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L’Europe a placé la France sous surveillance.
L’Europe a placé la France sous surveillance.
©Reuters

Éditorial

La férule européenne parviendra-t-elle à sortir la France de l'immobilisme ?

Pour la première fois depuis longtemps, l’Europe a montré les dents et a placé la France sous surveillance. Les comptes du pays sont désormais épluchés avec la plus grande vigilance par les autorités de Bruxelles.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Imperceptiblement, la France est en train de sortir de son indolence et de sa passivité face aux dangers qui la menacent. Le changement ne vient pas d’une volonté qui serait apparue au sein de ceux qui la gouvernent mais bien des pressions extérieures qu’elle subit. Car, pour la première fois depuis longtemps, l’Europe a montré les dents. Elle a placé sous surveillance notre pays, dont les comptes sont désormais épluchés avec la plus grande vigilance par les autorités de Bruxelles.  

Une Europe qui a retrouvé une certaine autorité, après avoir été longtemps sous le feu des critiques, parce que ses composantes les plus faibles – Italie, Portugal, Espagne – ont pris les mesures indispensables de redressement, ce qui devrait lui permettre d’assurer à l’ensemble européen une croissance supérieure à un pour cent cette année, que la France sera bien loin d’atteindre. Ce qui lui redonne une force plus grande pour convaincre notre pays de sortir de l’immobilisme dans lequel il est englué et que nos partenaires acceptent de moins en moins, car son comportement fragilise l’ensemble.

Les menaces d’être condamné à des amendes pour non respect des engagements ne sont pas veines. Le message a été entendu, car toute une série de petits faits montrent une évolution dans le comportement de ceux qui nous gouvernent, pour remettre notre pays dans le sens de l’histoire. Ainsi, les professions réglementées dénoncées par Bruxelles comme un obstacle à la concurrence et à la compétitivité verront leurs tarifs revus en baisse, en particulier les notaires, les tribunaux de commerce et les huissiers de justice. Les remboursements des frais d’optique par les mutuelles seront réduits, pour faire baisser les tarifs des lunettes qui sont parmi les plus élevés d’Europe. La discussion sur le contenu du pacte de responsabilité avance, même si c’est avec lenteur, car la France est très attendue sur ce plan.

Il subsiste encore bien des freins : ainsi le dossier onéreux des intermittents du spectacle est toujours laissé de côté et les taxis conservent leur privilège emblématique. Mais sur d’autres plans essentiels, on observe une évolution dans le bon sens ; ainsi, les pouvoirs des maires en matière de délivrance de permis de construire seront transférés à l’intercommunalité, ce qui devrait constituer un appel d’air pour faciliter les chantiers nouveaux ; de même, la notion de seuils en matière sociale devrait être assouplie, car elle est pour l’instant un verrou à la création d’emplois dans les petites entreprises pour éviter d’alourdir les coûts en matière de délégués du personnel ou de comités d’entreprises.

Nul doute que les autorités européennes sont sensibles à ces signes qui apparaissent, même s’ils sont encore modestes. Car ils n’auront pas d’effet immédiat sur l’activité, qui va rester précaire dans les prochains mois, dans la mesure où la pause fiscale annoncée par le gouvernement  n’est pas encore à l’ordre du jour. Les ménages vont mesurer l’alourdissement de la charge cette année avec un impôt sur le revenu qui devrait rapporter à l’Etat 8,5% de plus que l’an dernier, tandis que le plafonnement de certaines niches fiscales va peser aussi sur les foyers. Faute d’avoir pris à temps les mesures nécessaires, le gouvernement va étaler dans le temps la purge dont les contribuables ont le sentiment de ne pas voir la fin.

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