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L’interview qui venait d’un autre monde : pourquoi François Hollande, président en orbite, ne semble pas près de revenir sur Terre

Interrogé par Les Echos sur l'actualité politique, économique et internationale, François Hollande s'est livré à un nouvel exercice d'optimisme béat face aux Français.

Le président dans sa nième tentative pour séduire l'opinion dans les Echos, trahit sa vision fantasmée de la situation, sa certitude d'avoir raison contre tous, et nous rappelle certaines affections psychiatriques connues.

On est stupéfait que dans un paysage médiatique sillonné par les psys depuis trente ans, il ne se trouve aucun spécialiste pour analyser publiquement la psychologie de François Hollande. 

Du temps de Nicolas Sarkozy, les Gérard Miller et tous les pontifes de l'analyse à la volée venaient nous expliquer chaque semaine de quoi il souffrait. Or pour le président actuel, c'est curieux, il n'y a plus personne. Certes, les psychiatres, en 2006, étaient tous de gauche, mais la véritable explication est ailleurs : ce doit être que l'affection dont souffre le Président actuel est plus sérieuse qu'on ne le croit. Pour s'en faire une idée il suffit de consulter les innombrables sites de spécialistes (ou de simples témoins) qui traitent de la perversion narcissique sur internet. Il y est question de la difficulté qu'il y a à se débarrasser de ces caractères insupportables qui font alterner la séduction et la froideur, qui ne pensent qu'à eux, qui ne se mettent à la place de personne, qui sont prêts à tous les mensonges, à toutes les séductions, à toutes les trahisons pour garder leur proie et surtout pour préserver leur propre image, la seule qui leur importe.

Dans la plupart des témoignages sur internet, outre l'énumération des symptômes observables dans la vie de ces gens-là hors des périodes de crise, on trouve une description de la phase critique que constitue la rupture, ou le risque de la rupture, quand l'être que l'on a déçu s'apprête à partir. Et c'est là que l'interview livrée aux Echos avec son mélange de promesses, de cadeaux, d'ironie menaçante, prend toute sa signification. La phase-clé d'une relation avec un pervers narcissique, c'est le moment où il cherche à reconquérir la faveur perdue.

Et là on est troublé de constater le parallèle entre les situations décrites par les victimes de PN (c'est ainsi qu'elles appellent les pervers narcissiques) et la façon dont Hollande traite l'opinion française dans les Echos sur le plan fiscal.

"Il m'a fait tout un discours de séduction pour qu'on se remette ensemble, en multipliant les promesses, les cadeaux, il m'a même promis le mariage, et je me suis sentie humiliée d'avoir cédé pour la nième fois, j'avais l'impression d'être entièrement dévaluée, d'y avoir cru une fois de plus".

Tout compte fait (et c'est bien le mot quand on voit le budget du pays), cette impression d'être entièrement dévalué par un séducteur qui prend sa victime pour une imbécile (comme l'a souligné Valérie Trierveiller qui ne l'a certainement pas inventé), est celle que ressent désormais à son égard la France entière. Pour la quatrième ou la cinquième fois, il vient nous expliquer que tout va changer, que la situation s'améliore, qu'on va se remettre ensemble, il multiplie les "j'ai décidé", il nous dit que ça va repartir grâce à lui, il nous parle de son audace de visionnaire, et le message sous-jacent est : "ne cédez pas aux sirènes qui profiteraient de votre inquiétude, moi seul suis capable de vous épargner les conséquences de votre faiblesse".

Et c'est là que le discours de François Hollande devient funeste : il a besoin de la faiblesse du pays pour se régénérer, il s'en nourrit, il nous rappelle que sans lui nous ne sommes rien. Face à l'ennemi, cela revient à miner le moral des troupes, rien de moins. Partout en France on entend dire "à quel niveau sommes-nous tombés ! Nous sommes mûrs pour la catastrophe", etc

Nicolas Sarkozy, Obama, Trump , Marine Le Pen, et même Dupont-Aignan sont dans une parole politique énergique et positive qui consiste à tendre un doigt vers la foule pour lui dire "ensemble nous allons faire de grandes choses parce que je crois en vous". Dans le cas de François Hollande et de son factotum aux mâchoires creuses Manuel Valls, c'est plutôt "Heureusement que nous sommes là pour vous défendre contre votre propre faiblesse".

Vous qui ? Vous les sans-dents, les sans-grade, les sans-salaire, les sans-jugement. Cette façon de prendre les gens pour des incapables qui ont besoin tantôt de l'aide de l'Etat, tantôt d'être guidés face au péril populiste, tantôt d'être défendus contre les terroristes, est à l'origine de la mauvaise image que la France a d'elle même et qui s'installe.

Les gouvernants qui ne disent pas "vous êtes capables de faire des merveilles !" et surtout qui ne le croient pas sont des vampires. A bien des égards la vanité présidentielle nous signifie régulièrement: "vous n'êtes capables de rien, laissez-moi vous transfuser mon savoir, j'ai tout prévu".

Quand la Cour des comptes lui dit qu'il se trompe, c'est elle qui a tort. Quand les Anglais votent contre l'Europe, ce sont eux qui se trompent. Quand tous les chiffres sont au rouge, il voit du vert. Il n'y aura bientôt plus qu'un seul domaine où la situation soit encore capable de le conforter dans son rôle de protecteur obsessionnel, dans l'image rédemptrice qu'il veut avoir de lui-même c'est le terrorisme. Chaque nouvel attentat renforce son illusion d'être un sauveur pour la France. Du coup on comprend que la prévention ne soit pas exactement son fort. Mais le prochain gros pépin risque de marquer la fin de cette illusion. S'il est vraiment très gros sa retraite risque d'être agitée. 

Il y a deux ans, lorsque tous les journaux titraient "finira t-il son mandat ?" il a eu l'imprudence de répondre au journaliste de TF1 qui l'interrogeait : "la seule chose qui serait capable de me faire partir, ce serait l'agitation du peuple dans la rue".

Un psychiatre vous confirmera que la menace directe, l'affrontement, est en effet le seul cas où le pervers narcissique prend la fuite.

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