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Manuel Valls a déclaré que la gauche pouvait "mourir".
Manuel Valls a déclaré que la gauche pouvait "mourir".
©Reuters

R.I.P.

La gauche ne risque pas de mourir, elle est déjà morte… et on a retrouvé l’assassin

Un enterrement sans fleurs ni couronnes. Ils ne sont pas bien nombreux ceux qui ont accompagné son cercueil.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La gauche risque de mourir. Le diagnostic est de Manuel Valls, un médecin dont les compétences en soins palliatifs ne sont niées par personne. Le Premier ministre est – fonction oblige – nécessairement prudent. On le voit mal en effet dire aux siens qu’ils sont morts.

On s’autorisera à être moins timoré que lui : la gauche est morte ! On dit la gauche par commodité langagière. Alors qu’il s’agit en fait du parti socialiste qui, de loin s’en faut, n’a que peu de rapport avec ce que les honnêtes gens (il y en a encore) appellent la gauche. Donc le parti socialiste est mort. Et on connaît son meurtrier.

Le meurtrier a élu domicile au 55 Faubourg Saint-Honoré. Un meurtrier, pas un assassin, ce qui supposerait de la préméditation. En effet l’heureux occupant de cette coquette demeure, bien qu’ayant signé un bail de cinq ans, est là par le plus grand des hasards. Son nouveau domicile, il le doit en effet à une certaine Nafissatou Diallo qui, par une fellation forcée ou consentie, lui a permis d’entrer dans des lieux promis à un autre que lui. Et le locataire du 55 Faubourg Saint-Honoré se trouve bien là où il est. Seul maître en son palais, il se réjouit que les blagounettes qu’il affectionne jouissent ainsi d’un écho considérable. Il est l’homme qui rit dans les cimetières…

Reste que pour commettre son meurtre, il a bénéficié de nombreuses complicités. Comme dans Le crime de l’Orient-Express, tout le monde y est allé de son coup de poignard. Tous : les gardes rouges de son parti, les barons régionaux du PS, les députés roses, les médias fascinés par cette envoûtante frénésie…

Si le parti socialiste est passé de vie à trépas, c’est à cause de deux péchés originels, battant ainsi le record, que l’on croyait éternel, d’Adam et Eve. Tout d’abord il s’est livré pendant des années à un exercice maléfique relevant du rite vaudou : planter des aiguilles dans le corps d’une poupée représentant Nicolas Sarkozy. Ah que c’était bon de s’acharner sur ce fasciste, sur ce fils de Pétain ! Et quand – Oh miracle ! – le PS fit mordre la poussière au monstre tant haï, il se crut tout permis. Tout, c’est-à-dire n’importe quoi.

Le n’importe quoi, ce fut la bataille du mariage pour tous. Le deuxième péché originel. Une réforme plutôt sympathique mais ni nécessaire, ni utile dans une France qui souffrait d’une crise économique, sociale, morale, identitaire sans précédent. Quand des centaines de milliers de femmes et d’hommes descendirent dans la rue pour dire non au projet, ils furent décrétés "homophobes", "intégristes" et "réactionnaires". "Des fachos" ! Rien que des mots qui servent juste à ne pas penser.

Mais le pouvoir socialiste tint bon. Il avait enfin sa grande bataille fondatrice et purificatrice contre la droite tant détestée. Pourtant les quelques modestes, très très modestes manifestations groupusculaires en faveur du projet auraient dû l’alerter sur le peu d’enthousiasme suscité par son projet. Et le pire pour les socialistes fut que des millions de braves gens, qui n’en avaient rien à secouer du mariage pour tous, se pénétrèrent d’une idée très simple : le PS n’était capable de se battre que pour ça et pas pour eux.

La gauche a marqué l’Histoire de France par deux fois. En 1936, quand le Front populaire instaura les congés payés et la journée de 8 heures. En 1981, par l’abolition de la peine de mort, une mesure réclamée avec force et passion par Victor Hugo, un patronage plus qu’honorable. En 2012, la gauche marque sa nouvelle entrée dans l’histoire (petit h) par une loi qui permet à quelques milliers de personnes de passer devant M. le Maire. Quel chemin parcouru !

Dans le souci de ne pas laisser Manuel Valls tout seul avec son "la gauche peut disparaître", il convient de mentionner Jean-Christophe Cambadélis. Lui a trouvé une formule remplie d’espoir : "gauche, année zéro". Le premier secrétaire du parti socialiste n’est pas un grand cinéphile. Sinon il saurait que la formule est empruntée au célèbre "Allemagne, année zéro" de Roberto Rossellini, un film dont toute l’action se déroule dans les ruines de Berlin et dans les décombres de l’Allemagne de 1945. Cette dernière est aujourd’hui la première puissance européenne ! Et ce miracle, elle le doit notamment à l’aide de ses vainqueurs américains. On se disait bien que le seul espoir pour la gauche de se refaire, c’est la victoire de la droite… 

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

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