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Le sommeil est constitué de plusieurs cycles.
Le sommeil est constitué de plusieurs cycles.
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Debout !

Driiing ! La façon dont on se réveille est aussi importante que le nombre d'heures passées à dormir

La technologie nous facilite la vie au quotidien et s'attaque maintenant à notre sommeil avec le développement d'une multitude d'objets qui font la promesse de nous réveiller plus doucement.

Yves Dauvilliers

Yves Dauvilliers

Yves Dauvilliers est responsable de l’Unité du Sommeil, Département de Neurologie du CHRU de Montpellier. Il fait également partie de l'unité de l'INSERM U1061 et est coordinateur national des centres de référence narcolepsie et Hypersomnie idiopathique

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Atlantico : De plus en plus d'applications sur le sommeil voient le jour notamment celles qui permettent de se réveiller au bon moment, en quoi la manière de se réveiller est primordiale ? 

Yves Dauvilliers : Le sommeil indépendamment du fait qu'il est très variable d'un sujet à l'autre, est constitué de plusieurs cycles. Les phases de sommeil ne se suivent mais ne se ressemblent pas car la première est un sommeil profond, ensuite vient le sommeil réparateur et en fin de nuit, c'est un sommeil paradoxale. Les premières heures sont différentes des dernières heures. Il est plus facile de se réveiller en fin de nuit qu'en début de nuit. Si une personne est réveillée car elle a un enfant qui pleure deux ou trois heures après s'être endormie, elle aura plus de mal à sortir du sommeil car elle est en plein sommeil profond alors qu'en fin de nuit, c'est plus facile de se réveiller.

Se réveiller en plein sommeil profond engendre des confusions, du somnambulisme, de la fatigue, la personne n'est pas très vigilante. Elle ne va pas trop savoir où elle se situe vraiment. Lorsque nous sommes en sommeil léger, il n'y a pas trop de problèmes pour se réveiller. Lors de la phase de sommeil paradoxale, nous sommes en plein rêve et c'est la raison pour laquelle nous nous souvenons de nos rêves.  

Le dernier né des systèmes technologiques "le whitings aura", commercialisé en juin, permettrait d'optimiser le sommeil et notamment de le rompre au meilleur moment, sommes-nous dans une utopie technologique ou ces nouveaux services sont-ils vraiment efficaces ?

Il y a des outils qui prétendent reconnaître ces stades de sommeil mais la perception n'est pas fiable. Dans quelle mesure, peuvent-ils connaître précisément le stade dans lequel est la personne qui dort ? De plus, les techniques diffèrent d'un outil à un autre. C'est très difficile de capter le cycle du sommeil, il faut pour cela prendre en compte un certain nombre d'éléments. Un outil sous un oreiller ou un matelas peut difficilement le faire, cela n'a jamais été validé par des études scientifiques. Cette illusion est nourrie par le marketing. Il faudrait montrer de quelle manière ces outils captent que la personne est en plein sommeil et ensuite détecter dans quelle phase. Ces objets sont vendus sans preuve de leur efficacité.  

Dans l'imaginaire collectif, être en forme est synonyme avec un nombre d'heures de sommeil suffisant, est-ce vraiment le cas ? Dormir moins mais se réveiller au bon moment pourrait-il être plus efficace ? 

Il y a effectivement un bon moment pour se réveiller selon les différents cycles du sommeil. La durée du sommeil est très variable d'une personne à l'autre, nous sommes tous différents. Le critère de l'âge joue également, nous ne dormons pas de la même manière à 20 ans qu'à 60 ans. Il faut également prendre en compte les pathologies du sommeil qui sont très fréquentes. L'insomnie atteint 20% de la population française, les hypersomnies touchent 4% à 6% de personnes. Les personnes atteintes de troubles du sommeil représentent environ un quart de la population, ce n'est pas négligeable. De plus, il y a la durée qui compte mais également la qualité du sommeil qui rentre en compte. Les personnes disent qu'elles dorment 7 heures car elles restent 7 heures au lit mais en réalité si nous prenons en compte les troubles cela peut être moins que cela. Au minimum, si les personnes ne dorment pas 5 heures à 6 heures par nuit, sur le moyen terme cela génère de la fatigue. L'heure à laquelle la personne se couche peut influer le bien-être, dormir de 21 heures jusqu'à 3 heures du matin n'est pas la même chose que de dormir de minuit à 6 heures du matin.

Notre horloge biologique joue un rôle. Le sommeil est propre à chaque personne.

 

Dans l'avenir, pourrions imaginer que ces technologies prennent le pas sur le réveil traditionnel ? Quels seraient les apports ? 

Avant de vouloir améliorer le réveil des personnes, il faut savoir en amont de quoi ils se plaignent et de détecter la cause de leur plainte. Est-ce une cause psychologique, physique ? Prendre un réveil plus performant ou technologique peut ne rien changer si les causes premières ne sont pas connues. Ces outils considèrent que toutes les personnes ont le même problème or ce n'est pas le cas. La démarche est bien trop simpliste, c'est du marketing.  

Quelles sont les autres techniques de réveil qui permettraient d'être plus en forme ?

Il n'existe pas de techniques universelles. Chaque sommeil et par conséquent réveil est unique et propre à chacun. Il faut appréhender la cause de la fatigue au réveil pour la traiter.

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