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La francophonie à l’honneur en Syrie : des geôliers qui parlent français…
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Cocorico !

La francophonie à l’honneur en Syrie : des geôliers qui parlent français…

C’est ce qu’ont rapporté les quatre journalistes otages libérés hier. On savait bien que notre langue gagnait en influence.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Qui a dit que le français était une langue en voie d’étiolement ? Qui a dit que la francophonie se mourait face à la déferlante anglophone ? Qui a dit que notre beau-parler allait bientôt être rabaissé au rang d’un idiome quelconque ? Les déclinistes. Ces oiseaux de malheurs ont tort. Le français progresse. Et là où on ne l’attendait pas. En Syrie !

Didier François, Nicolas Hénin, Edouard Elias, Pierre Torres, otages de l’Etat islamique en Irak et au Levant, un machin qui fait passer les gens d’Al-Qaïda pour des mauviettes, ont en effet eu le bonheur d’entendre certains de leurs geôliers parler la même langue qu’eux. Une proximité propre à favoriser le rapprochement entre les peuples et les êtres humains. Il est possible que le français, langue raffinée et chantante, ait été préféré par les G.O. du camp de vacances où ils étaient, à l’arabe, aux sonorités plus rugueuses. Il ne faut pas négliger non plus la possibilité que les mêmes aient été séduits, non seulement par le Coran, mais aussi par Victor Hugo, Baudelaire ou Rimbaud. Mais quelle que soit l’hypothèse retenue, le fait est – cocorico ! – que l’anglais (pas l’arabe quand même) est en voie d’être bouté hors de Syrie. Comment ne pas s’en réjouir ?

Mais Laurent Fabius, qui est un rabat-joie de première, a tenté de refroidir notre enthousiasme. Pisse-froid, le ministre des Affaires Etrangères a précisé que « malheureusement, parmi les djihadistes en Syrie, il y avait des Français, des Belges, des Italiens… Quoi des bouffeurs de macaronis, des empiffreurs de moules-frites viendraient nous faire concurrence ? La bataille sera rude mais nous la gagnerons.

En effet, d’après les services de renseignement, sur les 2 000 Européens (on n’a pas trouvé d’autre mot) qui combattent en Syrie, les Français (on n’a pas trouvé d’autre mot non plus) seraient au nombre de 700. Donc nous gagnerons car nous sommes les plus nombreux et les plus forts. Une victoire d’autant plus nécessaire que parmi les Belges enrôlés, il y en a certainement qui parlent flamand. Et nos amis Wallons ne nous pardonneraient pas de laisser s’installer cette langue abominable en Syrie.

C’est le genre d’affaire dont il vaut mieux, a priori, rire que d’en pleurer. Mais on a quand même envie de pleurer. Parmi les journalistes libérés il y a Didier François, jeune, très jeune militant de gauche – à une époque où il y avait encore quelques mérites à l’être – c’est lui, qui, en 1985, inventa le célèbre slogan « Touche pas à mon pote » devenu l’emblème de SOS Racisme. Aujourd’hui, les enfants de ses potes portent un badge avec un croissant sur lequel est marqué « Touche pas à mon Mahomet » !

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

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