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Jusqu'au milieu des années soixante, l'or n'était objectivement pas un bon placement.
Jusqu'au milieu des années soixante, l'or n'était objectivement pas un bon placement.
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Nouveau riche

L’or, pire des placements ? En tout cas si on se fie à ce qui s’est passé de 1500 à 1965

L'or – malgré la baisse des derniers mois – semble être un placement intéressant. Il n'en a pas toujours été ainsi. Ce n'est en effet que depuis 1965 que le métal jaune devient un placement judicieux.

Philippe Béchade

Philippe Béchade

Philippe Béchade rédige depuis dix ans des chroniques macroéconomiques quotidiennes ainsi que de nombreux essais financiers.

Analyste technique et arbitragiste de formation, il fut en France l'un des tout premiers 'traders' mais également formateur de spécialistes des marchés à terme. Rédacteur aux Publications Agora, vous trouvez chaque jour ses analyses impertinentes des marchés dans La Chronique Agora.

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Atlantico : Jusqu'au milieu des années soixante, l'or n'était objectivement pas un bon placement, ne s'appréciant que très peu, ne rapportant pas de dividendes et coûtant de l'argent à stocker. Pourquoi le métal jaune a-t-il toujours eu cette image liée à la richesse si objectivement il n'enrichissait pas ses détenteurs ?

Philippe Béchade : L'or avait en effet une performance médiocre en comparaison des actions. Mais le dollar, entre 1913 et 1975 a perdu 80% de sa valeur. Aujourd'hui, on est même à une perte de 95%. L'or ne présente pas grand intérêt en tant que placement nécessitant une gestion dynamique, il n'y a aucun placement complexe à faire dessus. Mais finalement, même si l'or n'apparaissait pas comme un placement performant, si vous aviez acheté de l'or en 1913, vous êtes beaucoup plus riche que celui qui a acquis des dollars et qui a voulu les placer sur des bons américains.

Qu'est-ce qui a provoqué le retournement de conjoncture faisant de l'or l'objet des convoitises des investisseurs ?

Ce qui a retourné à plusieurs reprises la conjoncture en faveur de l'or, c'est les épisodes inflationnistes, l'or permettant de se couvrir contre cette inflation. Aujourd'hui, c'est assez différent : on lutte partout contre la déflation, on créé des masses d'argent considérable, or cet argent créé ex nihilo c'est de la dette. C'est donc un afflux d'argent ne correspondant à aucune valeur créé. Cet argent sera forcément détruit à un moment donné, soit par l'inflation, soit par la faillite des états et la répudiation de la dette. A ce moment-là, la seule protection, c'est l'immobilier – qui a l'inconvénient de ne pas être liquide – soit l'or (ou l'argent). Il faut attendre d'être vraiment en période de crise, ou sur une tendance inflationniste parfaitement identifiée, pour que les gens s'intéressent durablement à l'or.

Quand la politique monétaire est laxiste, l'or monte. Les annonces récentes de la Fed qui veut mettre un frein à l'injection de monnaie dans l'économie commence à faire décliner son cours. L'or est-il condamné à n'être qu'un placement de "seconde catégorie", entièrement dépendant de facteurs qui le dépassent ?

Comme on a retrouvé récemment du rendement sur l'obligataire, on fait l'arbitrage en préférant avoir du 4.70% de rendement sur du BTP italien que 0% sur l'or. On peut donc tirer la conclusion de votre question en faisant une lecture à deux dimensions. Le problème c'est la troisième dimension où on se posera de nouveau des questions sur la solvabilité de l'Italie, et son insoutenable dette de 2000 milliards – idem pour l'Espagne et le Portugal – et où le montant du rendement ne sera plus un facteur. Et on ne réfugiera pas dans le dollar avec des États-Unis en faillite. On réduit donc en ce moment les positions et les leviers sur les matières premières, mais il faut bien voir qu'à 1200 dollars l'once, on est en-dessous des coûts de production. La baisse de l'or va donc vite s'arrêter, car les exploitants de mines ne vont pas vouloir vendre à perte très longtemps. C'est donc absurde de penser que l'or va descendre plus bas.

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