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L’évolution accélérée des technologies bouleverse la médecine et notre système sanitaire.
©Reuters

Bonnes feuilles

La médecine bientôt sans médecin ? L’ordinateur, ce nouveau praticien de synthèse

L’évolution accélérée des technologies bouleverse la médecine et notre système sanitaire. Extrait de "La médecine sans médecin ?", de Guy Vallancien, publié aux éditions Gallimard (2/2).

Guy Vallancien

Guy Vallancien

Guy Vallancien est un chirurgien français, professeur d'urologie à l’université Paris Descartes, membre de l'Académie nationale de médecine et de l'Académie nationale de chirurgie. Il a fondé et préside la Convention on health analysis and management (CHAM) et l'École européenne de chirurgie.

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La grande mutation qui se profi le est celle de l’ordinateur, assistant médical capable de choisir et de décider. Procédant par algorithmes conçus pour traiter des milliers d’informations aussi disparates a priori que la date de naissance, le métier, le statut marital, le nombre d’enfants, les hobbies et passions, les antécédents médicaux, les symptômes et les examens complémentaires d’imagerie, de biologie et autres bilans, tous éléments utiles au diagnostic, le « médecin de synthèse » est prêt à nous aider, voire à nous remplacer !

>>>>>>>>>A lire également : La médecine bientôt sans médecin ? L'émergence du malade sans symptôme

La croissance exponentielle de la puissance des ordinateurs et le développement accéléré de l’intelligence arti fi - cielle chamboulent l’art médical. L’exafl op, soit la possibilité d’exécuter un milliard de milliards d’opérations par seconde, est atteint, ouvrant la voie au zetafl op (mille milliards de milliards d’opérations par seconde). Ces données brutes ne nous font qu’entrevoir les capacités cognitives des machines intelligentes sur lesquelles travaillent les fi rmes informatiques.

IBM a fait jouer son Système Watson, du nom du créateur de la marque, à Jeopardy, jeu télévisé bien connu du public américain. L’ordinateur a empoché la somme rondelette d’un million de dollars, reversée à des associations caritatives. Depuis, la fi rme a développé un programme d’intelligence artifi cielle permettant à la machine de comprendre l’énoncé de questions, de parler pour prendre la main. En parcourant deux cents millions de pages en moins de trois secondes, elle est capable de trouver la bonne réponse et peut même ironiser.

Victor, un robot humanoïde créé par l’université Carne gie- Mellon, à Pittsburgh, s’escla+ e en dodelinant de la tête : « Oh, fl ûte ! J’ai perdu. » Ou au contraire « Ah ! Je l’ai bien eu ! », selon les résultats du jeu de Scrabble auquel il s’adonne. Outre IBM, d’autres fi rmes, comme Google, travaillent sur ce sujet majeur. Nous y reviendrons, au chapitre consacré à « l’homme augmenté », sur la question du risque de domination de ces instruments aux capacités, pour le moment, sans limite de puissance.

Les retombées de l’intelligence artifi cielle sont incalculables. Elles vont investir la totalité de notre univers médical. Les domaines du diagnostic, de la thérapie et de l’évaluation des pratiques, tant médicales qu’assurantielles, profi teront de ces aides informatiques à la décision et à l’organisation. Plusieurs champs d’application sautent aux yeux :

1° Aider les médecins au diagnostic en leur proposant des scenarii divers selon les items du patient introduits dans l’ordinateur. Plus les données seront nombreuses, plus la fi nesse d’analyse sera grande. Cette aide informatique servira d’abord aux médecins généralistes, qui sont aux premières loges pour démêler les cas particuliers, tâche la plus di( cile à accomplir, mais aussi aux malades euxmêmes pour des soins de base. L’algorithme à la place du bon docteur, la machine substituée à l’homme ! Est-ce possible ? Oui, c’est non seulement possible, mais indispensable pour améliorer les résultats.

2° Optimiser le choix thérapeutique selon les mêmes principes, facilitant d’autant la décision fi nale, et éviter les risques d’incompatibilité entre médicaments.

3° Évaluer en temps réel la pertinence des actes médicaux grâce à l’implémentation permanente de nouvelles données et de résultats colligés à partir des expériences personnelles.

4° Amplifi er la qualité des images radiologiques et de leur reconstruction en 3D, améliorer le guidage des agents physiques de destruction tissulaire focalisée pour traiter les petites tumeurs à moindres risques fonctionnels ou esthétiques. Participer au pilotage des robots chirurgicaux.

5° Optimiser la couverture assurantielle en ciblant mieux les populations à risques particuliers, nous faisant évoluer concrètement du principe d’égalité à celui d’équité.

Extrait de "La médecine sans médecin ? - le numérique au service du malade ", de Guy Vallancien, publié aux éditions Gallimard, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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