUCAT / AFP

La France n'est pas l'Amérique

Le bon racisme

Guillaume Bigot revient sur le contexte autour de l'affaire judiciaire d'Adama Traoré en France et sur la vague de colère aux Etats-Unis après la mort de George Floyd lors de son interpellation par la police à Minneapolis.

Guillaume Bigot

Guillaume Bigot

Guillaume Bigot est membre des Orwéliens, essayiste, et est aussi le Directeur Général d'une grande école de commercel. Il est également chroniqueur sur C-News. Son huitième ouvrage,  La Populophobie, sort le 15 septembre 2020 aux éditions Plon.

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Inutile d’être un noir américain pour être révolté par la mort de Georges Floyd. Inutile d’appartenir à la famille Traoré pour imaginer que les images insoutenables de son assassinat n’ont pu que raviver la douleur de perdre un fils de 24 ans.

Il n’en reste pas moins que quelque chose qui ne va pas dans ce parallèle forcé entre Traoré et Floyd.

Ce qui ne va pas, c’est la singerie de l’Amérique. Ce qui ne va pas, c’est qu’une bavure interprétée comme une injustice faite à une victime mais comme un préjudice causé à une communauté.

Croire qu’Adama est mort en raison de sa couleur de peau, c’est se fonder sur une présomption de racisme. C’est cette présomption que subsume cette horrible expression de « racisme systémique », utilisée par les militants qui entourent la sœur Traoré.

Ce concept, importé des blacks american studies, est intrinséquement raciste. Dénoncer le racisme systémique de la société française, des forces de l’ordre ou des blancs, qu’est-ce d’autre que du racisme ?

Le racisme postule qu’un taux de mélanine pense ou décide à la place de son propriétaire.  Le comble du racisme, c’est de croire qu’il a une couleur.

Il faut arrêter de tourner autour du pot : insulter un CRS en le traitant de vendu parce qu’il est noir, c’est du racisme. 

Compter les noirs dans la salle,  lors de la cérémonie des Césars, c’est du racisme. De même, le terme de racisé est un euphémisme pour faire accepter ce racisme de contrebande.

La sœur d’Adama peut être excusée de tomber dans ce piège car elle a été touchée dans sa chair. Mais comment justifier que des politiciens comme Jean-Luc Mélenchon ou Cécile Duflot et pire encore des vedettes comme Omar Sy ou Camélia Jordana cautionnent ce racisme déguisé ?

L’immense popularité dont jouit Omar Sy prouve que les Français ne se fient pas à la couleur du derme pour reconnaître le talent. Depuis son exil doré de Los Angeles, notre célèbre compatriote a écrit une tribune intitulée « ayons le courage de dénoncer les violences policières en France. »

Mais de quel courage parle celui qui nous a tant fait rire dans Intouchable ? S’il croise des policiers, en rentrant au pays, Omar Sy risque surtout…. de se voir demander un autographe !

La nouvelle coqueluche d’Hollywood prétend parler pour les anonymes qui risquent, à tout instant, d’être molestés par les forces de l’ordre à raison de leur race.

Le courage, ce n’est pourtant jamais de se tenir du côté des agressifs et  des violents. Le courage, ce n’est jamais de défendre le droit du plus fort. Toutes les trois minutes en France, il y a une agression gratuite. L’an dernier, près de 20 000 policiers ont été blessés. Une vingtaine ont perdu la vie. Qui parle pour eux ?

Qui parle du jeune racketté ? Qui parle des pompiers à qui l’on tend des guet-apens ? Qui parle de la voiture du père de famille qu’il  comptait utiliser pour retourner au bled et qui a été incendié par des petits cons ? Qui parle de la tante d’Omar Sy qui doit baisser les yeux parce qu’un adolescent encapuchonné le lui ordonne ? Qui parle des bons élèves des quartiers sensibles, comme on dit pudiquement, et qui se font tabasser parce qu’ils ont peur d’être pris pour des balances à la récré ? Qui parle des jeunes filles que l’on frappe car elles violent la loi du quartier en s’habillant comme bon leur semble ? Qui parle des profs qui arrivent la boule au ventre dans certains collèges ?

Pas les lecteurs, généralement riches et retraités lecteurs du Nouvel-Obs. Pas cette gauche qui est rouge à l’extérieur et dorée à l’intérieur et qui trouve tellement pratique d’avoir remplacé la lutte des classes par celle des races.

Quant à Camélia Jordana, elle aussi est devenue une star grâce au « racisme systémique » des Français. La jolie brune chante en anglais :  « La révolution est venue, il est temps de ramasser les fusils » ! Ayant grandie dans une famille bourgeoise à Toulon, cette jeune fille entonne l’hymne des arrières petits-fils d’esclaves qui risquaient de tomber sous les balles du FBI. La pop star pense lutter contre le racisme, elle excite la mentalité sécessionniste des banlieues.

Non pas que nos flics soient tous de petits anges mais, dans l’ensemble, notre police reflète la diversité française. Sauf exception, les forces de l’ordre dans l’Hexagone se fichent de la couleur des délinquants. La brutalité croissante de leurs méthodes s’adapte à la montée de la violence dans notre société. 20 000 gendarmes et policiers ont été blessés l’an dernier dans l’exercice de leurs fonctions.

Sy et Jordana sont deux millionnaires qui jettent l’opprobre sur des fonctionnaires qui exposent leur vie pour 1800€ par mois. En République, un tel degré d’iniquité n’est pas acceptable.

S’ils sont l’un et l’autre de bonne foi, c’est qu’ils sont aliénés. Aliénés pour utiliser un terme qu’adoraient les marxistes et qui renvoie à la situation de l’esclave qui voit le monde à travers les yeux de son maître. Pas le maître blanc, le maître américain.

Jordana et Omar sy font partie d’une bourgeoise « américanouillarde ». Les décoloniaux sont des colonisés mentaux de l’Amérique. La France n’est pas l’Amérique. Camélia Jordana et Omar Sy, se trompent de pays, de langue et d'époque. Ils croient lutter contre l'injustice,  ils jettent des bidons d’essence sur les braises des banlieues françaises.

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