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L’islamisme, ennemi radical du libéralisme
©DOMINIQUE FAGET / AFP

Avis aux amateurs de relativisme culturel libertarien

L’islamisme, ennemi radical du libéralisme

L'islamisme est une menace sérieuse contre la démocratie libérale, que ce soit à cause de l'action d'organisations comme les Frères musulmans, mais aussi à cause de la complaisance du pouvoir politique des pays occidentaux.

Daniel Tourre

Daniel Tourre

Daniel Tourre est notamment l'auteur de Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants (Tulys, 2012) et porte-parole du "Collectif Antigone". 

 

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Atlantico.fr : Dans une vidéo publiée récemment (voir ci-dessous), vous expliquez que l'islamisme est le plus grand ennemi de la démocratie libérale. En quoi est-ce autant par son influence directe, que par les réactions qu'il suscite ? 

Daniel Tourre : D’abord effectivement, oui, l’islamisme est une menace sérieuse contre la démocratie libérale. Les frères musulmans se donnent explicitement des objectifs politiques théocratiques radicalement hostiles à la modernité et à l’ordre de libéral. Ce danger est d’autant plus présent que soit par culpabilité post-coloniale, soit par clientélisme électoral, soit tout simplement par ignorance, L’islamisme a été vu en occident comme une bizarrerie anachronique exotique qui allait se tasser d’elle-même.

Mais ce n’est pas la seule menace contre nos libertés. Les contre-mesures qu’induit cette menace peuvent parfois être plus dangereuses contre nos libertés ou contre la démocratie que la menace elle-même.

Nous avons assisté depuis quelques semaines à un feu d’artifice de mesure anti-démocratiques ou liberticides avec une légéreté surprenante, d’autant plus surprenante que ces mesures viennent brutalement après des décennies de complaisance, de subventions… Nous passons en quelques semaines de la subvention à l’interdiction dans une sorte d’évidence tranquille.

Interdire de se présenter aux élections selon un critère aussi flou que la radicalisation ou le communautarisme est à la fois anti-démocratique, arbitraire et porteur de désordre. De surcroit, on combat mieux un adversaire que l’on voit. On connait alors ses thèses, ses alliances objectives, sa force.

Idem pour interdire de porter un voile en public. Porter le voile est une expression publique. Qu’il s’agisse de piété religieuse, d’identité ou de politique, c’est une expression légitime dans une démocratie libérale. Par contre naturellement, lorsqu’on s’exprime publiquement avec un voile, on accepte d’être contredit, commenté ou critiqué publiquement. La liberté d’expression marche dans les deux sens. Si tu ne veux pas être critiqué publiquement, ne t’exprime pas publiquement.

C’est assez paradoxal de débrancher au moment où on en a le plus besoin la démocratie ou le libéralisme, des outils qui permettent justement à des individus de cohabiter sans guerre civile, en ayant des objectifs individuels ou collectifs différents.

On ne combattra pas les islamistes en les victimisant arbitrairement mais en sortant de notre complaisance ou de notre torpeur, sans se laisser intimider par les gauchistes ou les idiots utiles de l’islamisme. Et de côté là, nous avons des marges de progrès importantes à faire, bien plus déterminantes que de demander à des prefectures de jouer au chat et à la souris avec des militants qui seront parfaitement contourner des lois difficiles à tailler sur mesure.

L’islamisme ne disparaitra pas d’un claquement de doigt légal, on peut regretter de toutes ses forces sa présence ici, se faire plaisir en détruisant notre propre liberté ou notre démocratie, on ne l’anéantira pas pour autant.

La société civile et politique peut affronter à la loyale les islamistes, elle en a tous les moyens. Ils ne sont forts que parce que nous avons été lâches ou faibles.

L'islamisme utilise aussi les principes libéraux pour s'imposer, comme la liberté d'expression. Peut-on combattre les ennemis de la liberté sans la sacrifier a minima dans certains cas extrêmes ?  

D’abord même dans le pays ayant la liberté d’expression la mieux protégée au monde comme les USA, il y a des limites fortes, comme les appels à la violence immédiate par exemple, la menace, le chantage ou la diffamation. Il n’est pas question de tout accepter, mais de laisser chaque citoyen, y compris islamiste, jouir de ses droits civiques. Cela peut paraitre paradoxal, mais le slogan ‘Pas de liberté pour les ennemis de la liberté’ est celui de Saint-Just, l’un des pires ennemis de la liberté justement.

Que l’Etat cesse déjà de subventionner les islamistes, que l’Etat protège efficacement les citoyens qui combattent les islamistes, que l’Etat s’occupe bien du régalien, que l’Etat protège la liberté d’expression de tous au lieu de l’asphyxier comme aujourd’hui, il aura déjà bien rempli ses missions essentielles.

Qu'est-ce qui vous permet d'être optimiste sur la capacité de résilience de la démocratie libérale ? 

Notre démocratie libérale a traversé toute la guerre froide avec l’URSS face à elle, 25% d’électeurs communistes, le KGB, la cohorte d’intellectuels ou journalistes salauds ou imbéciles qui ont systématiquement traité de petits bourgeois ceux qui dénoncaient le communisme.

Nous avons traversé la guerre froide sans empêcher les communistes de s’exprimer ou sans empêcher les communistes de se présenter aux élections. Et sans guerre civile.

Nous parviendrons bien à vaincre une idéologie politico-religieuse bien moins influente sans détruire la liberté et la démocratie. Reste à accepter qu’il y a une guerre froide, et à ne pas se laisser intellectuellement intimider par les gauchistes, ils n’ont jamais défendu la liberté au XXè siècle, ils ne vont pas se mettre à le faire au XXIè siècle.

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