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Les Français partiront moins longtemps en vacances cette année.
Les Français partiront moins longtemps en vacances cette année.
©Reuters

L'interview Atlantico Business

Laurent Serfaty – Easyvoyage : "Les Français sont prêts à renoncer à beaucoup pour partir en vacances"

Les 26% de Français qui envisagent de partir en vacances pour les fêtes de fin d’année vont privilégier les séjours courts. Autre tendance : peu de vacanciers paieront leur logement, privilégiant l’hébergement chez la famille. Pour Laurent Serfaty, rédacteur en chef d’Easyvoyage, ces nouveaux comportements liés à la crise vont obliger les acteurs traditionnels à remettre en question leur modèle.

Atlantico business : selon votre baromètre, les Français partiront moins longtemps. Est-ce une tendance de fond ?

Laurent Serfaty : C’est une vraie tendance de fond qui s’est amorcé il y a un an. L’abaissement de la durée des séjours est lié au portefeuille des Français. Nous sommes dans une période de crise, les gens consacrent moins d’argent à leurs loisirs en général. La bonne surprise pour nos marchés, c’est que les Français se disent prêts à faire des sacrifices pour continuer à partir. Ceci étant, une fois en vacances, ils vont encore chercher à préserver leur budget. Ils vont donc soit dépenser moins, soit partir moins longtemps. Le second point important, ce que pour la première fois dans l’histoire du tourisme français l’hébergement non marchand est passé devant l’hébergement marchand : partir dans de la famille, chez des amis ou faire de l’échange de maison. On est à 55% pour les vacances de Noël et 58% pour les prochaines vacances d’été. 

Ces nouveaux comportements sont-ils de nature à déstabiliser le marché des Tour Opérators ?

Ça les oblige à revoir totalement leurs offres et leur modèle. On a vu s’accumuler tellement d’événements impactant ces derniers temps et le premier, c’est bien sûr la crise mais n’oublions pas non plus le printemps Arabe. Quand vous enlevez deux des cinq premières destinations du marché Français, à savoir la Tunisie et l’Egypte, l’impact économique est terrible pour les Tour Opérators. Par exemple pour Fram ou Nouvelles Frontières, ces pays-là c’est 40% du business. Ajoutons à cela la crise qui impacte les destinations long-courriers, les évènements sanitaires en Asie et les catastrophes climatiques, la situation est redoutable. Il est évident que ce modèle de tour-operating a vécu. Maintenaient, il faut davantage de réactivité, c’est un de leurs problèmes. Par exemple, avant que ces gros opérateurs réagissent par rapport au printemps arabe, il s’est écoulé deux ans. Ils ont perdu environ 25 millions d’euros chacun à cause de leurs stocks. Il faut être plus réactif et donner la possibilité de vendre du sur-mesure.

Le baromètre indique que 36% des Français préfèrent recevoir des séjours en cadeau. Que cela veut-il dire ? L’avenir des voyagistes se joue-t-il aussi dans les box cadeau ? 


Je ne pense pas. L’offre des coffrets cadeaux est en train de se casser la figure. Hormis Wonderbox, la plupart ont fermé ou sont en difficulté. Chez Smartbox par exemple, la position est difficile. C’est un phénomène de mode et l’on voit clairement que ça ne va pas durer 20 ans. C’était original à l’époque où c’est apparu mais on se rend compte que c’est quand même un moyen de se dédouaner d’un cadeau. Ce chiffre exprime nettement ce besoin des Français de partir en vacances. Nous vivons une époque difficile, dans un monde compliqué et de plus en plus dur. Le pouvoir d’achat est en baisse, la crise économique est là de manière durable. Partir en vacances n’est plus un besoin, c’est une nécessité. Aujourd’hui, les gens ont besoins de voir autre chose, de s’ouvrir à d’autres horizons pour sortir de ce marasme. Ils sont prêts à renoncer à beaucoup pour s’offrir un peu de dépaysement.

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