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La fin des jauges et l'allègement des restrictions sanitaires peuvent-ils s'accompagner d'une embellie sur le plan de l'économie ?
La fin des jauges et l'allègement des restrictions sanitaires peuvent-ils s'accompagner d'une embellie sur le plan de l'économie ?
©BERTRAND GUAY / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

La fin des jauges, le début du test de réalité pour les entrepreneurs

Certaines contraintes sanitaires, comme le port du masque en extérieur ou les jauges, ont été levées en France. Les principaux secteurs économiques du pays peuvent-ils avoir des motifs d'espoir concernant la reprise ?

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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La France n’est plus « jaugée », en tous cas pour les citoyens qui se sont soumis sans conviction pour la plupart, de façon réelle mais très souvent simulée (le nombre de faux vaccinés semble monstrueux), à l’obligation vaccinale.

Les sous-citoyens, que cette gestion totalitaire de la crise a su créer, qui a démontré que le Conseil Constitutionnel est un organe d’opérette, qui considère que rompre le principe d’égalité entre les citoyens, censé fonder notre République, est conforme à la constitution (!), seront, eux, toujours tenus à l’écart d’une vie normale, alors qu’au moment où cet infâme pass-vaccinal entrait en vigueur, le reflux était évident dans le monde entier, marquant son inutilité totale. L’honnêteté consisterait à le supprimer et l’oublier, comme tous ces pays, majoritaires dans le monde, qui n’ont jamais envisagé de le mettre en place.

Dans les restaurants français, un vacciné contaminé est toujours accueilli alors qu’un non vacciné testé négatif et parfaitement sain est bani. Comprenne qui peut. Mais Macron entre en campagne, on ne peut pas interdire aux français de vivre plus longtemps une vie normale sous peine de sanction en Avril. Ceux qui pensaient qu’on assistait à la gestion d’une crise sanitaire alors que l’on subissait une gestion totalement politique, vont enfin peut-être revenir à la raison et demander des comptes.

Cette étape devrait marquer un retour progressif à la normale ou au « new normal » comme le nomme ici les Américains. Un nouveau monde dans lequel plus de 3 millions de jobs ne trouvent pas preneurs aux USA, et des centaines de milliers en France. Un nouveau monde dans lequel le télétravail va devenir le nouveau prétexte à affrontements syndicaux. Un nouveau monde dans lequel l’inflation semble vouloir s’installer, du fait d’une chaîne logistique mondiale, qui ne reviendra pas à la normale avant fin 2023, voire plus. Notamment pour le maritime. Offre rare, demande haute. Cela produit assez rarement autre chose que de l’inflation. Elle se traduit en général par des négociations salariales âpres, surtout à l’approche des Présidentielles, lors desquelles les candidats adorent lancer l’irréalisme comme doctrine, et trouvent des électeurs prêts à y croire. Quand on me parle d’intelligence collective, comme Coluche, « je me marre » !

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Nous allons donc enfin, recevoir l’addition. La vraie. Pas l’addition camouflée par les subventions, prêts, et par l’arrêt total de l’activité de e l’URSSAF, qui n’a jamais été aussi inactive (que font ses agents depuis 24 mois, quelqu’un le sait-il ? Sont-ils toujours payés à ne rien faire ?). Pour ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas, plus de 75% des demandes de mises en redressement judiciaire en France sont le fait de l’URSSAF. Pas une demande depuis 18 mois…Du jamais vu. Cela ne va pas durer, et le réveil va sonner brutalement.

Nous allons enfin lister et comparer le nombre de ceux qui tiendront et de ceux qui vont mourir, et qui ne saluerons pas César... Le dégel, sous forme de disparition de toutes les aides et survies artificielles qu’elles ont permis, va laisser apparaitre les cadavres. Oh, pas immédiatement, mais sur les 18 prochains mois, avec un impact énorme, qu’une croissance provisoire, permettra de masquer légèrement, pour en dévoiler toute la violence ensuite. Pas grave, les Présidentielles seront passées !

Le monde de l’évènementiel par exemple. Les festivals vont encore souffrir, malgré une jauge rétablie, en effet, une large partie des non vaccinés étant jeunes, il va manquer à leur appel des dizaines de milliers de clients. Les marges étant maigres, et les pertes passées importantes (sans compter les prêts à rembourser), les évènements de cette année, ne permettront ni bénéfices et dès lors, aucun investissement. En Mars prochain le MIPIM, l’un des plus gros salons immobiliers d’Europe (Cannes) affichera à peine 70% de sa clientèle habituelle. Cela signifie, un bilan négatif et aucun investissement pour le futur.

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Les grands organisateurs d’évènements ont licencié en 18 mois près de 30 à 40% de leur personnel. Et peine à en retrouver aujourd’hui. Les conséquences à moyen terme, sur une industrie essentielle pour la France, seront terribles. Plusieurs grands évènements sont en train de quitter Paris pour le Moyen-Orient et notamment vers les Etats réalistes, qui eux, ont laissé leur économie tourner pendant le Covid. Austin (Texas), Miami (Floride), Dubaï…

La restauration est terrassée par le manque de personnel. La construction aussi, encore plus qu’avant le Covid. Une génération en a profité pour se former et changer de secteur, sans retour possible. C’est partout pareil, malgré l’augmentation des salaires qui est incroyable ici aux USA. Mac Do est passé de 9$ de l’heure à près de 15$ dans certaines villes afin d’attirer le jeune en mal d’un salaire facile. Du coup le prix du burger a fait un bond calorique, qui impacte les plus modestes, qui venaient trouver là une nourriture facile et accessible. Cet exemple, généralisé à toute l’économie, explique l’accroissement des inégalités de richesse. Les plus pauvres paient tout de plus en plus cher, et s’appauvrissent un peu plus chaque jour. A la rue, pour sauver la popularité de politiques frileux (Canada, Australie, France, Italie..), terrorisés par leur ombre, soucieux de préserver à tous prix une population vieillissante, qui non seulement accorde plus de crédit à la sécurité qu’à la liberté, mais surtout vote !

L’automobile reste clouée au sol par le manque de puces électroniques, notamment. Comme me le confiait un dirigeant du CAC de ce secteur « depuis 24 mois, il ne nous manque, face à cette gestion hystérique, que l’invasion de sauterelles, et nous aurons tout connu ».  Pendant ce temps, Tesla, qui a su être plus malin, tient la dragée haute à toute l’industrie en proposant à peine 3 modèles, face à la multitude de modèles des « traditionnels ».

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L’immobilier lui se porte bien, emballé par des emprunteurs attirés par des taux encore bas, et une inflation qui viendrait gommer les effets de leur hausse éventuelle. Mais c’est une croissance artificielle, de circonstance, voire d’urgence. Aucun fondamentaux dans la croissance ou les perspectives à 5 ans, qui ne puissent justifier cela.

The Economist rappelait que sur 5 critères principaux, la France apparaissait comme l’une des plus mauvaises gestions de la crise, car elle se retrouve en 15ème position face aux plus grands pays mondiaux sur tous ces critères (investissement, chômage, croissance, endettement…).

Et enfin, le dégel le plus brutal concernera non pas le nombre de faillites, mais leur localisation. En clair, les territoires à la dérive ou au bord de la faillite, majoritaires sur les 36000 communes françaises, sont les territoires dans lesquelles les entreprises, souvent les dernières, auront disparu, sans aucune chance de re-création. Une entreprise meurt à Paris et ce sont entre 1 et 3 qui apparaissent à sa suite. Dans les territoires, une mort est définitive.

C’est ce cataclysme-là qui va envahir progressivement notre pays et l’emporter. Je souhaite bonne chance au prochain président de la République. J’espère qu’il ou elle aura des bouées solides et un bouclier anti-tsunami, car alors les désespérés, les sans-avenir (qu’on appelait, sous l’ancien régime socialiste, les sans-dents), feront passer les gilets jaunes pour une bucolique étape du tour de France.

C’est la fin des jauges, mais le début de la mesure de la jauge des conséquences de l’hystérie de certains Etats, qui vont le faire payer cher à leur économie. Ruinés et endettés, ils n’auront d’autres choix que d’augmenter les impôts, avec les conséquences que l’on sait. Décidément, on est bien en dehors de France, chez les gagnants.

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