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Emmanuel Macron séparatisme
Emmanuel Macron séparatisme
©ludovic MARIN / POOL / AFP

Séparatisme

La France ne luttera jamais efficacement contre l’islamisme en oubliant qui elle est

Le président de la République Emmanuel Macron et le gouvernement sont mobilisés dans le cadre de la lutte contre le séparatisme et le fondamentalisme. Jean-Luc Schaffhauser revient sur les enjeux de ce dossier.

Jean-Luc Schaffhauser

Jean-Luc Schaffhauser

Jean-Luc Schaffhauser, Consultant international est Président de l’Académie européenne, ancien Délégué Général du Fonds Capec, Secrétaire Général du Forum démocratique qui vient de de se constituer en France et qui regroupe des intellectuels de gauche et de droite ainsi que des responsables de la société civile.

Il est également député européen du Rassemblement bleu Marine. 

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La réalité de l’Islam revient comme elle était advenue dans notre histoire. Désormais, un ennemi  est nommé : l’islamisme radical. Hier, l’Islam n’était pas nommé pour ‘’pas d’amalgame’’ ; aujourd’hui, l’isme veut ignorer dans l’Islam, les racines de l’islamisme.

Si on peut comprendre cette attitude d’un point de vue politique pour éviter un affrontement inutile et stupide avec 50% des musulmans sur notre territoire qui se disent en marge de la république dont 28% qui offrent un profil d’ultras (Ifop 2016), il est néanmoins nécessaire de comprendre les fondements ou les logiques théologiques de l’Islam sinon on peut difficilement comprendre à la fois cette situation et pourquoi selon le sondage ifop 2020  ‘’pour 69% des musulmans, publier des caricatures religieuses est un tort’’.

L’Islam n’est pas qu’une religion mais une politique religieuse, une civilisation, une loi, une société. Nous, Français, issus d’une civilisation chrétienne, nous pouvons difficilement comprendre cette globalité de la religion politique et de la politique religion car même sous nos Rois très chrétiens, faisant, pour certains, un usage abusif de la religion, il fallait rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ; il y avait une autonomie du temporel et du spirituel avec leurs souverainetés propres.

Le Dieu chrétien est un Dieu mis à mort et crucifié, ce qui est impossible et blasphème pour un musulman. Mais il est justement crucifié car il nous laisse libre de croire ou ne pas croire, de l’aimer ou de le refuser. Car avec le Dieu crucifié, il y a l’amour de Dieu pour l’homme libre ; et avec cette liberté, la ‘’liberté’’ de tuer Dieu par notre péché qui demande un rédempteur divin pour notre rachat, logique théologique. Cette mise à mort de Jésus est plus qu’un blasphème mais est la conséquence directe de notre liberté.

C’est cette liberté issue du Dieu sur la croix que l’Islam rejette, non seulement rejette théologiquement mais combat voulant imposer une soumission au dieu qui doit déjà régner sur terre par la théocratie. La religion musulmane est une politique totalitaire et la politique musulmane est une religion totalitaire.

L’islam ne peut ainsi comprendre la foi des chrétiens en un Dieu unique et trinitaire car, dans le christianisme, l’intimité de Dieu est dialogue d’amour, du Fils qui procède du Père dans le lien du Saint-Esprit ; c’est l’amour qui unifie les 3 personnes dans leur diversité en un seul Dieu. Le Dieu musulman est un, sans dialogue d’amour et ne demande donc pas la conversion du cœur et de l’intelligence en s’ouvrant à l’amour ; il agit par la force jusqu’au meurtre de l’infidèle qu’il faut combattre par le sabre. Ce n’est pas l’islamisme, c’est l’Islam qui doit bâtir le retour originel au règne d’Allah sur terre et Mahomet, son prophète, est donc à la tête des armées. 

En cela, la religion musulmane est une religion ‘’temporelle, trop temporelle’’, un  opium des peuples diraient d’autres. L’homme obtient sa conversion par sa soumission à l’ordre du ciel sur terre, exprimé par son prophète et interprété par les imans ou prêtres ou le pouvoir temporel, cet ordre de la religion humaine que Jésus est justement venu subvertir comme fils de Dieu, au nom du vrai Dieu pour un chrétien. Face à la liberté de l’homme qui implique le refus de Dieu, face à la folie d’amour d’un Dieu sur la croix avec sa subversion de l’ordre établi mais aussi de la religion cautionnant cet ordre ; l’Islam, lui, est intrinsèquement pouvoir, soumission, conquête, domination politique et religieuse.

Le Christ apporte aussi la liberté et la laïcité dans nos sociétés par l’incarnation du Verbe, fils de Dieu, fils du charpentier et charpentier lui-même, vivant parmi nous simplement sans se faire remarquer pendant 30 ans, Dieu incarné, habitant chez nous durant toutes ces années ‘’privées’’, rendant un culte infini d’amour, tout en étant Dieu, maître et Souverain de tout l’univers. Jésus passe ainsi presque inaperçu mais est le Messie : les sourds entendent, les aveugles voient, les morts ressuscitent. Mahomet juge, gouverne et combat en étant le prophète de Dieu.

Aussi, dire qu’on combat l’islamisme politique, c’est dire qu’on combat l’Islam logiquement et défendre les caricatures, c’est s’opposer à l’ordre musulman religieux et politique. En distinguant l’islamisme de l’Islam, notre Président a engagé, sans s’en rendre compte, une guerre de civilisation et de religion avec la ‘’liberté’’ des caricatures. Car la laïcité républicaine n’est qu’un ersatz de la laïcité chrétienne.

En effet, si les valeurs de Liberté et de liberté religieuse et donc de laïcité, issues d’un Dieu sur la Croix et d’un Dieu fils de charpentier, d’Egalité de tout homme d’une humanité rachetée de son péché par le sacrifice de la Croix du fils de Dieu, et donc de Fraternité en ayant tous un seul Père par le fils, ont été reprises par la République ; les fondements chrétiens qui rendent possibles mais aussi effectives ces valeurs de civilisation ont été ignorés. Ainsi sont-elles devenues, ces valeurs, sans la transcendance chrétienne, dès la première république, une politique devenue religion. Avec la décapitation du roi, l’islam n’est pas la seule religion politique à décapiter, il s’agissait de prendre la Souveraineté de Dieu sans la liberté d’adhésion du Peuple, sans délégation propre au temporel et à sa liberté, par la terreur en en imposant la ‘’soumission’’ aux valeurs de liberté, égalité et fraternité. Ce fut le prélude à tous les totalitarismes modernes, du bolchevisme à l’ultra- libéralisme avec son laïcisme et sa liberté devenue folle dans son nihilisme de l’être et de la vie et donc de toute transcendance ! On est alors dans la liberté de caricaturer sans respect de l’autre quel qu’il soit au nom d’une liberté qui peut tuer les ennemis de la liberté !

La République laïque est ainsi devenue religion laïciste et la religion laïciste, une politique. Le Peuple, qui était ‘’souverain’’ dans le royaume de France car le roi régnait par délégation d’un Dieu aimant notre liberté individuelle et collective, s’est vu paradoxalement ainsi confisquer sa liberté par ses délégués dans une démocratie autoréférentielle finissant en démocratie orwellienne. Il suffit d’écouter Macron et ses ministres dans leur incompréhension du réel pour comprendre ce qu’est devenue la politique sans la limite de la transcendance qui va avec celle de la réalité de l’être.

Désormais, nous sommes à la fin du processus révolutionnaire. Il n’y a plus que la souveraineté du néant ne respectant rien confrontée à l’Islam qui montre la vacuité de notre propre religion politique pendant que le Covid prépare, l’effondrement de l’économie française et occidentale.

Alors que faire ? Si la théologie et la philosophie montrent les logiques systémiques de l’Islam mais aussi de la République laïque, l’homme politique, lui, doit agir avec prudence et fermeté en s’adaptant aux réalités multiples des islams au nom justement de la chose publique tout en ayant une vue claire des principes et de leurs logiques. Les Emirats arabes unis, par exemple, demandent aux musulmans de France de respecter les lois de la France et combattent ‘’l’islamisme’’ depuis leur ‘’théocratie’’ même ; le Maréchal Sissi, musulman autocrate, s’adresse aux théologiens de l’université al-Alzhar pour leur demander de réformer l’islam dans une tradition d’intelligence. Nous avons donc des alliés au sein même du monde musulman car tout pouvoir établi, y compris musulman, a à lutter contre le califat qui veut lui prendre son pouvoir !

La France pourrait ainsi s’allier aux musulmans modérés mais pour cela elle doit, elle aussi, sortir de sa religion politique laïciste pour retrouver sa tradition de liberté, issue de la transcendance chrétienne, qui constitue justement sa civilisation. Au nom de cette liberté, nous devons le respect aux musulmans dans leur religion, nous devons nous adresser également à leur cœur et à leur intelligence en ne brandissant pas le chiffon rouge des caricatures les enfermant dans leur ‘’fondamentalisme’’.

Ce témoignage de liberté doit évidemment échapper au ‘’pas de vagues’’ de la dhimmitude déjà présente sur notre territoire lorsque au nom du respect de l’islam nous acceptons la société musulmane sur notre territoire car alors nous sommes déjà des soumis chez nous. Nous y parviendrons que si nous avons compris la spécificité de notre civilisation en refusant cette fausse équivalence républicaine de toutes les religions qui se valent car aucune autre religion n’a un Dieu sur la croix au nom de la liberté exigée par l’amour. L’amalgame des religions du livre est simplement un amalgame.

Politiquement, nous devons demander, en accord avec les pays musulmans modérés, à tous les imans de France, la signature d’une charte sur la liberté de religion, l’égalité homme-femme, et la fraternité universelle avec l’expulsion immédiate des imans qui refusent de la signer, la fermeture de leurs mosquées ainsi que l’expulsion de tous les imans qui sont nommés par les pays qui attaquent la France. Cette mesure devrait se faire avec l’expulsion de tous les étrangers fichés S et plus largement avec celle des étrangers délinquants, y compris de ceux qui ont la double nationalité.

La question de nationalité française et de la religion musulmane devrait également être posée comme elle s’est maintes fois posée dans notre histoire car l’islam, dans ses fondements, n’est pas ‘’neutre’’ politiquement. Les Emirats tentent une telle neutralité mais un chrétien ne peut y être citoyen que marginalement et la loi reste fondée sur la charia tout en prônant la mise à mort des fondamentalistes pour rester dans la modération et la tolérance religieuse particulière aux Emirats.

Pour agir avec cette lucidité systémique accompagnée d’une politique adaptée à la réalité de notre monde, la France a besoin d’un chef d’Etat retrouvant la ‘’Souveraineté’’ de service avec son monopole de la Force. Une telle politique ne peut se faire que dans la culture de liberté de notre civilisation, autrement dit sans la liberté de consentement du Peuple par le référendum élargi, utilisé autant que nécessaire, rien n’est possible. Elle ne peut se faire avec la fausse transcendance d’institutions juridiques remplaçant le faux ‘’droit divin’’ telles la Cour européenne des droits de l’homme du Conseil de l’Europe ou de la Cour de Justice de l’Union, ou des tribunaux administratifs et du Conseil d’Etat en passant par cette fausse Cour suprême qu’est notre Conseil Constitutionnel, autant de dictatures juridiques contre la liberté du Peuple. La souveraineté de l’Etat ne peut être limitée par des Juges dans un Etat dit faussement de droit qui devient ainsi un droit sans Etat contre le Peuple, elle ne peut être limitée que par la liberté du Peuple ; seul un Etat fort peut être au service du bien commun et de la chose publique ……. Il nous faut restaurer l’Etat avec la liberté du Peuple de France.

Jean-Luc Schaffhauser est un ancien député européen

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